"La technologie de la mise en valeur de l'énergie atomique dans notre pays a une vocation exclusivement pacifique et nous estimons que développer cette sphère est notre droit légitime", a déclaré Khatami prenant la parole au défilé militaire consacré au 24e anniversaire du début de la guerre irano-irakienne (1980-1988).
"Pour défendre ses intérêts, prévenir les menaces émanant d'autres Etats, ainsi que dans le but de préserver la paix, nous avons pris la décision de devenir un Etat puissant", a dit le président iranien.
Mohammad Khatami a annoncé l'intention de l'Iran de poursuivre la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique et a confirmé que Téhéran n'avait aucun projet de créer les armes de destruction massive.
"L'utilisation des armes de destruction massive ou leur production contredisent notre religion, notre foi et notre culture, et nous estimons que les armements nucléaires sont une menace pour l'ensemble de l'humanité", a ajouté Khatami.
Tous les dirigeants militaires de la République islamique ont assisté au défilé militaire dans la capitale.
Parmi des échantillons de matériels de guerre et balistique, le missile balistique Shahab-3 qui, après une série d'essais réussis, équipe dès cette année l'armée iranienne, a été présenté au cours de ce défilé.
(Avec le Nord-Est asiatique et l'Asie du Sud, c'est aussi le Proche-Orient qui constitue une zone de prolifération de missiles et d'armes de destruction massive. Le programme balistique iranien provoque une préoccupation très sérieuse au niveau international. En 2000, Téhéran a mené deux essais d'un missile à carburant solide, connu des spécialistes comme Shahab-3, en mesure d'acheminer une ogive de 750 à 1000 kg à une distance allant jusqu'à 1 300 km.
Le missile Shahab-4 est déjà étudié : avec un rayon d'action de 2 000 km et une "charge utile" allant jusqu'à une tonne, celui-ci sera en mesure d'acheminer vers la cible une tête nucléaire primitive dite "de la première génération". Il y a beaucoup de raisons d'estimer que ces missiles sont créés avec l'aide de la Corée du Nord où qu'ils représentent des modifications du missile nord-coréen Nodong-1. La perspective de prolifération des missiles à moyenne portée au Proche-Orient et la probabilité qu'ils se retrouvent tôt ou tard entre les mains de terroristes provoque une préoccupation grandissante en Europe et aux Etats-Unis).
La guerre irano-irakienne de 1980-1988 a commencé moins d'un an après la victoire de la révolution islamique en Iran et de la fuite du shah Mohammad Reza Pahlavi, l'allié régional le plus proche de Washington. Le régime de Saddam Hussein a décidé de profiter de cette "chance" et d'agrandir le territoire irakien au détriment de l'Iran. Certains analystes internationaux estiment que Hussein n'était qu'une marionnette de Washington qui aspirait à la défaite de l'Iran et au renversement du régime islamique établi par l'ayatollah Khomeini. Le résultat de la guerre est connu : plus de 1 million de tués de part et d'autre, le retour au statu quo d'avant la guerre, des milliers de prisonniers de guerre et de portés disparus, des villes détruites et brûlées, les infrastructures détruites sur des territoires immenses.
Téhéran projette d'intenter une action en justice contre Saddam au cas où il serait jugé par un tribunal international pour le déclenchement de la guerre et le recours aux armes chimiques contre l'armée iranienne.