Budget 2005: comment rendre plus efficace le financement de la lutte antiterroriste?

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MOSCOU, 21 septembre - par Viktor LITOVKINE, commentateur militaire RIA Novosti.

Fin septembre, les comités et commissions de la Douma se pencheront sur un examen détaillé du budget fédéral 2005. Il n'est pas exclu cette fois-ci que les débats se focalisent sur la défense et la lutte antiterroriste et non pas sur le social.

On sait que le projet de budget prévoit 529,133 milliards de roubles (environ 20 milliards de dollars US) pour la défense nationale, soit une hausse de 27,9% par rapport à 2004. Plus précisément, les fonds alloués au complexe nucléaire augmentent de 54,8% pour atteindre 8,693 milliards de roubles (289 millions de dollars) et ceux alloués aux travaux de recherche appliqués dans le domaine de la défense de 27,7% (81,175 milliards de roubles soit 2,7 milliards de dollars). Les organes de sécurité (FSB, FSO, etc.) sont subventionnés à hauteur de 61,863 milliards de roubles (2,06 milliards de dollars), une hausse de 27,7% par rapport à cette année. La recherche appliquée dans la sécurité nationale et la protection de l'ordre perceveront 3,190 milliards, soit 22,3% de plus par rapport à 2004, une somme qui dépasse légèrement 100 millions de dollars.

Bien entendu, cette liste des fonds à affecter à la défense et à la sécurité nationale, y compris à la lutte contre le terrorisme, n'est pas exhaustive. Nous avons fait ressortir ceux destinés directement à cette mission, mais on comprend bien que la répartition est plutôt conditionnelle. Impossible de renforcer la défense et la sécurité sans relever les défis aussi importants que la formation, la sélection et le renouvellement d'effectifs professionnels, les problèmes sociaux des policiers et militaires, leurs nourriture, équipement et santé. Ces chiffres-là sont ouverts.

Mais d'autres restent fermés au public. Quels sont les moyens, dans quelle proportion et dans quel ordre seront-ils alloués aux forces de l'ordre et aux unités antiterroristes spéciales pour les doter de matériel et d'armes modernes afin qu'elles puissent s'acquitter de cette mission de combat difficile sur le plan technique. Les garde-frontières, l'armée et les unités spéciales ne sont pas ou restent peu équipés pour faire face à la situation de guerre réelle contre le terrorisme.

Là, il ne s'agit pas de dispositifs techniques sophistiqués, tels des détecteurs à hyperfréquence ou à rayons X capables de dépister des explosifs dans les cargaisons de denrées ou de matériaux de construction transportées par des poids lourds à travers le pays. Il s'agit de lunettes de pointage nocturne et de radios portatives secrètes dont chaque soldat pourrait être doté, de radars légers et d'imageurs infrarouges dont on pourrait équiper les sites protégés, y compris aux frontières, et qui informeraient en temps réel les postes de contrôle. On aura besoin, bien sûr, de petits drones patrouillant des zones à risques, notamment dans les montagnes boisées, pour informer les postes de commande de tout déplacement à l'intérieur de ces zones et transmettre les coordonnées informatiques des cibles potentielles.

La déclaration du ministre des finances Alexeï Koudrine qui a annoncé que les fonds affectés à la sécurité nationale ont presque quadruplé de 2000 à 2004 ne témoigne pratiquement de rien si l'on ignore dans quel but ils ont été versés, quel est le rendement de ses dépenses et ce qu'il en sera à l'avenir. A en juger par les observations de concepteurs de drones, l'État n'a pratiquement rien investi ces dernières années dans la construction de ces dispositifs techniques permettant une lutte efficace contre les terroristes. Il reste un fait: à toutes les dernières expositions d'armement internationales où Américains, Israéliens et Français ont exposé des pièces analogues, les Russes n'ont rien eu d'autre à montrer que des modèles en contre-plaqué.

Les drones ne sont pas l'unique des problèmes techniques et technologiques sans lesquels la lutte contre le terrorisme ne saura produire le résultat attendu par la société. Idem pour d'autres moyens de renseignement et d'information compacts et mobiles que l'on pourrait engager rapidement et à l'insu des terroristes au cours des prises d'otages ou dans des zones critiques. Les nombreuses victimes parmi la population civile et les agents des unités Alpha et Vympel au moment de la libération des otages à Beslan seraient dues en partie au fait que les forces de l'ordre ne pouvaient pas localiser au juste les mines, les nids de mitrailleuse et les positions de sniper, qu'elles ne savaient pas au juste l'organisation de la défense de l'école. La collecte des informations par surveillance et par interrogation des ex-otages qui ont pu s'enfuir a pris trop de temps et n'était pas finie au moment où ont commencé l'assaut spontané et le sauvetage d'enfants.

On sait que la Russie connaît une pénurie de matériel de ce type. Elle ne fait qu'entamer des recherches en ce sens dans le cadre de ses commandes militaires publiques. Le projet de budget 2005 semble avoir réservé des fonds à cette fin sous la rubrique "Travaux de recherche appliqués dans le domaine de la défense et de la sécurité nationale". Mais beaucoup de temps s'écoulera avant que ces techniques soient conçues, testées et fabriquées en série. La Russie n'a plus ce temps et sera obligée d'en acheter à l'étranger. Par exemple, en Israël qui lutte depuis bien des années contre le terrorisme et continue d'investir beaucoup dans des technologies permettant de le déjouer et de le réprimer.

Si des moyens destinés à l'importation de ces matériels sont prévus dans le projet de budget 2005 ou s'ils se trouvent sous d'autres rubriques de dépense, l'opinion russe et les experts, hélas, n'en sont pas au courant. Un sujet on ne sait pourquoi réputé tabou...

Toutefois, il n'est pas exclu que les débats budgétaires au sein des comités et commissions de la Douma y changent quelque chose et que des réponses concrètes et exhaustives soient données à beaucoup de questions. On voudrait que la lutte antiterroriste soit mise en relief comme une tâche d'ensemble à part dans le budget, ce qui n'est pas encore le cas, et que ses aspects, exceptés les plus secrets, soient portés à la connaissance des Russes.

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