Revue de la presse russe du 17 septembre

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MOSCOU, RIA-Novosti.

Vedomosti

La critique qui parvient de Washington ne changera rien aux plans du Kremlin de renforcer la verticale du pouvoir

"Je suis inquiet des décisions prises en Russie, car elles peuvent saper la démocratie en Russie", a déclaré mercredi soir le président des Etats-Unis George Bush. Les politologues russes estiment qu'il n'a jamais critiqué aussi ouvertement, depuis le 11 septembre 2001, son homologue russe, allié dans la guerre contre le terrorisme international. Il y a une semaine, rappelle le quotidien "Vedomosti", en s'entretenant par téléphone avec Vladimir Poutine, George Bush lui avait promis un soutien pour toutes les actions que la Russie prendrait en réponse à la mort de centaines d'otages à Beslan. Le 13 septembre, le président russe a proposé, en qualité de mesures destinées à combattre la terreur, d'élire les gouverneurs non pas par des élections directes, mais par les assemblées législatives locales sur proposition du président.

Selon les observateurs, George Bush ne pouvait pas ne pas exprimer son attitude envers cette initiative de Vladimir Poutine, surtout dans le contexte de la campagne présidentielle qui s'achève aux Etats-Unis.

La concentration du pouvoir en Russie, l'annulation des élections au niveau régional et les menaces de frappes préventives suscitent en Occident une irritation immense et la crainte, constate Alexandre Rahr, membre du Conseil allemand de politique extérieure.

Selon Dimitri Simes, président du Nixon Center, les paroles de George Bush sont "très inopportunes": "J'estime que le président Bush aurait été très étonné, si quelqu'un s'était permis de tenir de tels propos à l'égard des Etats-Unis deux semaines après le 11 septembre".

Mais la critique provenant de Washington n'obligera pas le président russe à renoncer à ses plans, estime Gleb Pavlovski, président de la Fondation pour une politique efficace. "Vladimir Poutine interprétera les paroles de George Bushcomme une rhétorique électorale", a-t-il dit.

Une source proche de l'administration présidentielle russe a fait savoir au quotidien "Vedomosti" que le Kremlin n'avait pas l'intention de réagir à la déclaration de George Bush et qu'il avait déjà répondu comme il se doit à ceux qui le critiquent en Occident. Répliquant aux récentes déclarations faites par le Secrétaire d'Etat américain Colin Powell, le ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov a notamment souligné: "Les processus qui ont lieu en Russie sont une affaire intérieure".

Novye izvestia

Les habitants de Beslan ne peuvent pas recevoir l'argent collecté dans le monde entier

Des milliers d'habitants de la Russie continuent à verser de l'argent dans divers fonds d'aide aux anciens otages et aux parents des victimes de l'acte terroriste commis dans une école de Beslan. L'aide financière, dont la somme a déjà atteint plusieurs millions de dollars, est collectée dans le monde entier. Cependant, lit-on dans les "Novye izvestia", à Beslan, pour l'instant, personne n'a vu cet argent. Même les produits envoyés en tant qu'aide humanitaire n'ont pas été distribués et ils pourrissent dans les entrepôts. Les habitants ne savent même pas qu'ils peuvent recevoir des sommes importantes.

Toutes les commissions chargées de contrôler la distribution de l'argent expliquent le retard des versements par l'absence d'une liste précise et exhaustive des anciens otages de l'école. Comment sera distribuée l'aide financière, quand et selon quel principe: les commissions l'ignorent. De plus, les blessés et les proches des victimes de l'acte terroriste ne peuvent recevoir de l'argent qu'après avoir présenté les papiers nécessaires. Mais il n'est pas facile de les rassembler, surtout dans les conditions du stress éprouvé actuellement par les habitants de Beslan.

Pour le moment, l'aide humanitaire totale n'est parvenue qu'aux hôpitaux. Plus de 233 tonnes d'aide humanitaire ont été transportées en Ossétie du Nord rien que dans le cadre du ministère russe des Situations d'urgence. Parmi les cargaisons en provenance des pays de l'étranger "lointain" et de la CEI (Communauté des Etats Indépendants), il y a 58 tonnes de médicaments, 92,5 tonnes d'équipements médicaux, des pansements et des seringues, du sang, plus de 11 tonnes de vêtements et de couvertures, des ambulances et un hôpital mobile.

"L'aide en argent nous arrive également, a dit aux "Novye izvestia" Akhmed Ganiev, membre du comité des instituteurs chargé d'aider les familles touchées par l'acte terroriste, mais, en règle générale, il provient de particuliers". Ensuite, cette aide est apportée à domicile, des comptes s'ouvrent aux noms des victimes concrètes et l'argent y est viré.

Nezavissimaia gazeta

L'Ossétie du Sud ne fera jamais partie de la Géorgie

Edouard Kokoïty, président de la république d'Ossétie du Sud non reconnue, séjourne depuis environ une semaine à Moscou. Interviewé par le quotidien "Nesavissimaia gazeta", il a exprimé sa certitude profonde que l'Ossétie du Sud fera, tôt ou tard, partie de la Russie. Edouard Kokoïty a également déclaré que les questions de la coopération militaire avec la Russie n'étaient pas examinées au cours de sa visite à Moscou. Une grande attention est accordée au règlement des problèmes économiques ayant trait à l'utilisation commune des ressources naturelles et du potentiel industriel de la république.

Edouard Kokoïty a fait remarquer qu'il était considéré en Russie comme le président de la République d'Ossétie du Sud qui souhaite officiellement faire partie intégrante de la Russie: "En effet, il y a des lois qui n'empêchent pas l'adhésion de notre république à la Fédération de Russie".

En ce qui concerne la position de la Géorgie sur ce point, le président sud-ossète a dit que Mikhail Saakachvili lui avait même proposé, par des intermédiaires, le poste de vice-président de la Géorgie en échange du changement de l'orientation politique. "Je tiens à affirmer que, même si Edouard Kokoïty devient président de la Géorgie, l'Ossétie du Sud ne reviendra jamais dans ce pays. Le peuple de l'Ossétie du Sud ne l'admettra pas".

Selon le président d'Ossétie du Sud, si Tbilissi décide de reprendre l'Ossétie du Sud par la force, la république s'y opposera par la force: aujourd'hui, elle dispose du potentiel nécessaire. Mais Edouard Kokoïty estime que le moyen plus efficace, ce sont les pourparlers où "nous pourrons prouver notre justesse à la Géorgie et à l'opinion internationale, notamment le bien-fondé de notre aspiration à faire partie de la Russie".

Kommersant

Nouvel obstacle à l'importation

Avant la fin du mois de septembre le premier ministre russe Mikhaïl Fradkov signerait un document préalablement intitulé "Règlement sur le contrôle d'avant-expédition" prescrivant le double contrôle de nombreux produits à exporter: à la frontière nationale (comme c'est le cas aujourd'hui) et lors de l'expédition depuis le territoire de l'exportateur. Le nouveau service coûtera aux importateurs 1% du coût de la marchandise importée. Des pourparlers sur la prestation de ce service sont en cours avec la Société Générale de Surveillance (Suisse), d'après l'information à la disposition du "Kommersant".

Maintenant, outre le service de contrôle (1% de la marchandise importée), les importateurs auront à payer le rechargement et le temps mort, ainsi que l'altération éventuelle des produits qu'ils achètent. Selon les calculs effectués par les importateurs d'appareils électroménagers, ils vont ainsi subir plus de 100 millions de dollars de pertes avant la fin de l'année.

La Société générale de surveillance est l'une de plus grands fournisseurs de services en matière de contrôle et de vérification. Elle a des antennes dans 140 pays du monde et emploie 30 000 de spécialiste. En 2001, elle a passé un accord avec le gouvernement moldave mais en 2002 une commission gouvernementale a conclu que l'activité de la SGS n'avait pas abouti à des résultats positifs et le contrat a été résilié.

Les opérateurs du marché n'écartent pas l'hypothèse que les événements puissent évoluer selon le même scénario en Russie. Le président de "Delovaya Rossia", Boris Titov, rappelle qu'un double contrôle a été pratiqué à une certaine époque au Venezuela où il a provoqué une hausse des prix consécutive aux pertes subies par les importateurs et a fait prospérer la corruption. "Il faut réfléchir sur la libéralisation des règles de la douane plutôt que de dresser des barrières supplémentaires", a-t-il déclaré.

Novyé izvestia

La deuxième capitale russe devient la dixième des villes les plus chères du monde

Cette semaine, la société internationale Human Resource Consulting dont la spécialité est l'étude de l'industrie du tourisme a rendu publics les résultats de son dernier sondage. Ainsi, Saint-Pétersbourg figure maintenant dans la liste des dix premières villes les plus chères du monde et a même laissé derrière elle New York pour le niveau des prix des services fournis aux étrangers, annonce le quotidien "Novyé izvestia".

La palme de la cherté revient toujours à Tokyo. Ensuite viennent Londres et puis Moscou. Saint-Pétersbourg, après plusieurs tentatives pour rattraper les leaders, s'est classé dixième. Le sondage a été effectué dans 144 villes où le coût de la vie a été évalué selon deux cents critères allant des produits alimentaires et des vêtements aux transports et aux loisirs.

Il y a dix-huit mois, les logements dans l'île Vassilievski (centre-ville) se vendaient à 500-600 dollars le mètre carré. Maintenant il faut débourser 1000 à 1500. Et pas de dollars, d'euros. Selon les agents immobiliers, le prix du logement à Saint-Pétersbourg est déjà plus élevé qu'à Moscou. Il en est de même pour l'essence. Dans la ville, il y a très peu d'hôtels de classe moyenne capables de fournir des services de niveau européen pour un prix relativement peu élevé. Les hôtels des classes business et luxe ont déjà augmenté leur prix. "Cela nous a fait perdre le marché américain, partiellement le français et nous risquons maintenant de perdre aussi le marché espagnol", explique Valeri Fridman, parton d'une importante agence touristique.

Le panier de la ménagère à Saint-Pétersbourg s'élevait, au mois d'août, 1282,56 roubles (1 dollar US = 29,22 roubles), contre 1440,56 roubles à Moscou. Mais la différence s'explique par l'existence, dans la capitale, d'un réseau de supermarchés de luxe où les prix sont plus élevés que par exemple à Londres, ville pourtant très chère.

D'ailleurs, aujourd'hui Saint-Pétersbourg peut se vanter du nombre de ses restaurants, bistros et cafés où les prix réjouissent, dans le contexte de la cherté générale. Par exemple un dîner à deux composé de plats de poisons et d'un bon vin dans un restaurant proche de la classe extra ne dépassera pas 60 dollars.

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