Pour les experts, la cause essentielle de cette progression est la vente massive de devises à la Banque de Russie aux adjudications de la semaine dernière. Cet afflux a pour origine les cours élevés du pétrole et l'accroissement notable des recettes en devises que les exportateurs vendent à la Bourse interbancaire de change de Moscou.
La Banque centrale qui poursuit, en 2004, l'objectif de maintenir le rapport rouble/dollar dans les limites de 29,5 à 30 roubles pour 1 dollar, achète les surplus de devises auprès des participants aux adjudications. D'où la progression de ses réserves de change.
Les experts sont absolument sûrs que cette progression n'est pas près de s'arrêter. Les cours du brut, élevés, sont la cause essentielle de cette dynamique. D'autre part, certaines démarches que le gouvernement russe a entreprises à l'égard d'actifs économiques clefs, annoncées en septembre, pourraient elles aussi provoquer un accroissement de l'afflux des devises étrangères en Russie.
Le record de 90 milliards établi le 10 septembre est expliqué par Igor Lavouchtchenko, un analyste à Prospekt, par les ventes considérables de devises à la Banque de Russie réalisées la semaine dernière par des établissements de crédit. "Avant de vendre, les opérateurs du marché ont maintenu leurs positions de devises", explique-t-il.
Les acteurs du marché russe se sont mis à acheter des devises fin août, dans l'attente d'un relèvement, par la Banque centrale, de sa cotation d'achat de dollars, à 29,215 roubles. Mais ces espoirs ne devaient pas se réaliser.
Résultat, sans obtenir ce qu'ils attendaient de la Banque centrale et poussées par une fortedemande en roubles en prévision de versements fiscaux, les banques se sont de nouveau mises à vendre des devises, essentiellement à la Banque centrale, et à acquérir des roubles.
Pour Valeri Vaïsberg, un analyste à Reguion, il n'y a rien de surprenant dans ce nouveau record. "Cette progression était attendue, d'autant plus que les réserves de change doivent culminer à 100 milliards à la fin de l'année, selon des prévisions", dit-il.
L'analyste rappelle qu'outre les rentrées élevées d'exportations, la vente du paquet public d'actions de Lukoil, à laquelle des étrangers pourraient prendre part, doit probablement constituer une autre source de rentrées en devises. La nouvelle sur l'absorption par Gazprom de la société pétrolière Rosneft et la libéralisation du marché des actions du monopole gazier russe doit elle aussi aiguiser l'intérêt des investisseurs étrangers. "Je pense que les réserves de change poursuivront leur progression sur ce fond", estime Valeri Vaïsberg.