Vrémia novostéi
Après deux semaines de silence, les fusillades ont repris dans la zone de conflit entre le Géorgie et l'Ossétie du Sud
Ce week-end les Ossètes du Sud ont ouvert des tirs contre les villages géorgiens d'Eredvi et de Tamaracheni. Hier, les Géorgiens y ont répliqué. Ainsi que l'a expliqué au quotidien "Vrémia novostéi", la présidente du Comité de l'information de la République autoproclamée, Irina Gagloeva, à l'aube des villages sud-ossètes ont été la cible de tirs de mortier. "Tskhinvali les considère comme une poursuite de l'agression géorgienne sous forme de pression psychologique", a-t-elle déclaré.
Cette information a été confirmée par l'adjoint au commandant de la Force de paix mixte installée dans la zone du conflit, le colonel Andréi Priakhine. Il a ajouté que quelques heures avant la fusillade le ministre géorgien de la Défense, Gueorgui Baramidze avait fait une visite dans la zone du conflit. Il avait rencontré à Tamaracheni le nouveau commandant de la Force de paix, le général Marat Koulakhmetov.
Selon le ministre de la Défense de l'Ossétie du Sud, Anatoli Barankevitch, par les tirs d'hier quelqu'un a voulu provoquer l'Ossétie du Sud à riposter pour montrer ainsi à Baramidze que "nous ne respectons pas quelque chose et qu'il est nécessaire de faire intervenir une force géorgienne supplémentaire".
Kommersant
Le gouverneur de Samara testerait le nouveau principe d'élection des chefs régionaux
La Cour suprême a reporté hier au 27 septembre l'examen d'une plainte de la Commission électorale centrale qui conteste la décision de l'instance juridique locale de fixer au 19 septembre l'élection du gouverneur de la région de Samara, Konstantin Titov. La raison officielle du report est la maladie du représentant de la Commission électorale centrale. Les candidats au poste de gouverneur estiment que l'élection peut être annulée et que le chef de la région peut être élu plus tard par les députés du parlement régional.
Cette tournure des événements n'a été une surprise ni pour les analystes ni pour les candidats éventuels au poste de gouverneur. "Je savais que la situation pouvait tourner ainsi", a déclaré au "Kommersant" Viktor Kazakov, député de la Douma fédérale. A son avis, les élections se dérouleront l'année prochaine d'après le principe proposé il y a quelques jours par le président Vladimir Poutine. "Je pense que l'élection sera reportée à l'année prochaine. A en juger par la situation qui prévaut dans le pays depuis ces deux à trois derniers jours, on peut supposer que la Commission électorale centrale a marqué délibérément une pause pour étudier le problème et décider quel système électoral elle doit soutenir", a estime un autre député, Vladimir Mokry.
Un fonctionnaire haut placé au gouvernement de la région de Samara a supposé que "le nouveau gouverneur régional sera plutôt élu par les députés du parlement régional". "La région de Samara convient à merveille pour tester le nouveau système électoral. Le mandat de Titov a déjà expiré mais la date du scrutin n'est pas encore fixée. Cela ne m'étonnerait pas que le nouveau gouverneur ait été recommandé d'en haut, à titre expérimental, sans attendre que la loi soit officiellement modifiée", a résumé le fonctionnaire régional.
Vedomosti
L'absorption de Rosneft posera des problèmes à Gazprom
Le conseil des directeurs de Gazprom examinera les principaux détails de l'absorption de Rosneft à sa prochaine réunion fixée au 28 septembre. Le groupe de travail chargé de mettre en uvre la deuxième étape de la réforme du géant gazier s'est vu accorder deux semaines pour préparer un plan détaillé du marché que le président du conseil d'administration du holding gazier, Alexéi Miller, compte achever début 2005. Cependant, les experts et les fonctionnaires déclarent à l'unanimité que le marché risque de ne pas tourner aussi rond que le voudraient les dirigeants de Gazprom.
Premièrement, fait remarquer un juriste de Gide Loyrette Nouel, Viktor Topadze, en vendant ses propres actions, quelle que soit la façon dont elles seront payées, Gazprom sera sûrement redevable d'un solide impôt sur le bénéfice. "Lors du débat sur l'absorption de Rosneft les schémas fiscaux n'ont pas été analysés de manière sérieuse. Il a été établi plus tard que l'impôt pourrait s'élever à 1 milliard de dollars", selon une source proche de l'affaire.
Deuxièmement, un danger de défaillance apparaît, venant du côté des créanciers de Rosneft. Un expert de Standard & Poor's, Elena Anankina, explique qu'on ne comprend pas pour l'heure quels engagements de Rosneft seront endossés par Gazprom et si les créanciers de Rosneft auront le même statut que ceux de Gazprom. Selon une source proche de l'une des banques créancières de Rosneft, théoriquement les prêteurs ont le droit de demander une extinction anticipée des crédits en cas de circonstances de force majeure, auxquelles se rapportent également les actions des organes du pouvoir.
Enfin, soutiennent les experts, les actionnaires minoritaires des filiales de Rosneft peuvent faire valoir leurs droits. Par exemple, ils peuvent faire opposition à l'évaluation de la société pétrolière indispensable pour que ses actions puissent être données en propriété à Gazprom.
Novye izvestia
Selon les experts de l'ONU, vers 2050, la population de la Russie pourrait se réduire de 40 millions d'habitants
La présentation du rapport annuel de l'UNFPA (United Nations Population Fund), organisme de l'ONU dans le domaine de la démographie, a eu lieu hier à Moscou. Une nouvelle analyse démographique concernant la Russie, constatent les "Novye izvestia", a apporté une sensation prévisible: par l'espérance de vie des hommes (60 ans), notre pays le cède maintenant non seulement aux Etats avancés, mais aussi à de nombreux pays du "tiers monde".
Tout le Nord et une partie de l'Est de l'Afrique, pratiquement toute l'Asie, toute l'Europe sans exception et l'Amérique ont pu s'approcher de l'indice des 70 ans. En Russie, seules les femmes vivent jusqu'à 70 ans. "Les hommes vivent en Russie 10 à 15 ans moins que les femmes, affirme Anatoli Vichnevski, directeur du Centre de la démographie et de l'écologie de l'homme, qui a participé à la rédaction du rapport. Ces 40 dernières années, la mortalité parmi la population masculine ne cesse de s'accroître d'année en année".
Selon les estimations des experts de l'ONU, le pronostic général concernant la Russie est aussi alarmant. Vers 2050, la population du pays se réduira jusqu'à 100 millions d'habitants (aujourd'hui, 140 millions). Les experts préviennent qu'il faut chercher d'urgence des solutions. Par exemple, il faudrait accueillir un plus grand nombre d'immigrés: selon les représentants de l'ONU, ce serait le meilleur moyen, mais ils émettent des réserves, estimant que, dans les conditions actuelles la Russie n'accueillira pas n'importe qui. Par conséquent, il ne reste qu'à accroître la natalité, mais ce n'est pas si simple. D'après les estimations d'Anatoli Vichnevski, pour que la mortalité et la natalité soient à niveau égal, les femmes russes devront mettre au monde non pas 1,3 enfant, selon les statistiques actuelles, mais deux fois plus.
Nezavissimaia gazeta
Igor Jurgens: sur fond de lutte contre la terreur, les oligarques ne s'attendent pas à des faveurs
Le dialogue entre l'Etat et les entrepreneurs, se normalisera-t-il dans les conditions actuelles? Igor Jurgens, vice-président de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie, fait ses pronostics dans une interview accordée au quotidien "Nezavissimaia gazeta".
Selon lui, aucun des pays qui luttent contre la terreur n'a développé parallèlement la démocratie. C'est pourquoi, au moment où la Russie traverse la période de recrudescence de la terreur, il ne faut pas s'attendre à la modernisation des principes purement libéraux du marché.
En ce qui concerne "l'affaire YOUKOS" et les allusions des sources du Kremlin à l'existence de listes sur lesquelles figurent les grandes compagnies qui connaîtront le même sort que YOUKOS, Igor Jurgens a fait remarquer que chacun peut être acculé. Cependant, "l'affaire YOUKOS" est odieuse, car pour chacune des périodes où cette compagnie est accusée d'insuffisance de paiements, YOUKOS a subi les vérifications de la Cour des comptes, du fisc et de dizaines d'autres instances. Tout le monde a reconnu que YOUKOS avait agi en conformité avec la législation qui comportait des échappatoires, ce que fait pratiquement n'importe quelle économie au moment de l'accumulation initiale du capital.
A la question de savoir si les entrepreneurs peuvent financer de nouveaux partis, Igor Jurgens a répondu que les petites et moyennes entreprises pouvaient le faire. "Quant aux patrons des grandes entreprises privées du niveau fédéral, les mégaholdings, ils n'en financeront aujourd'hui aucun, sauf les partis au pouvoir, de plus, sous contrainte, parce que chacun d'entre eux garde à l'esprit l'exemple de Mikhail Khodorkovski".