L'Ermitage est un musée planétaire

S'abonner
RUSSIE, MOSCOU (par notre commentateur Anatoli Korolev). Grâce à sa politique culturelle active, l'Ermitage, ce colosse muséal de Saint-Pétersbourg, devient un musée qu'on peut visiter dans plusieurs villes du monde à la fois.

Suite à l'exposition somptueuse "Saint-Pétersbourg impérial de Pierre le Grand à Catherine II" à Monte Carlo, le musée en a ouvert une autre sur le continent américain, dans la fameuse ville de Las Vegas. Intitulée "A la poursuite des plaisirs", l'exposition russe démontre que les jeux de hasard et la passion des plaisirs accompagnent le genre humain depuis des centaines d'années.

A Las Vegas, l'Ermitage expose 40 toiles des classiques tels que Titien, Velasquez, Rubens, Fragonard et de maîtres du XXe siècle comme Beckman et Picasso présentant un panorama des loisirs des 500 dernières années. Le visiteur, abruti de roulette, baccara et machines à sous, peut admirer les distractions innocentes des temps reculés : flirt des courtisans, danses à Montmartre, amourettes dans les cafés parisiens.

Comparés au volcan des passions du même Las Vegas, les amusements d'antan s'apparentent à des badineries d'enfant.

A Londres, l'Ermitage expose une collection d'art islamique "Les Cieux sur terre". La Russie et l'Asie ont toujours été étroitement attachées par les liens tantôt de la guerre, tantôt de la paix. L'exposition frappe l'imagination par la somptuosité et l'exquisité de la collection. Parmi les trésors on trouve des bijoux uniques offerts par Nadir Shah à l'impératrice Elisabeth, des miniatures perses, des manuscrits rarissimes, des armes ornées de diamants et de rubis.

La presse britannique et le public ont hautement apprécié l'exposition. Ils n'ont rien vu de semblable depuis 1976, lorsque la Grande-Bretagne avait accueilli le Festival de l'islam.

A Berlin, l'Ermitage, de concert avec le musée Guggenheim, présentent une exposition de photos de Robert Mapplethorpe et de gravures de l'époque maniériste intitulée "Robert Mapplethorpe et la tradition classique". Les photos expressives du maître de la photographie moderne (mort en 1989) produisent un effet insolite à côté des gravures fines et gracieuses des maniéristes. Le passé et le présent s'avèrent semblables.

En réponse, les Allemands ont exposé dans l'Ermitage le célèbre tableau de Rembrandt "L'Aveuglement de Samson" de la collection du musée de Francfort sur Main. Cette toile a quitté l'Allemagne à peine trois fois dans l'histoire.

L'exposition de Rembrandt poursuit la série des manifestations "Chefs-d'oeuvre des musées du monde dans l'Ermitage".

L'énergie dont fait preuve l'Ermitage, dans une grande mesure grâce aux efforts de son directeur, Mikhaïl Piotrovski, permet à ce musée d'être le label le plus célèbre de la Russie. On peut trouver des tableaux de l'Ermitage même sur l'écran d'un téléphone portable.

De plus en plus, l'Ermitage gagne du terrain dans le système des télécommunications.

Le musée ne s'enferme pas dans son siège au Palais d'hiver.

La politique artistique de l'Ermitage est comparable à celle d'une grande chaîne de télévision.

C'est uniquement grâce à l'Ermitage que le réalisateur Alexandre Sokourov a pu tourner son film unique "L'Arche russe". Le musée a ouvert ses salles pour accueillir des milliers de figurants, déballé ses collections de vaisselle précieuse, allumé des centaines de lustres... et voilà que le chef-d'oeuvre de Sokourov rapporte aux Etats-Unis seulement 3 000 000 de dollars. Résultat inouï pour le cinéma "arthouse".

Or, l'expansion de l'Ermitage ne s'effectue pas qu'en Occident. Ses toiles sont aujourd'hui exposées dans des villes russes aussi, par exemple en Sibérie et en Extrême-Orient.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала