Il est impossible de venir à bout du terrorisme en agissant de manière isolée

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MOSCOU, 15 septembre (par Oleg Netchiporenko, Directeur général de la Fondation nationale anticriminelle et antiterroriste de la Fédération de Russie, RIA-Novosti).

Les nouveaux défis et menaces à la sécurité nationale ont pris une envergure catastrophique dans le monde. La douleur suscitée par les actes terroristes commis dans les avions russes, à Moscou, dans la ville de Beslan en Ossétie du Nord et en Tchétchénie ne s'apaise pas.

Il n'y a pas de solutions faciles. Les solutions technico-militaires ne sont pas non plus une panacée. La vie montre qu'en employant la force on peut renverser tel ou tel régime extrémiste ou dictatorial, comme cela a eu lieu en Afghanistan et en Irak, mais qu'il est impossible de régler entièrement le problème qui consiste à réduire le degré de dangerosité émanant des organisations extrémistes internationales. Le terrorisme est dynamique, il a plusieurs facettes: il change de forme, de contenu, d'idéologie et de géographie. Ce n'est absolument pas un adversaire qu'on peut marquer sur les cartes militaires ou sur les moniteurs des états-majors.

Une question brûlante se pose à de nombreux Etats: à quel point sont efficaces les opérations antiterroristes effectuées dans les "points chauds"? Peut-on qualifier de réussie l'opération effectuée, par exemple, en Afghanistan, si les forces principales des talibans se sont déplacées au Pakistan où elles contrôlent toute une série de structures locales politiques, même militaires? De quelle efficacité parle-t-on, si la majeure partie de l'Afghanistan reste contrôlée par toutes sortes de formations illégales et s'est de nouveau transformée en une immense industrie de drogue qui produit 20 fois plus de stupéfiants que sous le régime des talibans?

Peut-on considérer comme justifiée l'opération militaire étrange effectuée en Irak où, après le régime dictatorial de Saddam Hussein, la communauté mondiale a affaire à un chaudron en ébullition de conflits interethniques, économiques et mafieux? D'ailleurs, le degré critique d'ébullition dans ce chaudron s'élève d'un jour à l'autre et s'approche potentiellement d'une puissante explosion.

Peut-on attendre, dans un proche avenir, les résultats des efforts antiterroristes déployés par la Fédération de Russie en Tchétchénie, s'il y a de multiples témoignages du soutien apporté aux formations armées illégales dans cette région par des organisations terroristes mafieuses qui se trouvent à l'étranger? Même la monstrueuse prise en otages de plus de mille personnes à Beslan a été dirigée de l'étranger.

Les événements dramatiques en Ossétie du Nord ont bouleversé le monde entier qui compatit avec les victimes de l'acte terroriste et condamne avec indignation les terroristes. Le président George Bush et le vice-président Dick Cheney étaient les premiers à avoir exprimé leur soutien et leur solidarité avec la Russie. Ils ont été suivis de plus de 50 législateurs et du maire de New York Michael Bloomberg. L'Amérique a promis d'apporter une aide aux victimes de l'acte terroriste. Il n'y a eu qu'une dissonance sur cette toile de fond: la récente déclaration du Département d'Etat américain sur la possibilité de nouvelles rencontres avec les représentants des séparatistes tchétchènes considérés par Washington comme des personnalités modérées. Richard Boucher, porte-parole du Département d'Etat américain, l'a récemment déclaré au cours d'un point de presse.

Bien entendu, cela n'a pas manqué de susciter la réaction du ministère russe des Affaires étrangères qui se prononce fermement contre tout contact de Washington avec les représentants des séparatistes qui soutiennent les terroristes en Tchétchénie. "Nous considérons ces déclarations comme déplacées", a déclaré à ce sujet le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov, en soulignant que les déclarations de ce genre "ne contribueront pas au processus de développement des rapports entre la Russie et les Etats-Unis, ainsi qu'à l'unité de la coalition antiterroriste". La référence à l'unité dans la lutte contre le terrorisme international, fléau contre lequel même les Etats-Unis ne peuvent venir à bout seuls a contraint le Département d'Etat à désavouer quelque peu sa déclaration précédente. Ainsi, dans une interview à la chaîne de télévision NBC, le Secrétaire d'Etat Colin Powell a notamment fait remarquer: "Rien ne peut justifier ce qui s'est produit en Ossétie du Nord". Exprimant la certitude que la Russie poursuivra jusqu'au bout les coupables de ce forfait monstrueux, Colin Powell a tout particulièrement souligné qu'il était impossible de mener les pourparlers avec les terroristes qui perpétuent de tels massacres d'enfants et de population innocente.

Il est évident qu'il faut engager la lutte durable et multiforme contre le terrorisme international sans recourir à la tactique des deux poids-deux mesures. Cette lutte nécessite instamment la coopération de toute la communauté mondiale avec des organisations influentes comme l'ONU, l'OSCE, le Conseil de l'Europe, l'Organisation de coopération de Shanghai et l'Assemblée interparlementaire des Etats membres de la CEI (Communauté des Etats Indépendants). Certes, il faut améliorer le niveau de confiance et de coopération entre les services secrets. Leur isolement traditionnel doit faire place à la lutte opiniâtre contre le terrorisme international.

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