Nezavissimaia gazeta
La Russie, peut-elle porter un coup préventif?
Hier, le chef d'état-major général russe Youri Balouievski a fait soudain la déclaration suivante: Moscou est prêt à porter des coups préventifs aux bases des terroristes dans n'importe quelle région du monde, en ajoutant que cela "ne signifie pas que nous effectuerons des frappes nucléaires".
D'après les données officielles du Département d'Etat américain, les bases principales des terroristes internationaux se trouvent en Afghanistan, au Pakistan, en Irak, au Sud Liban, en Algérie, en Egypte, en Arabie Saoudite, en Inde, au Bangladesh, ainsi qu'aux Philippines.
Mais l'intervention dans le territoire d'autrui peut être effectuée ou bien avec l'autorisation de l'ONU, ou bien dans le cadre des accords conclus entre les Etats. Aujourd'hui, seules les opérations en Afghanistan et en Irak sont autorisées par l'ONU. Par conséquent, la déclaration du chef d'état-major général peut être interprétée comme une tentative d'inciter les Etats-Unis et l'OTAN à inviter la Russie à participer à leurs opérations de paix. Il est à remarquer que cette déclaration a été faite par un haut chef militaire, et non pas par un homme politique. Ordinairement, on lance un ballon d'essai.
Les Etats-Unis et l'OTAN attendent depuis longtemps le consentement de la Russie à participer directement à la coalition antiterroriste en Irak et en Afghanistan. Mais le contingent de paix russe n'a pas trouvé le langage commun avec l'OTAN au Kosovo et a dû partir avant terme. L'état-major général russe, est-il prêt à se mettre sous les drapeaux américains?
Selon le général Leonid Ivachov, la Russie n'a pratiquement pas de porte-avions. Quant aux missiles de croisière dont est équipée la flotte, ils sont très onéreux, c'est pourquoi ils ne peuvent être dotés que d'ogives nucléaires.
L'avant-garde de l'aviation russe à grand rayon d'action ne compte que 15 bombardiers Tu-160 et quelques dizaines de Tu-95. Ils sont destinés, pour l'essentiel, à porter des coups nucléaires.
Par conséquent, la déclaration du général Youri Balouievski, chef d'état-major général, se heurte à plusieurs barrières politiques et militaro-techniques. C'est pourquoi elle ne peut pas être mise en oeuvre d'une manière aussi catégorique que le ton de la déclaration. "Tout cela rappelle le désir d'imiter les Etats-Unis, estime le général Leonid Ivachov. Les forces armées, ainsi que la puissance économique et politique de la Russie ne peuvent pas être comparées à celles des Etats-Unis. Nous voulons montrer que les Forces armées russes ont des mains longues, mais nous ne pouvons pas venir à bout des terroristes qui agissent à l'intérieur de la Russie. Il est plus facile de régler les problèmes mondiaux que de découvrir et détruire les états-majors de Bassaiev et de Maskhadov".
Vedomosti
Les investisseurs ne remarquent pas les actes terroristes en Russie
Les investisseurs ont réagi aux premières attaques des terroristes en Russie - les explosions des maisons à Moscou il y a cinq ans - et n'ont pas réagi aux actes terroristes suivants. Le marché boursier n'a pas remarqué, non plus, la tragédie de Beslan, indique le quotidien "Vedomosti".
"En Russie, les investisseurs ont, semble-t-il, des nerfs de fer": lit-on au début d'une étude de la compagnie d'investissement "Aton" qui analyse l'influence des actes terroristes sur les marchés boursiers de divers pays. Les experts de la compagnie font remarquer que, malgré les actes terroristes dans les avions russes, à Moscou et à Beslan qui ont causé la mort de 450 personnes en deux semaines, le marché des actions progresse.
Par exemple, aux Etats-Unis, après les actes terroristes du 11 septembre 2001, le marché s'est effondré, mais, ensuite, il n'a presque pas remarqué de nouvelles menaces et le début de la guerre de grande envergure contre le terrorisme.
Kirill Tremassov, chef du service analytique de la Banque de Moscou, estime que les investisseurs ne peuvent paniquer que si les attaques des terroristes visent les ouvrages industriels ou l'infrastructure des milieux d'affaires.
Vrémia novostéi
MIG tourne le regard vers le civil
L'entreprise aéronautique russe MIG a repris ses travaux sur la production en série de l'avion de ligne Tu-334. Avec cet appareil elle s'apprête répondre à l'appel d'offres lancé par Aeroflot. La société retenue aura à fournir 50 appareils moyen courrier à la compagnie aérienne.
Le Tu-334 a vu le jour dans les Bureaux d'études Toupolev en 1986, rappelle le quotidien "Vrémia novostéi". L'entreprise MIG s'est jointe au projet en 1999. Cela doit être son premier projet civil marquant le début d'une diversification de l'entreprise qui, à l'époque soviétique, était spécialisée dans l'élaboration de chasseurs légers.
Le constructeur général du Tu-334, Igor Kalyguine, raconte que le premier appareil qui sera assemblé à Loukhovitsy sera d'abord exploité à titre d'expérience par la société aérienne Kavminvodyavia. Le premier exploitant commercial de la machine doit être la société Atlant-Soyouz contrôlée par le gouvernement de Moscou. Les dirigeants de l'entreprise comptent que ce contrat apportera des injections financières solides du gouvernement moscovite : ils sont près de signer avec la Banque de Moscou un contrat portant sur un crédit de 80 millions de dollars.
Cependant, le Tu-334 a au moins un défaut substantiel qui l'empêche de sortir sur le marché extérieur. Ses moteurs ne répondent pas aux normes de bruit que l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) recommande d'introduire à partir du 1er janvier 2006. Ainsi, à peine l'appareil apparu sur le marché, son constructeur est placé devant la nécessité de perfectionner ou de remplacer ses moteurs.
Vedomosti
RUSAL demande un soutien de l'Etat
L'industrie de l'aluminium doit devenir un "pôle de croissance" de l'économie russe puisque les autres branches ne sont pas de taille à assumer ce rôle. Les spécialistes de la société "Rousski alumini" (RUSAL) promettent de porter cette idée à la connaissance de Mikhaïl Fradkov et de demander par la même occasion à l'Etat de l'électricité à bon marché et une assistance dans la lutte pour des actifs étrangers.
Le quotidien "Vedomosti" s'est retrouvé en possession d'un rapport de RUSAL "Sur le rôle de l'Etat dans l'amélioration de la compétitivité de l'économie russe". Dans ce document il est dit, entre autres : "Nous demandons que d'ici 2007 ou 2008 l'Etat contrôle la formation des prix sur le marché de l'électricité et que soit prévue une possibilité d'établir des tarifs fixes sur un long terme à l'intention des nouvelles industries énergivores", explique le directeur par intérim du département énergétique de RUSAL, Pavel Chatski.
"Avant d'adopter un tarif réduit, il faut comprendre qui compensera les pertes de l'industrie de l'électricité", rétorque un représentant de RAO EES ("Electricité de Russie"). L'ex-dirigeant du département économique de l'administration présidentielle, Anton Danilov-Daniliants, estime qu'au lieu de figer les tarifs, "il vaudrait mieux attirer des investissements dans la construction d'usines d'électricité, alors les prix baisseront tout naturellement".
Les fonctionnaires ont divergé sur les propositions de RUSAL. Le directeur du département métallurgique du ministère de l'Industrie et de l'Energie, Andréi Deineko, estime qu'il est possible d'optimiser la politique tarifaire pour soutenir l'industrie de l'aluminium. Mais un responsable du ministère du Développement économique et du Commerce affirme que ce rapport du holding est "un banal lobbying".
RUSAL est le troisième producteur mondial d'aluminium qui contrôle 70% de la production d'aluminium primaire en Russie. En 2003, ses usines en ont produit 2,58 millions de tonnes et réalisé 4,5 milliards de dollars de revenus.
Novyé Izvestia
Les Russes riches partent en vacance en limousine
Près de 23 millions de Russes ont passé leurs vacances à l'étranger depuis ces douze derniers mois. C'est un record par rapport aux années précédentes. Les sommes qu'ils ont dépensées pendant leurs voyages cette année sont un autre record : plus de 5 milliards de dollars.
Plus la situation devient dangereuse dans le monde et plus les touristes russes à l'étranger sont nombreux, souligne le quotidien. Ayant parcouru de long en large la Turquie ou l'Egypte, ils vont explorer des endroits plus exotiques.
"Le prix d'une chambre d'hôtel allant de 200 à plusieurs milliers de dollars par jour, les Russes préfèrent la plus chère. On dirait qu'ils sont riches à millions. Et nous sommes des veinards qu'ils ont choisis", dit l'attaché de presse d'un hôtel écossais "Gleneagle". Côté prodigalité, il y a que le touriste américain qu'on peut comparer avec le touriste russe. Mais après les événements tragiques du 11 septembre 2001 les Américains se font de plus en plus rares à l'étranger. Maintenant les Russes n'ont pas de concurrents. Et les meilleurs sites touristiques se mettent en quatre pour faire plaisir à l'élite russe.
Un agent de l'hôtel Tivoli Marinotel de Vilamoura, au Portugal, a dit que pendant l'EURO-2004 certains clients russes avaient fait amener d'avance leur limousine blindée pour aller au stade. On appelle ça ici l'extravagance révoltante des touristes russes.