Kommersant
L'appel du président Poutine à la nation. Premiers commentaires.
Le quotidien "Kommersant" publie les réactions d'experts et d'hommes politiques russes au message adressé par le président Poutine à la nation à l'occasion des événements tragiques de Beslan.
Viatcheslav Nikonov, président de la fondation "Politika" : Le président avait en vue des choses évidentes. La prévention d'une explosion ethnique au Caucase du Nord. L'épuration et le renforcement des servies secrets. Le renforcement de la Fédération. L'ennemi extérieur aussi est désigné : l'extrémisme islamique.
Nikolaï Kharitonov, président de l'Union agrarienne, député à la Douma : Il faut demander aujourd'hui un durcissement des mesures, c'est-à-dire la peine de mort non seulement pour le terrorisme mais également pour port et recel de matières explosives. Rien de concret n'a été dit à ce sujet. Comment consolider le peuple si le pouvoir pratique le terrorisme politique contre l'opposition ?
Oleg Aksenov, général de milice à la retraite, ancien chef du département de l'information du ministère de l'Intérieur : j'attends du président la création d'un organisme antiterroriste sérieux investi de très larges pouvoirs, j'attends des modifications sérieuses de la législation. Et aussi des mesures nouvelles, peut-être même inattendues par notre société, pareilles à celles que pratique l'Israël. Je compte que le président et le ministère des Affaires étrangères demandent l'extradition des terroristes retranchés en Occident.
Elena Drapeko, député communiste à la Douma : Poutine a reconnu l'existence des problèmes dans les structures de force. Leurs actions ne sont pas coordonnées à cause des remue-ménage. On va maintenant mettre de l'ordre au contrôle des règles de séjour, à l'enregistrement de la résidence.
Vrémia novostéi
L'internationale sanguinaire
On ignore jusqu'à présent d'où les terroristes étaient venus à Beslan et quel était leur nombre. Selon les données du quotidien "Vrémia novostéi", le point de départ de cette bande pouvait être le district ingouche de Malgobek, limitrophe de l'Ossétie du Nord et de la Tchétchénie.
Les chiffres concernant ce commando différaient selon le représentant des servies secrets. Ce qu'on peut dire sûrement c'est ce qu'on a comme information sur Nourpacha Koulaev, 24 ans, qui jugeait lors des interrogatoires qu'il avait été forcé à participer à la prise d'otages et qu'il n'avait tiré sur personne.
En ce qui concerne les bandits morts, on sait que trente cadavres ont été découverts, une véritable internationale : des Tchétchènes, des Ingouches, des Kazakhs, des Slaves, neuf Arabes et même un noir. Certains sont déjà identifiés.
Le plus remarquable de tous les terroristes identifiés est Anatoli Khodov, alias Abdoullah, né en Ukraine et domicilié à Elkhotovo, un village d'Ossétie du Nord. Dans les années 1990, il a fait ses études dans la medersa de Tcherkessk avant de rejoindre les wahhabites et partir pour la Tchétchénie. Il a commencé comme cuisinier dans le détachement du séparatiste Rouslan Guélaev puis s'est mis à monter lui-même des attentats importants. Il est notamment suspecté d'avoir participé à l'attaque à l'explosif, le 1er février 2004, contre les élèves de l'école militaire de Vladikavkaz et d'avoir piégé le 29 mai une voie ferrée en Ossétie du Nord sur laquelle s'est fait sauter le train Moscou-Vladikavkaz. Il est possible également qu'il ait pris part à l'attaque du 22 juin 2004 contre l'Ingouchie.
Nezavissimaia gazeta
Que faire pour lutter efficacement contre le terrorisme?
Quelles actions peut-on attendre après une nouvelle série d'actes terroristes? N'affecteront-elles pas les droits civils et les libertés politiques? Ces questions ont été posées par le quotidien "NG" à des hommes politiques et experts russes.
Lioubov Sliska, première vice-présidente de la Douma (chambre basse du parlementrusse), estime qu'il faut assurer que les médias ne contribuent pas à l'activité des terroristes. L'Amérique en a donné un digne exemple après le 11 septembre. La presse a restreint elle-même ses libertés, en comprenant qu'elle aide les terroristes pas certaines actions. C'est pourquoi il ne faut pas craindre une restriction de la liberté de parole et de la démocratie.
De l'avis de Gueorgui Satarov , président de la Fondation "Indem", il n'est pas exclu que des vis soient de nouveaux serrés. Il y a deux sphères pour le durcissement du contrôle. La première, c'est l'intervention dans la vie privée, la deuxième, moins privilégiée par les autorités, c'est le contrôle auquel elles seront soumises elles-mêmes. L'inefficacité et la corruption du pouvoir facilitent, certes, les activités des terroristes. Nous nous attendons à ce que des mesures appropriées soient prises dans ce domaine.
Selon Dmitri Rogozine, chef de la fraction "Rodina" ("Patrie") à la Douma, estime qu'il n'y a pas de raison de réprimer la presse libérale. Pour que les mesures de sécurité soient plus efficaces, il est nécessaire de limoger tous les ministres qui dirigent les départements de force, car ils ne se sont pas acquittés de leurs tâches.
Serguei Ivanenko, vice-président du parti "Iabloko": les actes terroristes de grande envergure provoquent toujours le désir de serrer les vis. Mais ces méthodes ne conviennent pas pour venir à bout du terrorisme. S'il était certain que tout est parfait au FSB (Service fédéral de sécurité) et au ministère de l'Intérieur, je me prononcerais pour le renforcement du rôle de ces établissements. Mais l'un des problèmes de la sécurité du pays réside, dans une grande mesure, dans ces établissements qui représentent, pour beaucoup, une menace pour la sécurité. Aujourd'hui, il faut adopter non pas une loi sur le durcissement du châtiment pour le terrorisme, mais celle prévoyant le contrôle civil sur les services secrets, ne serait-ce que pour être au courant de leurs activités.
Rossiïskaia gazeta
Il faut s'infiltrer dans la direction des mouvements terroristes
Le général Leonid Ivachov, vice-président de l'Académie des problèmes géopolitiques, a parlé, dans une interview au journal "Rossiïskaia gazeta", des mesures à prendre en vue de lutter contre le terrorisme dans le Caucase du Nord.
Pour diminuer le danger émanant du Caucase du Nord, tout d'abord, il faut améliorer la vie des gens: supprimer la misère et le chômage qui sont la base sociale pour la formation d'un réseau terroriste. Par exemple, presque la moitié de la population adulte de la Tchétchénie n'a pas de travail.
De plus, il faut avoir dans la région un réseau ramifié d'assistants des autorités parmi les habitants locaux. Le ministère de l'Intérieur doit avoir un réseau ramifié d'informateurs en vue de mettre en évidence les exécutants directs des actes terroristes. La tâche du FSB est de s'infiltrer dans les structures les plus hautes, dans l'état-major, pour révéler les organisateurs des attentats.
Mais, l'essentiel, il faut nettoyer la police locale. Les terroristes ont leurs agents dans les organes de l'ordre, c'est pourquoi ceux qui connaissent quelque chose sur la préparation des actes terroristes ont peur d'y aller avec leur information. En fait, les commissariats de police locaux abondent en traîtres. Il est impossible de compter sur la coopération avec la population sans nettoyer les organes de l'ordre du Caucase du Nord.
Dans le contexte actuel, le renforcement de la présence militaire dans le Caucase du Nord n'est pas nécessaire. Par contre, il serait utile que le service de contre-espionnage du FSB étende son activité et travaille contre l'influence extérieure et les structures extérieures.
Vedomosti
YOUKOS n'a pas trouvé 120 milliards de roubles
YOUKOS n'a su rembourser samedi une nouvelle partie des griefs fiscaux calculés par le ministère des Impôts et Perceptions: 119,9 milliards de roubles. A présent, le ministère a l'intention d'exiger le remboursement de cette somme au début de la semaine, mais YOUKOS pense déjà à la faillite.
Le dénouement de l'affaire YOUKOS s'approche, estiment les sources proches de l'administration présidentielle. Des hauts fonctionnaires du Kremlin ont instamment recommandé au Parquet général et au ministère des Impôts d'accélérer ce processus, afin de placer la compagnie sous le contrôle. Selon une autre source, cette semaine, la compagnie peut annoncer elle-même sa faillite. Le quotidien "Vedomosti" n'a pu vérifier cette information auprès des dirigeants de YOUKOS au cours de ce dernier week-end.
Mais les créditeurs commerciaux de la compagnie ne paniquent plus, a dit un employé d'une des banques, créditeurs de YOUKOS. "Nous sommes convaincus que les autorités russes ne se calmeront pas tant qu'elles ne porteront pas le montant des griefs fiscaux avancés à YOUKOS à 10-12 milliards de dollars", fait remarquer un banquier, en ajoutant que les créditeurs commerciaux ont déjà reçu environ 100 millions de dollars retirés des comptes de YOUKOS. "Le but poursuivi par l'Etat est de rendre la somme des griefs fiscaux égale à l'évaluation de "Youganskneftegaz": au moins 12 à 14 milliards de dollars", résume Stiven Dachevski, chef du service analytique d'"Aton".