Il s'agit de l'argent qui a été appelé en Russie en novembre et décembre 2003 afin de profiter du renforcement de la monnaie russe en déposant ces fonds sur des comptes bancaires. Mais la politique monétaire menée par la Banque de Russie en mars et en avril a mis fin au renforcement du rouble et ces capitaux sont revenus dans leur pays d'origine, a expliqué Mikhaïl Zadornov.
Telle est, à son avis, la cause de l'importante fuite de capitaux observée cette année. A ce jour, la fuite nette s'est élevée à 6 milliards de dollars et peut dépasser 8 milliards pour l'ensemble de l'année 2004, a-t-il estimé.
De l'avis de Mikhaïl Zadornov, le prix élevé du pétrole y a joué également son rôle. Les sociétés pétrolières laissent à l'étranger une partie de la marge encaissée (différence entre le prix de vente et le prix de revient). Plus elles exportent et plus les capitaux qu'elles laissent à l'étranger sont importants, a-t-il souligné.
D'autre part, il estime que la fuite de capitaux a été favorisée par la situation autour de Ioukos.
Cependant, à son avis, une baisse des cours du pétrole ne conduira pas la Russie à une crise économique, mais risque de provoquer une stagnation.
"Même si le baril chute à 18 ou à 20 dollars, la balance des paiements sera à zéro ou occasionnera un léger déficit. Ce ne sera pas grave... Ce ne sera pas une menace de crise mais une stagnation", a-t-il ajouté.
Selon ses calculs, avec un baril à 18 dollars, le déficit budgétaire n'excéderait pas 1,5% du PIB.
Cependant, une baisse du pétrole peut ralentir la croissance économique, de l'avis du député.
Le vice-président de l'Union des industriels et des chefs d'entreprise de Russie, Igor Jurgens, se déclare convaincu, à son tour, que la stagnation sera passagère et que la Russie pourra se réorienter rapidement vers d'autres exportations.
"Nous possédons 40% des réserves mondiales de gaz, de bois et de métaux et nous avons une population qui a une bonne capacité d'adaptation", a-t-il fait remarquer.