Qui téléguide les terroristes tchétchènes?

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MOSCOU, 1-er septembre - par Viatcheslav Lachkoul, commentateur de RIA-Novosti. Les terroristes tchétchènes viennent de commettre un nouveau crime. Pour cette fois, ils ont frappé en Ossétie du Nord. Dans la ville de Beslan, ils ont pris pour cible une école, en l'attaquant au moment même où les enfants, leurs instituteurs et parents se trouvaient réunis pour célébrer solennellement la rentrée. Ainsi, l'école tout entière a été prise en otage. Les terroristes réclament la remise en liberté des condamnés pour terrorisme et le retrait des troupes russes de la Tchétchénie.

Le 24 août dernier, deux avions de ligne se sont écrasés en Russie. Les présumées femmes-kamikazes se trouvant à l'origine de ce double crash aérien étaient Tchétchènes de leur nationalité. Quoi qu'il en soit, ces attentats terroristes ont été revendiqués par l'organisation extrémiste internationale qui s'intitule "Brigades Islambouli" et est liée avec "Al-Qaïda". En outre, des actes de terreur ont récemment été perpétrés en face de la station de métro "Rijskaïa" et à un arrêt de bus dans la capitale russe.

Oleg Netchiporenko, directeur général de la Fondation nationale contre le crime et la terreur, évalue ces événements tragiques comme suit:

- On voit se confirmer aujourd'hui ce que nous avons plus d'une fois déclaré au monde: les séparatistes au Caucase, et notamment en République de Tchétchénie, sont liés aux terroristes internationaux. Selon les informations de l'Etat-major régional (EMR) des opérations antiterroristes dans le Caucase du Nord, les bandes armées d'Aslan Maskhadov et de Chamil Bassaïev comptent des mercenaires étrangers qui avaient participé autrefois à des hostilités en Afghanistan, au sein des commandos sous les ordres d'Oussama ben Laden.

A en juger notamment d'après les notes, découvertes par l'EMR sur le corps du chef de guerre Oïbek Rakhimov ("Ouzbek"), il y avait, à un certain moment, dans la bande, commandée personnellement par Aslan Maskhadov, les ressortissants égyptiens - Mohammed Islambouli et Mustafa Hamza. Ces deux font partie du plus proche entourage de Ayman Zawahiri, le bras droit d'Oussama ben Laden et un des leaders d'Al-Qaïda. Parmi les papiers de l'"Ouzbek" qui avait notamment été en charge de distribuer l'argent parmi les terroristes, on est tombé sur les feuilles d'émargement d'Islambouli et de Hamza. Cela atteste que les terroristes tchétchènes touchent l'argent, débloqué pour un seul et même sponsor que sont des réseaux extrémistes islamiques internationaux.

Le groupe "Brigades Islambouli" qui a revendiqué les explosions des Tupolev-134 et Tupolev-154, ainsi que l'attentat terroriste en face de la station de métro "Rijskaïa" à Moscou n'est, de toute évidence, qu'une organisation de terroristes tchétchènes, liée à Al-Qaïda. C'est ce qu'a supposé, par exemple, le directeur du centre islamique "Al-Makrizi" à Londres, Ahmed al-Subaimi, expert très compétent en matière de lutte contre le terrorisme.

Rappelons que le nom des "Brigades Islambouli" a fait son apparition après un attentat perpétré contre le candidat au poste de Premier ministre pakistanais - Shaukat Aziz. Les terroristes ont choisi pour leur organisation le nom du lieutenant de l'armée égyptienne - Khaled Islambouli - qui avait été le chef du groupe de militaires félons ayant assassiné le Président de l'Egypte, Anouar El-Sadate, le 6 octobre 1981. Par la suite, Khaled Islambouli et tous ses complices avaient été exécutés sur condamnation de la Cour égyptienne.

Il arrive, d'ailleurs, que les groupes extrémistes les plus hétéroclites, que ce soit en Tchétchénie, dans les Balkans ou en Asie du Sud-Est, prennent le nom d'Islambouli. Cependant, par la suite, ils changent de nom pour brouiller la piste et échapper aux services secrets à leurs trousses.

Certains experts estiment même que le groupe "Brigades Islambouli" est dirigé par le frète de Khaled - Mohammed. On sait, par exemple, qu'après l'arrestation et l'exécution des comploteurs en Egypte, les dirigeants du pays avaient adopté la loi sur un état d'urgence qui est toujours en vigueur. En vertu de cette loi, des centaines d'extrémistes ont été arrêtés et condamnés, alors que des organisations religieuses illégales ont été interdites. Force est de reconnaître que l'expérience internationale est souvent très édifiante. Grâce à cette loi, aucun attentat d'envergure n'a été enregistré en Egypte depuis ces sept dernières années.

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