"Notre principale tâche à la réalisation de laquelle tous nos efforts et ceux du gouvernement seront employés, c'est la solution de ces problèmes précis qui entravent toujours la croissance économique dans le pays... Si nous voyons que la vie des gens est devenue meilleure, on pourra sans doute le qualifier de succès", a estimé l'expert, en intervenant, ce mardi, lors d'un point de presse.
"Mais si ledit doublement du PIB n'est réalisé que grâce à une favorable conjoncture économique extérieure, et que, dans les décennies ultérieures, les rythmes de croissance chutent jusqu'à 2% par an, cela serait, incontestablement, notre revers et ce, même en dépit de l'accomplissement de la tâche du doublement du PIB", a indiqué Arkadi Dvorkovitch.
"C'est qu'il ne faut en aucun cas nous limiter à ce chiffre concret ni miser uniquement sur cet indice arithmétique", a-t-il continué.
A l'avis de l'expert, le taux d'inflation en Russie ne dépasserait pas en 2004 les 10% prévus. "Il est évidemment certains risques, mais tout porte à croire que les repères établis en la matière seraient finalement atteints", a estimé Arkadi Dvorkovitch.
Cela dit, il a fait remarquer que, selon les estimations des experts, la croissance économique en 2004 dans le pays a été prévue au niveau de 6,9%. Néanmoins, à présent, la dynamique du développement économique en Russie est telle que cet indice serait sans doute dépassé.
Interrogé par les journalistes sur le danger de l'exode des capitaux du pays, Arkadi Dvorkovitch a noté que, pour le moment, rien n'imposait des mesures d'urgence dans ce domaine. "Il n'y a tout simplement, à l'heure actuelle, aucun exode excédentaire des capitaux", a souligné le chef de la Direction d'experts du Président russe.
Evoquant le problème des investissements dans le pays, l'expert a fait savoir que, dans les sept premiers mois de l'année en cours, ces investissements avaient augmenté de 12%. Qui plus est, Arkadi Dvorkovitch prévoit même que, l'automne prochain, les cadences de leur croissance peuvent même s'accélérer encore plus. Il l'explique, entre autres, à l'achèvement de l'introduction par la Banque Centrale de la procédure d'assurance des dépôts bancaires.
Et d'ajouter que, déjà dans les semaines à venir, le gouvernement de la Fédération de Russie va présenter ses propositions quant aux entreprises devant être privatisées. Cela dit, Arkadi Dvorkovitch a indiqué que le récent décret du Président qui confirmait le pouvoir du chef de l'Etat pour adopter en direct des décisions sur la privatisation des entreprises concrètes n'en limitait pas du tout les privatisations, mais ne faisait que garantir l'exercice des compétences du Président dans la sphère des privatisations et dans les procédures de privatisation.
Comme l'a précisé l'expert, il y a en tout quelque 400 entreprises qui figurent, à la fois, dans le programme des privatisations du gouvernement fédéral pour 2005 et sur la liste présidentielle des entreprises stratégiques et qui ne peuvent être privatisées que sur décision du chef de l'Etat.
Par ailleurs, Arkadi Dvorkovitch espère bien que la question de la réforme de "Gazprom" sera réglée d'ici la fin de l'année en cours.
D'après lui, il est nécessaire de décider, enfin, s'il faut ou non laisser "de jure" à l'Etat le bloc de contrôle de ce géant gazier. A signaler que, "de facto", un tel contrôle existe bel et bien. "Il est seulement à savoir à quel points les risques sont grands si cette situation n'est pas confirmée "de jure". Toujours est-il que le gouvernement est en train de procéder, à l'heure actuelle, à l'analyse des risques en question", a appris le chef de la Direction d'experts du Président russe.
Abordant le problème de la réforme de "EES"("Electricité de Russie"), Arkadi Dvorkovitch a fait savoir que toutes les étapes en avaient déjà été définies et consacrées dans des documents appropriés.
Il a tenu à souligner tout particulièrement que le travail de la Direction d'experts du Président ne se croise pas et ne se croisera pas, à l'avenir non plus, avec celui du gouvernement de la Fédération de Russie. C'est que ladite Direction n'a été créée que pour aider le Président du pays à s'acquitter de son mandat présidentiel. Selon Arkadi Dvorkovitch, sa Direction a à sa charge une expertise économique des projets de loi à tous les stades, a commencer par leur examen et leur adoption au Parlement jusqu'à leur signature par le chef de l'Etat.
"La Direction d'experts du Président ne s'occupe pas de mise au point des projets de loi, et son travail ne se croise, par conséquent, aucunement avec le travail du gouvernement fédéral. Notre tâche première est une évaluation d'expert des documents soumis", a souligné Arkadi Dvorkovitch.