Akhmad Kadyrov était "un homme intègre et honnête" (Poutine)

S'abonner
"J'ai pris conscience que c'était un homme intègre, honnête, conséquent dans ses pensées et actions, qui était hostile à tout ce qui est lié à l'extrémisme", a dit le président russe, Vladimir Poutine, en évoquant sa prise de connaissance avec le président de la Tchétchénie, Akhmad Kadyrov, qui aurait eu 53 ans aujourd'hui.

"J'ai pris conscience que c'était un homme intègre, honnête, conséquent dans ses pensées et actions, qui était hostile à tout ce qui est lié à l'extrémisme", a dit le président russe, Vladimir Poutine, en évoquant sa prise de connaissance avec le futur président de la Tchétchénie, Akhmad Kadyrov, dans le film documentaire "Akhmad Kadyrov. La dernière parade du vainqueur", qui a été diffusé dimanche soir sur la chaîne de télévision publique russe RTR.

Ainsi que le relate Vladimir Poutine, sa première rencontre avec Akhmad Kadyrov a eu lieu à Moscou, "à peu près un mois après l'attaque lancée par les combattants séparatistes tchétchènes contre le Daghestan en septembre 1999".

"J'avais invité à Moscou, à la Maison Blanche (siège du gouvernement russe) où j'assumais les fonctions de chef du gouvernement, les muftis du Caucase du Nord, les responsables religieux de cette région, pour m'entretenir avec eux, connaître leur état d'esprit, leur demander conseil sur les moyens à mettre en oeuvre pour régler les situations compliquées qui prévalaient alors au Caucase du Nord, a poursuivi Vladimir Poutine. Bon nombre d'entre elles n'ont toujours pas été entièrement normalisées d'ailleurs. Seulement à l'époque, la situation était telle qu'une telle rencontre s'imposait".

Selon Vladimir Poutine, "j'avais également invité le mufti de Tchétchénie, mais on m'avait prévenu d'emblée qu'il y avait de grandes chances pour qu'il ne vienne pas. Ce mufti, c'était Kadyrov, et il avait fait le voyage de Moscou, ce qui avait étonné bon nombre de muftis tchétchènes".

"J'ai compris que c'est un homme intègre, honnête, conséquent dans ses pensées et actions, qui est hostile à tout ce qui est lié à l'extrémisme, a dit Vladimir Poutine en évoquant sa prise de connaissance avec Akhmad Kadyrov. C'était un adversaire farouche des formes extrêmes du wahhabisme et que d'aucuns s'emploient aujourd'hui encore à implanter sur notre sol".

"C'était particulièrement important pour moi, j'ai compris que Kadyrov avait pris conscience de la nocivité du séparatisme et qu'il ne concevait pas l'avenir radieux de son peuple et de la Tchétchénie en dehors de la Fédération de Russie", a souligné Vladimir Poutine.

Dans le film, le président russe a également indiqué qu'il avait suggéré au président tchétchène assassiné de ne pas occuper le poste de chef de l'administration tchétchène avant la fin des combats dans la république.

"Etant donné que la confiance dont il faisait l'objet, en tout cas de ma part, était très grande, je lui avais dit carrément et honnêtement que je n'estimais pas rationnel de le nommer à la tête de l'administration tchétchène du moment que je souhaitais le conserver pour une période plus longue", a dit Vladimir Poutine.

Selon le président, il voulait qu'Akhmad Kadyrov "prenne la tête de la Tchétchénie à l'issue de la période difficile et compliquée traversée par la Tchétchénie, par la Russie, par le peuple tchétchène, pendant la période du relèvement après la fin des combats".

Cependant, Kadyrov m'a répondu ceci, a relevé Vladimir Poutine: "Je suis bien conscient que vu mon passé, ma participation aux actions armées contre les troupes fédérales lors de la "première guerre tchétchène", une certaine méfiance subsistera au sein des organes fédéraux du pouvoir, surtout dans les départements de force (défense, intérieur, sécurité, etc.) Je sais aussi qu'une partie des gens avec qui j'avais été toutes ces années me considéreront comme un traître... Seulement c'est en toute conscience que je fais ce choix parce que je suis passé par toutes ces difficultés. Je vois dans quel état se trouve la Tchétchénie et le peuple tchétchène et je suis profondément persuadé qu'aujourd'hui les gens ayant acquis cette expérience ne sont pas nombreux à prendre en main les destinées de ce peuple. C'est pourquoi j'estime que je suis le mieux à même de mener cette mission à bien".

"Je n'ai pas tenté de lui faire changer d'avis, ayant en vue d'autres propos qu'il avait tenus au cours de cette rencontre. Voici ce qu'il avait dit: "Présentement je n'ai pas le droit de penser à mon avenir. Je dois songer à celui de mon peuple". C'est avec cet état d'esprit qu'Akhmad Kadyrov avait pris la tête de l'administration tchétchène pour par la suite accéder à la présidence de la République de Tchétchénie.

Akhmad Kadyrov a été tué dans un attentat à la bombe à Grozny le 9 mai 2004. Il aurait eu aujourd'hui 53 ans.

Dimanche matin le président russe accompagné de Ramzan Kadyrov (fils du défunt et vice-premier ministre tchétchène) et d'Alou Alkhanov (président du Conseil social pour le contrôle du relèvement de la Tchétchénie et candidat au poste de président de la république) s'est rendu dans le village de Tsentoroï, en Tchétchénie, où il a fleuri la tombe du président défunt.

L'élection présidentielle anticipée en Tchétchénie a été fixée au 29 août.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала