Revue de la presse russe du 20 août

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MOSCOU, RIA Novosti

Vrémia novostéi

Moscou rejette sur Tbilissi la responsabilité de la guerre d'un jour

Hier, l'Ossétie du Sud a vécu un jour de guerre, écrit le quotidien "Vrémia novostéi". Les troupes géorgiennes ont même entrepris de prendre d'assaut Tskhinvali, capitale de la république autoproclamée. A midi, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a annoncé qu'il était prêt à retirer les unités excédentaires de la zone du conflit et à transmettre les hauteurs stratégiques tout autour de la capitale sud-ossète à la force de paix. Mais déjà dix heures après les deux camps comptaient leurs morts et blessés. Les parties au conflit s'accusent mutuellement de provocations.

Moscou a rejeté la responsabilité de l'escalade du conflit sur la Géorgie. "Tbilissi doit enfin comprendre que de telles tentatives sont inadmissibles. Il est nécessaire de prendre des sanctions sévères contre ceux qui ont violé délibérément les ententes et accords existants", est-il dit dans la déclaration du ministère russe des Affaires étrangères publiée le 19 août sur son site Internet.

De l'avis de certains experts, pour la Géorgie il suffit d'établir son contrôle sur Tskhinvali pour annoncer sa victoire. Cependant, le directeur de l'Institut russe des études politiques et militaires, Alexandre Charavine, affirme que la prise de Tskhinvali ne signifierait pas une victoire de la Géorgie. A soin avis, bien que l'Ossétie du Sud ait un potentiel militaire moins puissant que la Géorgie, l'aide des "volontaires du Caucase du Nord suffira pour que le conflit s'éternise ; il est donc nécessaire de stopper les hostilités le plus vite possible".

Izvestia

Mikhaïl Saakachvili se berce de l'illusion romantique qu'il pourrait ramener rapidement l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud sous le contrôle de Tbilissi en jouant sur les contradictions américano-russes. Il est douteux que l'Amérique puisse risquer ses bonnes relations avec la Russie pour la Géorgie, et Mikhaïl Saakachvili ferait bien de penser à une politique plus modérée pour rétablir l'intégrité du pays, une politique qui ne mettrait pas en péril son économie et ses transformations démocratiques, écrivent les "Izvestia".

Même lorsque les Etats-Unis et l'URSS étaient des ennemis jurés, l'Amérique n'a jamais dépassé la borne et abandonnait rapidement ses amis à leur sort lorsqu'ils se permettaient d'aller trop loin. Les Hongroies se sont révoltés contre les Soviets en 1956 et ont appelé ouvertement l'Amérique en aide mais l'aide n'est pas venue. Les Tchèques et Slovaques comptaient sur le soutien américain en 1968 mais le président Johnson a regagné ostensiblement son ranch au Texas. Les Etats-Unis ont cessé de soutenir le dissident soviétique Gamsakhourdia et le meilleur ami du secrétaire d'Etat James Baker, Edouad Chevardnadze, lorsqu'ils ont commencé à lui poser des problèmes. Mikhaïl Saakachvili risque lui aussi de refaire le même chemin, s'il refuse de modérer son ardeur pour retrouver le sang-froid et devenir un homme politique prévisible. Dans le monde réel les émotions débridées n'aident généralement pas à résoudre les problèmes, conclut le journal.

Kommersant

La filiale de Ioukos attendue en Chine

Hier le conseiller économique de l'ambassade de Chine en Russie, Fang Zhunyong, a déclaré que son pays a intérêt à acheter Iouganskneftegaz, principale entreprise de production de Ioukos que les autorités russes ont l'intention de vendre pour éteindre la dette fiscale de la société mère.

Les analystes de compagnies d'investissements interrogés par le "Kommersant" ont estimé que les Chinois ne seront pas autorisés à acheter des actifs de Ioukos. "Les autorités russes n'ont pas voulu que Ioukos soit vendue aux Américains, d'autant plus elles ne voudront pas voir les Chinois propriétaires de sa principale unité de production", estime Serguéi Souverov, expert chef de la banque Zenit. A preuve, la tentative ratée de la société chinoise CNPC d'acheter Slavneft et aussi l'abandon par le gouvernement russe du projet d'oléoduc allant vers la Chine, a-t-il déclaré.

L'expert de "Troïka-Dialogue" Oleg Maximov dit que la majorité des sociétés étrangères ne voudront pas négocier Iouganskneftegaz du fait que la situation est scandaleuse. "D'autre part, rien n'oblige la Russie de mettre Iouganskneftegaz aux enchères : la société peut bien être vendue de gré à gré", a-t-il déclaré.

Selon une information non officielle, le Service fédéral anti-monopole (FAS) a déjà reçu au moins une notification d'un projet d'achat de Iouganskneftegaz. Le nom du soumissionnaire n'est pas divulgué en raison du secret commercial.

Vedomosti

La Banque centrale a annoncé, pour la première fois, le nombre des dépôts perdus par les établissements de crédit au cours de la récente crise bancaire. Les données officielles ne sont pas aussi déprimantes que les évaluations faites par les banquiers. Le président de la Banque de Russie, Serguéi Ignatiev a annoncé hier que du 15 juillet au 1er août 30 milliards de roubles avaient quitté les guichets de la totalité des banques, excepté la Banque de l'Epargne soutenue par l'Etat.

Les experts estiment que cette somme n'est pas très importante car elle ne représente que 4% du montant total des dépôts bancaires (sans la Banque de l'Epargne). Mais ce pourcentage ne permet pas de juger de l'ampleur réelle de la crise parce que les déposants ont assailli principalement les grandes banques détaillantes, estime l'expert chef d'Alfa-Bank Natalia Orlova. Les chiffres traduisant les pertes de certaines banques concrètes sont plus éloquents. Par exemple Alfa-Bank a perdu 20% de ses dépôts, BIN-bank un quart environ. De surcroît, les banques ont dû faire face à encore un phénomène douloureux : la fuite des fonds de clients personnes morales vers la Banque de l'Epargne.

Rossiiskaïa gazeta

Pour la rentrée scolaire on propose aux écoliers des cahiers décorés d'images de monstres, de bandits et de modèles à moitié nus

Vers le 1er septembre, rentrée scolaire en Russie, les parents ont du mal à amasser la panoplie scolaire pour leurs enfants. Sans compter les effets vestimentaires acceptables, il devient très difficile de trouver de la papeterie convenable. Les cahiers scolaires sont dans leur grande majorité décorés de robots au sourire féroce ou de l'image de Britney Spears à la chevelure en désordre plein format, se plaignent les parents. La nouveauté de la saison est le profile de Serguéi Bezroukov (acteur qui a joué le rôle du leader d'un groupe criminel dans le feuilleton populaire "La Brigade") : sur la couverture, le mot "cahier" est remplacé par "brigade" et, sur un fond noir, on aperçoit le feu de la cigarette entre les doigts sur lesquels des joncs d'or sont enfilés. Cette "œuvre d'art" coûte plus cher que les autres.

"Notre jugement est nettement négatif sur ce genre de produits scolaires. Mais nous n'avons pas les moyens d'arrêter ce torrent de kitsch qui frise la pornographie", a avoué le directeur adjoint du lycée classique n°1, Mme Elena Gadjieva.

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