Et d'ajouter: "Ce sera un très sérieux facteur en faveur de la croissance économique, ainsi qu'en faveur de la croissance du commerce de détail qui augmentera, lui, de 7,4 à 8%, chaque année".
Toujours selon la prévision de Guerman Gref, les investissements étrangers dans l'économie russe en 2005-2007 augmenteront de 12 à 16 milliards de dollars par an.
A part cela, le ministre du Développement économique et du Commerce prévoit une baisse de la contribution du secteur des matières premières au produit intérieur brut (PIB). "A l'heure actuelle, la situation dans l'économie russe est telle que la contribution du secteur pétrogazier au PIB constitue 27%. Quoi qu'il en soit, d'ici 2007, la contribution de ce secteur va diminuer jusqu'à 22-23% et ce, sur fond de l'augmentation d'autres sources de croissance", a-t-il indiqué. Comme l'a fait remarquer Guerman Gref, à présent, toutes les branches dites "des matières premières", y compris la sidérurgie, assurent 70% du PIB, tout en "engloutissant" 74% des investissements.
En outre, le ministre pronostique l'essor des hautes technologies dont la contribution au PIB est, pour le moment, 10 fois inférieure à ce même indice dans les pays les plus industrialisés du monde.
Pour ce qui est de 2004, estime Guerman Gref, même dans le contexte de la conjoncture la plus favorable, la croissance de l'économie russe à l'issue de cette année ne dépassera sans doute pas 7,1%.
La prévision optimale de la croissance du PIB en 2004 est de 6,9%, ce qui s'explique par des prix élevés du pétrole et l'essor intense de l'industrie nationale qui a été relancée en quelque sorte à la suite d'une élévation de la demande d'investissements, ainsi que par la croissance générale dans l'agriculture.
Quoi qu'il en soit, une certaine pause dans la croissance industrielle n'est certes pas à exclure, car la menace en existe cette année. Qui plus est, on doit tenir compte d'éventuelles conséquences négatives de la récente crise de confiance pour le système bancaire, est l'avis du ministre du Développement économique et du Commerce.
Il a aussi signalé l'exode croissant des capitaux cette année et une demande d'Etat manifestement affaiblie en la matière.
D'après Guerman Gref, le gouvernement envisage trois scénarios essentiels possibles du développement économique du pays. "Le premier est un scénario pessimiste qui repose sur le prix du pétrole à 23 dollars le baril avec une éventuelle baisse de ce prix à 20 dollars le baril", a indiqué le ministre. Dans un tel cas, les rythmes de croissance économique baisseraient inévitablement jusqu'à 4-5% par an.
"La troisième variante est considérée par nous comme celle de base et part du prix du pétrole à 28 dollars le baril", a noté le ministre. Si un tel prix se maintenait ou même augmentait par la suite, l'accroissement du PIB en 2004-2007 pourrait bien constituer 28,4%.
La deuxième variante, c'est un scénario conservateur, et plus précisément intermédiaire entre la première et la troisième variantes. Pourtant, même si les prix relativement élevés du pétrole se maintiennent, l'économie russe n'évitera pas des problèmes si elle ne s'engage pas dans de profondes transformations institutionnelles, ainsi que dans le contexte des capacités limitées des pipelines d'exportation et de l'accès restreint à la base des matières premières.
Selon le ministre du Développement économique et du Commerce, d'ici 2007, le nombre des pauvres en Russie approcherait 10,5% de l'ensemble de la population.
Somme toute, la croissance économique en Russie permettra d'augmenter les revenus par tête d'habitant de 2540 dollars en 2004 à 3900 dollars en 2004, a appris Guerman Gref.
Or, il estime que, déjà dans les années à venir, la Russie va devenir un leader mondial de la production du bois et de sa transformation.
"En cas d'adoption d'un Code des forêts, document qui soit à la fois transparent et intelligent, la Russie possédant 25% de toutes les ressources forestières de la planète peut bien se transformer en atelier mondial de production du bois et d'objets en bois", a estimé le ministre du Développement économique et du Commerce.
A partir de 2005, le renforcement du rouble se ferait dans les limites de 3 à 4%, a indiqué Guerman Gref. "Cela est, d'ailleurs, bien inférieur au même indice de 2004 où nous nous attendons au renforcement du rouble de 7%", a-t-il fait remarquer.
Selon la prévision du ministère du Développement économique et du Commerce (MDEC) de la Fédération de Russie, la productivité du travail dans le pays augmenterait de 6% par an et devancerait, par conséquent, de deux fois les rythmes du renforcement du rouble.
Par ailleurs, le MDEC a réexaminé sa propre prévision concernant les prix du pétrole dans l'année en cours, en augmentant jusqu'à 31,2 dollars le baril pour le pétrole "Urals".
A signaler que le budget de 2005 a été établi à partir de la prévision de l'inflation à 8,5% l'année prochaine, a indiqué le ministre.
Cela dit, Guerman Gref a tenu à préciser que le MDEC prévoit l'inflation en 2005 au niveau de 8 à 9%. Cela se distingue bien de la prévision de la Banque Centrale qui envisage, elle, le taux d'inflation à 6,5 à 8%, a-t-il constaté.
"Nous nous sommes entendus sur le rapprochement des corridors, de sorte que la prévision de base est de 8,5%", a appris Guerman Gref.
Les tarifs des services fournis par les monopoles naturels, à l'exception du gaz, se trouveront dans les limites de l'inflation, a déclaré le ministre du Développement économique et du Commerce.
Et de préciser que la croissance des tarifs pour le gazva diminuer de 23% en 2005 jusqu'à 11,8% en 2007, alors que l'augmentation des tarifs pour l'électricité va constituer 9,5% en 2005, et 7,5-6% - en 2007.
Il faut changer de leaders de la croissance de l'économie russe qui repose aujourd'hui essentiellement sur le secteur des matières premières, il est nécessaire de mettre en place tout un système d'innovations afin d'attirer des investissements dans l'économie russe, a indiqué Guerman Gref.
Dans le même temps, le ministre juge indispensable également le développement ultérieur du secteur des matières premières et ce, sur la base, entre autres, de l'élimination des restrictions actuelles de l'accès aux pipelines et à la base même des matières premières.
Somme toute, Guerman Gref estime que les exportations de machines et d'équipements doivent augmenter de 11,6% d'ici 2007 pour se chiffrer d'ici là à 20 ou même à 22 milliards de dollars.
Quoi qu'il en soit, il a reconnu que, cette année, avait continué la diminution progressive de la part des machines et des équipements dans la structure générale des exportations. Si l'ensemble des exportations augmente de 12% à l'issue de l'année, les exportations de machines et d'équipements n'augmenteraient que de 8% tout au plus.
De l'avis du ministre du Développement économique et du Commerce, pour pouvoir venir à bout de ce déséquilibre structurel, on doit promouvoir le système d'appui des exportations et simplifier les procédures liées au remboursement de la taxe à la valeur ajoutée (T.V.A.) et à l'administration des douanes.