L'intérêt américain pour la sécurité nucléaire russe est un fait par lui-même réjouissant. On comprend que le problème de la dissémination de l'arme nucléaire et de ses composants sur la planète empêtrée aujourd'hui dans des réseaux terroristes ne peut être résolu que dans le contexte d'une coopération étroite des pays liés d'une façon ou d'une autre aux armements nucléaires ou à l'énergétique nucléaire.
On comprend également qu'aucune coopération, aucun partage des responsabilités ne décharge ces pays de leur devoir d'assurer leur propre sécurité nucléaire. Notons à cette occasion que la Russie qui est l'un des Etats nucléaires les plus puissants, est aujourd'hui un pays nucléaire entièrement sécurisé.
Ainsi que l'a déclaré le 3 août le ministre russe de la Défense Serguéi Ivanov, de toute l'histoire de l'URSS et de la Russie il n'y a pas eu une seule tentative de s'emparer d'une arme nucléaire sur le territoire du pays et il n'y a eu aucune attaque contre un site nucléaire. "Malheureusement, des bruits circulent dans le monde, selon lesquels les armements nucléaires russes sont mal gardés. C'est un mythe", a affirmé le ministre.
Le ministère de la Défense de la Russie est conscient de toute la responsabilité qu'il a de la sécurité des armes nucléaires, il perfectionne constamment leur protection en réponse à la tactique changeante des terroristes, a-t-il déclaré.
Le danger réside plutôt dans un autre domaine. Les déchets nucléaires provenant aussi bien des sites militaires que des centrales atomiques civiles sont plus attrayants pour les terroristes du monde entier. Ils peuvent servir à la fabrication de ce que l'on appelle la "bombe sale", mélange d'un explosif avec des déchets nucléaires. La "bombe sale" n'est pas une arme de destruction massive mais elle est capable de contaminer un territoire très vaste. De ce point de vue, les conséquences d'une telle explosion peuvent être comparées avec celles de la catastrophe de Tchernobyl.
Aucune tentative de sortir des déchets nucléaires du territoire de la Russie n'a été constatée. Ce que l'on ne peut pas dire de sa voisine du sud-ouest. Au cours d'une opération spéciale lancée au début d'avril dernier à Armiansk, en Crimée, le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) a arrêté un groupe qui cherchait à vendre deux conteneurs de césium 137, a fait savoir son centre de presse, ajoutant cependant que des cas pareils étaient "exceptionnels" et qu'ils étaient "neutralisés par la police ukrainienne sur son propre territoire".
Un autre problème qui a persisté jusqu'à ces derniers temps était le combustible nucléaire consommé dans les réacteurs de recherche construits dans des pays étrangers d'après des projets soviétiques. Pour des raisons économiques, il était difficile de le ramener et de le retraiter en Russie. Cependant, l'accord conclu récemment entre la Russie et les Etats-Unis, qui prévoit une aide financière au rapatriement du combustible nucléaire de 17 pays, permettra de mener ce processus à bonne fin vers 2009. Il en a été question, entre autres, au cours de la rencontre, fin juin, à Moscou entre le ministre russe des Affaires étrangères Serguéi Lavrov et le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique Mohamed El Baradei. Ce dernier s'est déclaré qu'il était "enthousiasmé par l'entente intervenue entre la Russie et les Etats-Unis" et qu'il avait l'intention d' "examiner sa réalisation".
Ainsi, la politique nationale efficace combinée avec des accords internationaux permet à la Russie d'être un pays nucléaire puissant et sécurisé.