Revue de la presse russe du 19 août

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MOSCOU, RIA Novosti

Vrémia novostéi

Le conflit en Ossétie du Sud, une réédition des erreurs des années 1990

Vladimir Poutine a dit que l'actuel conflit entre la Géorgie et l'Ossétie du Sud est une "réédition de ce qui s'est passé au cours des années 1990", autrement dit la tension apparue au lendemain de l'éclatement de l'Union Soviétique après que "la "Géorgie a subitement déclaré qu'elle mettait fin au statut autonome de l'Ossétie du Sud". "Cette décision idiote a déclenché des conflits ethniques", a fait remarquer Vladimir Poutine. En fait, écrit le quotidien "Vrémia novostéi", le président russe a donné à comprendre que l'actuel leader géorgien Mikhaïl Saakachvili est tombé en récidive de la politique de cette époque-là. Moscou estime que les ententes intervenues entre les parties au conflit "ne sont pas respectées par la faute de la partie géorgienne", a déclaré hier le premier vice-ministre russe des Affaires étrangères Valeri Lochtchinine, au cours de sa rencontre avec les ambassadeurs de l'Union européenne.

Tbilissi demande la convocation dans l'immédiat d'une conférence internationale sur le problème de l'Ossétie du Sud. Mais de l'avis du chef de la diplomatie russe Serguéi Lavrov, "les forums internationaux sont convoqués d'habitude lorsqu'on n'a aucun mécanisme de régler le problème ou lorsqu'il ne marche pas, comme c'est le cas de l'Irak". Cependant, dans le cas de l'Ossétie du Sud, "il existe une Commission de contrôle mixte et une force de paix", a souligné le ministre russe.

Vedomosti

La Russie et la Chine préparent un nouveau contrat de livraison de S-300 PMU

Ainsi que le quotidien "Vedomosti" l'a appris par le manager d'un holding militaro-industriel russe, la centrale russe Rosoboronexport et le ministère chinois de la Défense ont parafé, il y a plusieurs semaines, un contrat de livraison d'un important lot de batteries de missiles de DCA S-300 PMU. Le contrat doit être signé définitivement avant lafin de l'année courante. Aux termes de cet accord la Chine se ferait livrer quatre à huit divisions de batteries S-300. D'après le rédacteur de la revue "Moscow Defence Brief", Rouslan Poukhov, le montant du marché pourrait dans ce cas être de 450 à 900 millions de dollars. Rosoboronexport s'est abstenue de tout commentaire.

Un expert de l'Institut de l'Extrême-Orient de l'Académie des sciences de Russie, Vassili Kachine, a annoncé que les Chinois élaborent leur propre modèle analogue au S-300, la batterie HQ-9. Mais les parafes apposés au bas du contrat avec la Russie peuvent signifier "l'insuffisance de l'élaboration de HQ-9 ou l'inaptitude de l'industrie chinoise à produire des armements de DCA aussi sophistiqués".

Au cours des années 1990 la Russie avait fourni huit batteries S-300 à la Chine. Compte tenu des livraisons aux termes du contrat de 2002 qui ont été achevées le 5 août (effectuées au titre d'amortissement de la dette soviétique) et du nouveau contrat, la Chine pourrait avoir 16 à 20 divisions de tels armements. L'année dernière elle intervenait pour 39% dans les exportations d'armements russes (5,4 milliards de dollars).

Gazeta

"Gazprom" au centre d'un scandale

Un député de "Rodina", Youri Saveliev, a accusé Boris Fedorov, ancien ministre des Finances, fondateur et copropriétaire de la banque d'investissement OFG (pour "Groupe financier unifié") d'avoir vendu en fraude 6,5% des actions de "Gazprom" à des sociétés étrangères. Les soupçons émis par le parlementaire feront maintenant l'objet d'une enquête du ministère de l'Intérieur, du FSB et du Parquet général. Le scandale provoqué par le député a permis aux spéculateurs de tirer jusqu'à 200 millions de dollars de gain de la chute de l'action du groupe gazier.

"Tout le monde sait que l'affaire Ioukos a démarré par une interpellation d'un député", a fait remarquer l'expert de la compagnie d'investissement "Métropole", Maxime Zotov.

"Les actions de "Gazprom" constituent la base du marché des valeurs russes, elles sont toujours considérées comme des titres défensifs, comme les investissements les plus loyaux et les plus conservateurs", a souligné pour sa part le directeur général de la compagnie d'investissement "Antanta Kapital" Evgueni Kogan.

Depuis 1999 il est interdit aux investisseurs étrangers de posséder plus de 20% des actions de "Gazprom" et ils ne peuvent en acheter qu'avec l'autorisation du gouvernement. On pratique largement cependant la possession au noir de titres lorsque leur détenteur nominal est une organisation agréée en Russie tandis qu'en réalité ils appartiennent à une société étrangère. De l'avis des experts, avec ces schémas parallèles, la banque de Boris Fedorov aurait pu s'enrichir de 500 millions de dollars environ.

Rossiiskaïa gazeta

Alexéi Gordeïev : la récolte de blé sera suffisante cette année

Dans une interview au quotidien "Rossiiskaïa gazeta" le ministre de l'Agriculture Alexéi Gordeïev a annoncé que cette année la Russie aura assez de blé pour remplir ses silos et pour en exporter. Pour ce qui est des importations, elles seront, au besoin, traditionnelles : la Sibérie achèterait du blé au Kazakhstan et le Kamtchatka aux Etats-Unis et au Canada.

Parlant de la hausse du prix du pain, le ministre a souligné que depuis juillet il augmente moins vite que ne monte l'inflation. Le prix est "normalement optimal", encourageant les paysans à augmenter leur production de céréales. Le pain en Russie est cinq à six fois moins cher qu'en Occident, c'est pourquoi la tâche ne consiste pas à réduire son prix mais à diminuer le nombre des pauvres dans le pays. Pour eux le pain est presque l'unique aliment et son prix devient une question de vie ou de mort.

Vedomosti

Le ministère des Transports obligera les automobilistes d'utiliser les coussins de sécurité

Interdire en Russie la circulation des automobiles qui ne sont pas équipées de coussins de sécurité et de freins antiblocage (ABS). Tel est le plan qui est actuellement à l'étude au ministère des Transports. Les producteurs d'automobiles sont prêts à se conformer aux nouvelles exigences mais préviennent que le prix augmenterait de 200 à 400 dollars. Mais il y a aussi un autre problème : comment rééquiper les anciennes autos ?

D'après le ministère des Transports, seulement 0,3% du parc automobile du pays est équipé de freins anti-blocage et c'est seulement sur 25% des véhicules importées qu'on trouve un ABS.

Le directeur du centre de consultations scientifiques de l'Institut du transport automobiles, Leonid Rochal, dit que théoriquement des sécurités supplémentaires peuvent être installées sur n'importe quel véhicule. "Cela coûtera au propriétaire 200 à 500 dollars", à son avis. Cependant le personnel de stations services interrogé par le journal a refusé net même de discuter sur l'installation de coussins de sécurité et de freins ABS sur les automobiles pour lesquelles ils ne sont pas prévus à l'usine.

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