"Pour la Russie, cette mesure n'a été ni facile ni simple. Quoi qu'il en soit, nous l'avons fait exprès. J'espère que cela ne passera pas inaperçu pour nos partenaires", a indiqué le Président russe.
Et d'ajouter: "Nous l'avons fait en dépit des pertes tout à fait évidentes pour le budget russe à la première étape, mais si nous poursuivons dans cette voie à l'avenir également, nous gagnerons tous".
Le 5 août dernier, la Douma d'Etat (Chambre basse du Parlement russe) a adopté, d'un coup, en trois lectures, un projet de loi gouvernemental sur la suppression des dérogations sur le paiement de la taxe à la valeur ajoutée (T.V.A.) sur le pétrole et le gaz selon le pays de destination.
Comme l'a alors fait remarquer le vice-Premier ministre, Alexandre Joukov, si cette loi est adoptée, les pertes du budget russe à la première étape, et plus précisément en 2005, se monteraient à quelque 34 milliards de roubles (un dollars US s'échange aujourd'hui contre environ 29 roubles). "Néanmoins, la plupart de ces pertes seront couvertes grâce à l'augmentation des impôts sur l'extraction de pétrole et de gaz", a précisé le chef adjoint du gouvernement fédéral.
Selon Alexandre Joukov, les actuels prix élevés des hydrocarbures permettent d'augmenter quelque peu le fardeau fiscal sur cette branche précise et ce, sans que cela l'affecte sensiblement.
D'autre part, a indiqué le vice-Premier ministre russe, la suppression des dérogations sur le paiement de la T.V.A. va créer, en perspective, des possibilités tout à fait réelles pour élargir le commerce de la Russie sur les marchés de la Communauté des Etats indépendants (CEI) et, en premier lieu, sur les marchés de l'Ukraine, de la Biélorussie et du Kazakhstan.
Signée par Vladimir Poutine, la loi sur la perception des impôts indirects selon le pays de destination ne fait que confirmer, une fois de plus, la ferme intention de Moscou de progresser au-devant de nos partenaires, a déclaré devant les journalistes Sergueï Prikhodko, conseiller du chef de l'Etat russe.
"Et bien qu'à court terme, cette décision ne garantisse évidemment pas de priorité à la Russie, dans une longue perspective, nous nous attendons à des résultats solides grâce à l'augmentation des livraisons de pétrole et de gaz et à l'intensification de leur transport", a conclu le représentant du Kremlin.