Dans les deux à trois années à venir le monde connaîtra un surplus de production d'acier et cela entraînera une baisse des prix, a indiqué Alexandre Romanov.
Selon celui-ci, depuis quatre ans la production mondiale d'acier s'est accrue de 200 millions de tonnes pour atteindre un milliard de tonnes.
Les pays du Sud-Est de l'Asie, qui sont les principaux importateurs de produits métalliques, ont commencé à produire eux-mêmes de l'acier. L'expert pense que très prochainement la Chine sera à même de couvrir elle-même ses besoins en produits sidérurgiques. Cette production est en progression sensible en Inde également. Pour Alexandre Romanov, tout ceci va entraîner rapidement un dépassement de l'offre sur la demande avec pour corollaire une baisse des prix mondiaux des métaux.
Evoquant le marché russe des produits métallurgiques, Alexandre Romanov a fait remarquer qu'il était ouvert et concurrentiel. On y trouve présents les plus grands combinats russes (Severstal, MMK, Metchel) et aussi des producteurs ukrainiens, biélorusses et kazakhs ainsi que les plus grands consortiums mondiaux qui livrent leurs produits aux consommateurs russes.
C'est la raison pour laquelle le marché russe est concurrentiel et non pas monopoleur. Pour chaque type de production de cinq à dix grandes compagnies non affiliées sont en lice, a dit Alexandre Romanov.
Et puisqu'il y a concurrence, les prix qui sont pratiqués sont ceux du marché, a poursuivi l'expert. Il est difficile de parler d'une entente sur les prix parce que cette production (métallurgie) est à cycle continu. On ne saurait éteindre un four Martin sans risque de pertes considérables, a-t-il expliqué.
En outre, on trouve aussi sur le marché plusieurs centaines de compagnies indépendantesvendant des métaux. Elles s'approvisionnent auprès de très nombreux producteurs et ont pour clients un grand nombre de consommateurs. C'est pourquoi le milieu concurrentiel est bien réel, a conclu Alexandre Romanov.
L'expert est opposé à une réglementation publique des prix dans ce secteur par des méthodes administratives. Si l'on insère les producteurs dans une fourchette des prix, alors il faut y insérer aussi ceux qui leur achètent la matière première. Si l'on commence à réglementer, alors il faudra mettre en place un appareil bureaucratique plusieurs fois plus important que celui qui existe présentement, estime Alexandre Romanov.