Vrémia novostéi
Les politologues analysent les cent jours du deuxième mandat présidentiel de Poutine
Cent jours se sont écoulés samedi dernier depuis la cérémonie d'investiture en mai dernier du président Vladimir Poutine pour son deuxième, et dernier selon la Constitution en vigueur, mandat présidentiel. Les politologues russes réunis à cette occasion à une conférence de presse spéciale ont échangé de vues sur le deuxième mandat du président et sur les perspectives politiques du chef de l'Etat. Les analystes ne sont pas parvenus à s'accorder, écrit le quotidien "Vrémia novostéi".
Le directeur de la fondation "Politika" Viatcheslav Nikonov a déclaré avec optimisme que "le bilan des premiers cent jours est positif". L'expert a fait l'éloge du président pour la modernisation de l'économie qu'il avait commencée, pour les "éléments du marché dans la sphère sociale" et pour la réforme sérieuse de la bureaucratie russe.
Le directeur de l'Institut des problèmes de la mondialisation Mikhaïl Deliaguine a, au contraire, critiqué l'activité du chef de l'Etat, en comparant la réforme administrative avec un coup de hache qui "a laissé depuis mars le gouvernement dans un état de paralysie".
De l'avis du directeur adjoint du Centre des technologies politiques Boris Makarenko, le modèle poutinien est fermé à toute information négative venant d'en bas, c'est pourquoi le gouvernement et le président ne réagissent pas au mécontentement général provoqué dans la société par des choses comme la monétisation des avantages sociaux ou l'affaire Ioukous.
Les experts, presque unanimes, ont déclaré que la carrière politique de Poutine ne s'achèvera pas après 2008. Selon les hypothèses formulées, il resterait leader informel du pays ou bien occuperait un poste d'importance, celui de ministre ou de premier ministre, ou bien resterait président pendant encore au moins quatre ans.
Nezavissimaïa gazeta
Konstantin Kossatchev : les perspectives d'un règlement pacifique en Ossétie du Sud
Dans une interview à "Nezavissimaïa gazeta" le président du Comité des affaires internationales de la Douma, Konstantin Kossatchev, a annoncé que la Russie a un plan de normalisation de la situation en Ossétie du Sud, établi en 1992.
C'est alors qu'a été proposée la formule de désengagement des parties. Ce plan a démontré son bien-fondé : le sang n'a pas coulé depuis ces douze dernières années dans la zone du conflit. "Le plan russe, ainsi que je le conçois, en sa version débattue et soutenue à la Douma, consiste à maintenir le mécanisme de 1992 par toutes les forces et par tous les moyens, y compris par une démonstration énergique de leur position".
Au sujet de l'apparition éventuelle de forces d'un ou de plusieurs pays de l'OTAN dans la zone du conflit, Konstantin Kossatchev a dit que la Russie saluerait tous les efforts favorisant la réalisation du plan 1992. Si par exemple les Etats-Unis agissent en ce sens, ils seront naturellement le partenaire le plus désirable. Mais s'ils se mettent à renforcer leur propre influence dans la région partant de leurs propres intérêts, ce sera une autre chose. Pour le moment la Russie n'a pas eu l'occasion de constater sûrement le caractère des intentions des Etats-Unis.
L'évolution de la situation en Ossétie du Sud dépend, selon Konstantin Kossatchev, du choix des plus hautes autorités géorgiennes.
"A l'heure actuelle ce n'est pas la raison mais les émotions qui l'emportent, l'euphorie consécutive au règlement heureux de la crise en Adjarie et l'illusion que les problèmes de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie pourront être réglés de la même façon", a déclaré le président du Comité des affaires internationales de la Douma russe.
Vedomosti
Toyota s'installe sur le marché russe
Le groupe Toyota, deuxième producteur mondial d'automobiles, envisage de lancer en Russie l'assemblage autonome de voitures Corolla et Camryen 2008, annonce le quotidien "Vedomosti". Il n'a pas encore choisi où il construira la nouvelle usine, dans la région de Moscou ou dans celle de Nijni-Novgorod. Les experts estiment que Toyota a déjà un plan stratégique d'installation en Russie.
La future usine qui coûtera 100 millions de dollars environ produira quinze milliers de voitures par an. Les formalités doivent être achevées cette année mais l'emplacement de l'entreprise est encore inconnu.
"Des négociations se poursuivent avec le gouvernement sur les garanties et les avantages qui pourront être accordés au partenaire nippon", explique un porte-parole d'une usine automobile russe. Les experts doutent que le rendement de l'usine d'assemblage de Toyota puisse être limité à 15 000 voitures par an. "Il n'y a pas de raison de construire une usine pour une telle quantité de voitures". Cela semble être le chiffre pour la période de lancement qui sera ensuite porté à 100 000".
Le représentant d'Avto-VAZ estime que l'arrivée de Toyota en Russie est une bonne nouvelle pour toute l'industrie automobile car les grands producteurs étrangers viennent généralement avec des producteurs de pièces également étrangers.
Nezavissimaïa gazeta
Le nucléaire civil a un grand avenir
Sur l'initiative de l'Institut Kourtchatov (Russie) et du Laboratoire national de Sandia (Etats-Unis) les responsables des sept plus grands laboratoires américains et des onze plus importants laboratoires russes se sont rencontrés à Washington. La rencontre a abouti à la création d'une alliance nucléo-énergétique inédite dont la direction est assumée par l'académicien Evgueni Velikhov, président de l'Institut Kourtchatov, et Paul Robinson, directeur du Laboratoire de Sandia, informe la "Nezavissimaïa gazeta".
L'alliance a pour vocation à convaincre les gouvernements et les parlements des deux pays de faire élaborer plus activement des réacteurs nucléaires et des technologies énergétiques. De l'avis des experts, en 2050 l'humanité consommera trois fois plus d'énergie et si ce sont toujours les centrales alimentées en charbon qui restent les principaux fournisseurs d'électricité, un collapsus aggravé par une pollution inouïe de l'atmosphère attend l'humanité. Les scientifiques prédisent que 40% des besoins mondiaux en énergie seront satisfaits par les centrales nucléaires en 2050.
Kommersant
La 500e médaille d'or olympique russe
Le tireur Alexéi Alipov a remporté la première médaille d'or russe aux Jeux d'Athènes en totalisant en finale des épreuves de tirs dans la fosse olympique 149 points sur 150 (nouveau record olympique). C'est la 500e médaille d'or russe depuis la participation de la Russie, de l'URSS et de la CEI aux J.O.
Après les épreuves le sportif a été interviewé par le correspondant du "Kommersant". Il se trouve qu'Alipov ne savait même pas que c'était la 500e médaille d'or pour la Russie. "J'ignore également le prix auquel j'ai droit. Je n'y ai pas pensé. J'ai chassé toutes les pensées inutiles. Elles m'empêchent pendant les compétitions".
A la question de savoir si la défaite de ses coéquipiers a un effet sur son état psychologique, Alexéi Alipov a fait remarquer : "J'ai tâché de m'abstraire. J'ai travaillé pour moi-même. Peut-être mes amis m'ont-ils aidé. J'ai reçu une foule de SMS. J'étais d'attaque comme jamais. En principe, je voulais une médaille tout court. Mais après la première journée qui a été exceptionnellement heureuse pour moi, j'ai décidé de lutter pour l'or".