On lit dans un communiqué de l'agence parvenu ce jeudi à RIA Novosti que la note reste sur la liste de Creditwatch prévisions négatives où elle a été inscrite le 27 avril 2004 après l'annonce d'une éventuelle défaillance sur un crédit syndiqué de 1 milliard de dollars.
Le 11 août 2004, Ioukos a annoncé la réception d'un avis de défaillance sur un crédit accordé à hauteur de 1,6 milliard de dollars pour le compte du principal actionnaire de la société, le groupe Menatep. En juillet, un avis analogue avait été reçu pour un crédit bancaire syndiqué de 1 milliard de dollars.
"Les avis de défaillance permettrent aux créanciers de profiter de la couverture pour rembourser graduellement les crédits avec les recettes des exportations. Notre définition de la défaillance sous-entend le fait de paiement non effectué. Tel n'a encore pas été le cas de Ioukos", a déclaré l'analyste de S&P Elena Anankina.
Néanmoins la note CC traduit un risque élevé de défaillance prochaine de la société. S&P se dit préoccupée par la menace d'une crise de liquidité consécutive au blocage des comptes bancaires de Ioukos en Russie, aux griefs fiscaux croissants, aux possibilités juridiques limitées de vendre des actifs pour payer les dettes et à l'éventuelle demande des créanciers d'éteindre sans tarder toute la dette financière.
L'agence a du mal à pronostiquer les perspectives de l'extinction de la dette financière à hauteur de 2,6 milliards de dollars après une défaillance éventuelle.
"Standard and Poor's suivra attentivement l'affaire pour savoir si les organes du pouvoir d'Etat (ou la société elle-même) décideront de mettre en route les procédures de mise en faillite, si les actions de l'Etat obligeront la société de déposer son bilan ou de vendre les actifs clés générateurs de ses flux d'argents, si un accord à l'amiable sera conclu ou si la société sera autorisée à vendre ses actifs pour éteindre ses dettes fiscales et financières", a dit Elena Anankina. "Nous suivrons également l'affaire pour savoir si les créanciers annonceront la mise en faillite pour la forme ou si la société pourra, du point de vue juridique, continuer à servir sa dette et à remplir ses engagements aux termes des contrats d'exportations servant de couverture", a-t-elle ajouté.