"Si ce cas de force majeure survient, il y aura une chute considérable aussi bien des exportations que de la production", a-t-il dit.
Il a souligné cependant que si Ioukos n'est pas obligé d'arrêter l'extraction de brut, l'année en cours sera marquée par une croissance de la production de pétrole et l'année prochaine sera celle de la "stabilisation de la production".
Serguéi Oganessian estime qu'à partir de ce mercredi Ioukos n'est pas en mesure de payer le transport de pétrole.
"Aujourd'hui tous ses comptes sont bloqués et la société n'a pas moyen de prépayer le transport de son produit", a déclaré à RIA Novosti le directeur de l'Agence fédérale de l'énergie.
Jusqu'aujourd'hui l'argent destiné à payer le transport de brut se trouvait sur des comptes du Comité aux Douanes, des Chemins de fer et de la société "Transneft".
"Notre objectif, aujourd'hui, est de ne pas permettre que la production de pétrole soit arrêtée", a souligné Serguéi Oganessian.
Interrogé sur les négociations entre la société et le gouvernement, il a répondu : "Je ne sais pas s'il y a des négociations entre Ioukos et le gouvernement. Il est possible que des consultations soient en cours mais j'ignore leur objet".
Le ministère de l'Industrie et de l'Energie a demandé au gouvernement de débloquer provisoirement les comptes de Ioukos pour que la société puisse fonctionner en régime normal au moins jusqu'à la fin du mois, a-t-il affirmé.
"Une entreprise ne peut pas exister, si son activité n'est pas financée. Si c'est une entreprise qui produit du pétrole, elle ne pourra pas payer les droits de douane, le transport de brut, l'achat des équipements nécessaires au fonctionnement des puits, ce qui la conduira à mettre à l'arrêt ses puits de production", a dit Serguéi Oganessian.
L'Agence fédérale de l'énergie en a averti, a-t-il dit, le ministère de l'Industrie et de l'Energie "qui, à son tour, a signalé au gouvernement que toutes les actions qui seraient prises (relativement à Ioukos) devraient être décidées dans le souci de ne pas permettre l'arrêt des puits de production", a ajouté Serguéi Oganessian.
Il estime aussi que si les actifs de Ioukos sont mis en vente à un prix équitable, seuls des sociétés étrangères pourront se permettre d'en acheter.
"Le prix étant objectif et le concours honnête et transparent, il n'y a que des investisseurs étrangers qui pourront acheter les actifs de Ioukos", a-t-il déclaré.
Les actifs bloqués seront mis en vente par la Fondation du patrimoine fédéral qui est un organisme spécialisé dans la vente des paquets d'actions et d'autres biens, dont des biens confisqués ou saisis par décision judiciaire.
Le porte-parole officiel de cette Agence, Vladimir Zelentsov, a expliqué à RIA Novosti que les actifs de Ioukos et concrètement le paquet d'actions bloqué de Iouganskneftegaz, qui est sa principale entreprise de production, pourraient être vendus aux enchères ou au premier preneur.
"Comment le bien saisi sera vendu et à quel prix, ce sont les huissiers qui le détermineront", a dit Vladimir Zelentsov. "Si on nous dit de le mettre aux enchères, il sera vendu aux enchères. Si c'est au premier preneur, il sera cédé au premier vendeur", a-t-il ajouté.
La préparation de la mise en vente demandera un mois et peut-être davantage, à ses dires.
Le ministère de la Justice n'a pas encore nommé le commissaire priseur. La prisée demandera du temps. Lorsqu'elle sera effectuée, le débiteur devra être informé de la valeur attribuée à son bien. Il aura dix jours pour faire opposition et alors la prisée sera refaite par un autre commissaire priseur, a expliqué le représentant de la Fondation du patrimoine fédéral.
C'est seulement lorsque le commissaire priseur aura émis son avis et le débiteur aura accepté la valeur attribuée à son bien que ce dernier pourra être mis en vente", a précisé Vladimir Zelentzov.