Revue de la presse russe du 5 août

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MOSCOU, RIA Novosti

Rossiiskaïa gazeta

Ayant achevé ces jours-ci un long voyage à travers la Russie, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Alvaro Gil-Robles, a conseillé aux Russes de prendre sans plus tarder conscience qu'ils sont Européens eux aussi. Le quotidien "Rossiiskaïa gazeta" consacre un commentaire aux résultats de ce voyage.

En quinze jours le commissaire européen a parcouru vingt mille kilomètres et rencontré les représentants de plus de cent organisations, des hommes politiques, des journalistes, des dignitaires religieux. A la fin du voyage, il a fait part de ses impressions et a commencé son récit en comparant la Russie avec un train qui s'en va au loin à toute vitesse. Dans ce train, chacun cherche sa place mais presque personne ne se rend compte de la vitesse. Un étranger qui vient en Russie, c'est le mouvement qu'il constate en premier lieu, écrit le journal.

Les gens en Russie pensent, actuellement, davantage à la protection de leur statut économique et aux réformes sociales qu'au renforcement de la démocratie, de l'avis du commissaire européen. Alvaro Gil-Robles trouve que la structure étatique la plus ouverte est celle des militaires car ils lui ont fourni toutes les informations qui l'intéressaient. Le commissaire a fait remarquer qu'il rêvait de voir la même transparence dans d'autres pays.

A son avis, l'idée qu'on a de la Russie est celle d'un Moscou relativement aisé et entouré d'une steppe sans vie où il n'y a que la misère. "L'opinion que l'Occident s'est faite sur la Russie doit changer. Les pays européens ont pris du retard dans leur compréhension de la réalité russe. La Russie, pour sa part, doit surmonter son complexe d'infériorité et prendre enfin conscience de cette simple vérité qu'"elle est aussi l'Europe".

Vedomosti

Le quotidien "Vedomosti" publie les points de vue de différents experts russes sur les déclarations tranchantes du président géorgien Mikhaïl Saakachvili qui a menacé de couler les bateaux qui amènent des estivants de Russie à Soukhoumi, capitale de l'Abkhazie. Le ministre de la Défense Serguéi Ivanov a qualifié les menaces du leader géorgien de "piraterie", informe le journal.

L'expert naval Mikhaïl Barabanov explique que la Géorgie a le droit de protéger sa frontière maritime mais la Russie est elle aussi en droit de considérer les attaques lancées contre ses bateaux civils par la marine géorgienne comme un acte de guerre et de prendre des mesures adéquates.

Le président du comité des affaires internationales du Conseil de la Fédération, Mikhaïl Marguelov, espère que les déclarations géorgiennes ne seront pas suivies des faits parce qu'"aucun homme politique de bon sens ne saurait imaginer qu'aujourd'hui un pays membre de la CEI puisse commettre un acte de guerre contre un autre pays membre de la CEI". De telles déclarations sont " très déplorables " de l'avis de Mikhaïl Marguelov et nullement favorables au développement des relations russo-géorgiennes.

De l'avis du président de l'Institut de la stratégie nationale, Stanislav Belkovski, les déclarations bellicistes de Saakachvili ont été faites en premier pour maintenir sa cote de popularité en Géorgie. Il est fort peu probable qu'elles puissent être suivies d'actions de force réelles.

Vrémia novostéi

La rencontre d'hier entre le ministre russe du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, et le ministre chinois du Commerce, Bo Xilai, a démontré que le plus important dans les relations entre les deux pays est le pétrole. Au nom de l'"or noir" le voisin oriental, habituellement dur, est prêt à faire des concessions considérables, constate le quotidien "Vrémia novostéi".

Ainsi que le reconnaissent les négociateurs russes, Pékin est l'un des opposants les plus sérieux de Moscou aux négociations sur l'adhésion de la Russie à l'OMC, écrit le journal. L'humeur conciliatrice du ministre chinois s'explique par le faitque les deux parties ont convenu de revenir dès cet automne à l'examen du projet de construction d'un oléoduc russe avec une déviation sur Daqing (Chine). Bien que le projet ne puisse être achevé avant 2020, aucune des deux parties ne doute que c'est une question essentiellement politique. L'industrie chinoise qui se développe à un rythme impétueux a besoin du pétrole russe comme de l'air.

Nezavissimaïa gazeta

Le 4 août l'Agence pour la gestion du patrimoine fédéral a annoncé que les 7,59% des actions de Lukoil qui seront mis aux enchères ne pourront pas être cédés pour moins de 36,758 milliards de roubles (1,25 milliard de dollars). Les analystes soulignent que la somme annoncée est nettement inférieure au coût du paquet d'actions que l'Etat possède dans cette société pétrolière : il est estimé à 1,75 milliard de dollars.

Les experts sont enclins à penser que ce prix a été fixé par un commissaire priseur indépendant et refusent de comprendre la raison qui l'a poussé à donner un prix aussi bas aux actions de Lukoil. Probablement, 36,758 milliards de roubles sont le prix minimum et le gouvernement espère qu'il augmentera sensiblement au cours des enchères, note le journal.

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