"Le relèvement de l'impôt sur la production de matières premières, le deuxième depuis le début de l'année, se répercutera de la manière la plus négative sur le développement du secteur dans son ensemble", lit-on dans un communiqué de l'Union.
Le 1er janvier 2004 l'impôt sur la production de matières brutes a été relevé de 2,5 fois. Une nouvelle hausse - de 26% - est attendue au début de 2005, l'impôt devra passera de 107 roubles actuellement à 135 roubles les mille mètres cubes (1 dollar vaut près de 29 roubles).
Selon les estimations des experts de l'Union des producteurs indépendants de gaz, le relèvement de 26% de l'impôt réduira de moitié les investissements dans la production. "Cela signifiera que les entreprises ne faisant pas partie de Gazprom et livrant du gaz uniquement sur le marché intérieur devront renoncer à leurs plans d'augmenter la production et d'augmenter les livraisons d'après les prix de gros réglementés", estime-t-on à l'Union des producteurs indépendants de gaz.
A ce jour, les sociétés indépendantes assurent 22% du marché du gaz à l'intérieur de la Russie, livrant du gaz à des prix réglementés dans les régions de Tioumen, de Kourgan et de Sverdlovsk.
Les experts de l'Union des producteurs indépendants estiment que suite au relèvement de l'impôt sur la production de matières premières, la mise en oeuvre de la Stratégie énergétique de Russie jusqu'à 2020 sera mise en cause. Aux termes de ce document, pratiquement la totalité de l'accroissement de la production nationale doit être assuré grâce aux activités des producteurs indépendants.
Selon les calculs de l'Union des producteurs indépendants de gaz, pour compenser la baisse des revenus des entreprises de production, la hausse du prix de gros de gaz doit être de 24,5% au moins au lieu des 22% proposés par le gouvernement.
"L'Union des producteurs indépendants de gaz estime qu'il serait risqué de rendre la stabilité du développement d'une branche d'importance stratégique dépendante du montant des revenus budgétaires à compenser. Sur le plan économique, il serait plus avantageux de concentrer les efforts sur l'élaboration d'un programme de développement de la branche et sur sa réforme et de ne pas se limiter à des mesures fiscales uniquement, qui sont grosses de conséquences négatives pour l'ensemble de la communauté gazière russe", lit-on dans le communiqué de presse.
Précédemment, Alexandre Riazanov, vice-président de Gazprom, s'était prononcé contre l'augmentation de la pression fiscale sur les compagnies de production.
Si la charge fiscale est augmentée, Gazprom demandera d'augmenter de 5% encore le plafond de la hausse des tarifs en 2005 (pour la prochaine année, l'accroissement des tarifs du gaz est prévu à hauteur de 20%).