Saint-Pétersbourg met le cap sur les normes européennes de vie

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MOSCOU, par le commentateur de RIA-Novosti Anatoli Korolev. Le Plan directeur de développement de Saint-Pétersbourg, qui a coûté huit ans d'intenses efforts intellectuels, est enfin établi. Dans l'immédiat, il revêtira la forme d'une loi. La possibilité a enfin apparu d'entrevoir l'avenir de la ville, telle qu'elle sera, disons, avant 2015.

Le sort de la ville n'est pas des plus simples.

Créée par la volonté tyrannique de Pierre le Grand, la ville n'a jamais pris au sérieux les besoins de ses habitants. La plus grande des villes du Nord russe, Saint-Pétersbourg a été édifié exclusivement dans l'intérêt de l'Etat.

Depuis trois cents ans, la ville existe dans un milieu naturel agressif et dans un contexte social tendu. Résultat, la grande ville sur les rives de la Néva capricieuse est devenue otage des ambitions impériales de la Russie, un établissement militaire sur le littoral d'une mer et une ville plus prête à la guerre qu'à la vie.

Après la chute des empires russe et soviétique la ville du rêve impérial a notablement périclité. 40% au moins de ses habitants ont besoin d'assistance sociale. L'écologie de la Néva et de ses affluents, du golfe de Finlande, l'état des infrastructures municipales usées sont considérés comme catastrophiques ou peu s'en faut.

Mais, on le sait, c'est dans les cerveaux que commence la ruine.

Et, pour nettoyer ses écuries d'Augias, Saint-Pétersbourg mise surtout sur l'amélioration de la qualité de la pensée.

L'idée d'une ville européenne ouverte s'est trouvée à la base du Plan directeur. Celle-ci prévoit l'abandon des standards bas de milieu urbain, en vigueur en Russie, en faveur des normes européennes de vie. Cela doit permettre d'arrêter la multiplication insensée du mauvais et d'éviter la répétition des erreurs urbanistes.

L'ouverture suppose la volonté réelle de la ville de créer les conditions les plus favorables au fonctionnement des organes fédéraux du pouvoir, aux missions étrangères et au business en pleine expansion. Il faut rompre le cadre étroit du provincialisme pour permettre à Saint-Pétersbourg de devenir une ville de manifestations nationales et internationales, une ville de projets globaux, et une ville du tourisme.

En un mot, le temps est venu de restituer à Saint-Pétersbourg son lustre exquis de capitale culturelle.

Les contradictions actuelles entre la ville industrielle et la ville de la pensée doivent être effacées résolument, estiment les urbanistes. La priorité sera accordée à un avenir intellectuel. En ce sens, Saint-Pétersbourg est appelé à devenir un Harvard russe. Aux termes du Plan, la ville verra s'accroître le nombre d'établissements d'études. Les instituts de type nouveau, un réseau de technopoles et de laboratoires d'innovation, qui se développeront dans la banlieue, ne seront plus limités par l'étroitesse du centre ville.

Un accent particulier sera mis sur la santé publique. Quatre cités médicales : l'Hôpital Metchnikov, l'Académie de médecine militaire, la Première Ecole de médecine et l'Ensemble des établissements de l'Académie de médecine de la Fédération de Russie feront leur apparition à Pessotchny, un quartier suburbain.

La conception du tourisme changera en parallèle. Le tourisme d'antan, individuel, à l'intérieur de la zone des palais protégés sera complété d'un tourisme de masse et sportif. Il est prévu de faire de la ville un lieu d'olympiades internationales. Des installations sportives de grande classe seront construites : notamment, le Centre des sports hippiques avec un hippodrome, non loin de Pouchkine, et des Centres de la Voile et du Canot motorisé, sur le littoral du Golfe de la Finlande.

A l'exemple de Moscou et de son Anneau d'or, on créera un Anneau d'argent qui reliera les cités historiques, certaines encore à restaurer, de Yamm, de Koporié, de Novgorod-la-Grande, la réserve de la Svir, le centre religieux Tikhvine, Staraïa-Ladoga, la mystérieuse Korela, Vybord le laïc et leValaam le monastique.

Partout, on construira non seulement des hôtels de catégorie supérieure mais aussi des motels, des campings et de petits hôtels pensions pour plusieurs familles.

D'après le Plan, le centre ville sera conservé. Le profil historique des quais légendaires, la vue magique des places du Palais, du Sénat et des Champs de Mars et la beauté de la Perspective Nevski resteront inchangés mais, pour la première fois, dans le but de les préserver et restaurer, on recourra largement à des fonds privés à des conditions mutuellement avantageuses. Certains palais pourraient bien redevenir propriété privée.

Enfin, le Plan directeur annule pour jamais l'ancienne concentration de la vie d'affaires, culturelle et commerciale le long du rayon de la Perspective Nevski et propose un développement radical du système polycentrique. Désormais, les bâtiments de prestige seront édifiés sur plusieurs lignes à la fois, le long de la Néva et des cours de l'embouchure du fleuve.

La ville aura de toutes nouvelles zones d'affaires, sur le littoral du Golfe de Finlande et, là où s'arrête la route Volkhonskoïé, il y aura un nouveau Saint-Pétersbourg, une ville d'importance fédérale et internationale. Cette nouvelle ville réunira en un seul ensemble de palais et de parcs quatre chefs d'oeuvre architecturaux : Pétrodvorets, Strelna, avec sa résidence présidentielle, Tsarskoïé-Sélo (Pouchkine) et Poulkovo.

De la ville des pierres, Saint-Pétersbourg se transforme en une ville de la verdure et de l'eau.

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