De l'avis de Dmitri Loukachov, de la compagnie d'investissement Aton, les recettes supplémentaires suite à la modification du système d'imposition se chiffreront avant la fin de l'année à 1,6 milliard de dollars.
"A un prix supérieur aux 25 dollars le baril, les revenus supplémentaires se monteront à 1,6 milliard", estime l'expert.
A son avis, le baril d'Urals sera ramené d'ici la fin de l'année à 31 dollars.
Maxime Chéine, chef du département d'analyses de Brokercreditservice, estime que le baril d'Urals coûtera entre 27 et 28 dollars.
"Selon des calculs, l'échelle modifiée des taxes à l'exportation apportera au budget 2,5 milliards de dollars avant la fin de l'année, à condition que le prix du pétrole soit supérieur aux 25 dollars le baril, et il en sera de toute évidence ainsi", a dit Chéine.
"Avec les prix courants du pétrole, les recettes supplémentaires au budget pourraient se monter à près de 2,5 milliards de dollars avant la fin de l'année", estime Dmitri Manguilev, de la compagnie d'investissement Prospekt.
Il pense qu'ici la fin de l'année, le prix du baril d'Urals pourrait baisser jusqu'à 32 dollars.
Les experts misent sur des revenus supplémentaires quels que soient les prix pondérés d'Urals.
A partir du 1er août, la taxe à l'exportation pour le brut augmente en Fédération de Russie de 28,3 dollars, passant des 41,6 dollars la tonne prélevés ces deux derniers mois à 69,9 dollars. La taxe à l'exportation pour les dérivés est établie à 45 dollars la tonne contre 37,5.
Le relèvement record des taxes à l'exportation (le changement le plus important l'an dernier n'a pas dépassé 10 dollars) est lié à la modification de leur échelle.
En mars, le ministère du Développement économique et du Commerce et le ministère des Finances proposaient d'augmenter la charge fiscale sur le secteur pétrolier compte tenu de la hausse rapide des cours mondiaux du brut, pour compenser les pertes occasionnées par la baisse de l'Impôt social unique. Selon les estimations de ces deux ministères, le changement d'imposition apportera, dans le contexte des prix élevés du pétrole - au-delà de 30 dollars le baril - plus de 3 milliards de dollars de revenus supplémentaires au budget.
L'échelle précédente des taxes à l'exportation prévoyait une imposition à hauteur de 35% de la différence entre le prix réel du pétrole et les 25 dollars, à un prix du baril entre 15 et 25 dollars, et à hauteur de 40% de la différence entre le prix réel et les 40 dollars, à un prix du baril supérieur aux 25 dollars.
De nouveaux intervalles ont été intégrés dans la nouvelle échelle : de 15 à 20 dollars, de 20 à 25 dollars, et de plus de 25 dollars. Le taux à un prix supérieur aux 25 dollars le baril est établi à hauteur de 65% de la différence entre le prix en vigueur et la barre des 25 dollars.
Parallèlement, la taxe à l'exportation pour les dérivés du pétrole a été relevée. Dans le cadre de l'ancien système d'imposition, elle était calculée à hauteur de 90% de la taxe pour le brut. Dans le nouveau système, ce rapport a été établi à hauteur de 65% de la taxe pour le pétrole, ce qui a donné un relèvement moins important, de 7,5 dollars seulement. Cela a été accompli dans le but de stabiliser les prix sur le marché intérieur des dérivés.
Actuellement, le ministère du Développement économique et du Commerce débat avec les administrations concernées et les grosses compagnies pétrolières d'un nouveau mécanisme d'établissements des taxes pour les dérivés du pétrole. "Il convient d'élaborer les règles du jeu pour une perspective éloignée ", dit le ministre, Guerman Gref.
L'établissement des "taxes longues" pour les produits pétroliers permettra aux compagnies pétrolières d'investir plus dans le raffinage.