La décision de former le Groupe de travail pour l'adhésion de la Libye à l'Organisation mondiale du Commerce a été adopté par consensus au cours d'une réunion du Conseil général de l'OMC qui a commencé ce mardi à Genève pour se poursuivre jusqu'à vendredi prochain.
C'est encore en 2001 que la Libye avait soumis sa demande d'adhésion à l'Organisation mondiale du Commerce, mais, à chaque fois, les Etats-Unis et les autres pays d'Occident, accusant le Président libyen - Mouamar Kaddafi - d'appui du terrorisme international, avaient bloqué la décision sur le début des négociations.
La demande de l'Iran, soumise, elle aussi, pour la première fois en 2001, a cette fois encore été rejetée à l'initiative des Etats-Unis.
Quoi qu'il en soit, la création du Groupe de travail n'est qu'un tout premier pas dans la voie de l'Organisation mondiale du Commerce. Aussi, aucun des négociateurs ne risquera-t-il sans doute de pronostiquer combien d'années passeront avant que la Libye adhère finalement à l'Organisation mondiale du Commerce. Ainsi, le Groupe de travail pour l'adhésion de la Fédération de Russie à l'OMC avait été formé encore en 1993. Néanmoins, les négociations se poursuivent toujours, et, selon le ministère russe du Développement économique et du Commerce, il est fort peu probable que ces négociations s'achèvent avant la fin de l'année prochaine - 2005.
Pourtant, l'actuelle réunion du Conseil général de l'OMC aura sans doute pour son thème principal l'examen d'un accord-cadre, préparé par le Secrétariat de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), document dont l'objectif est de renouveler les négociations sur la libéralisation du commerce mondial qui avaient commencé en 2001 à Doha - la capitale du Qatar. Si tout se passe comme prévu, les plénipotentiaires des 147 Etats-membres de l'Organisation mondiale du Commerce entameront l'examen de cette question précise mercredi prochain.
Le fameux Doha-tour que l'on prévoit d'achever d'ici la fin de 2005 s'est pratiquement fourvoyé dans l'impasse à l'issue de l'échec de la cinquième conférence ministérielle de l'Organisation mondiale du Commerce en septembre 2003 à Cancun, au Mexique.
La direction de l'OMC en la personne de son directeur général a plus d'une fois exhorté les pays-membres à faire preuve de davantage de réalisme et à conclure un accord de "compromis" et ce, pour du moins poursuivre les négociations dans le cadre du Doha-tour.
Il reste toujours une pierre d'achoppement dans les négociations entre les Etats industrialisés et les pays en voie de développement, et plus précisément, l'ordre de la réduction des taxes et des subventions dans le secteur agricole, ainsi que le soutien des producteurs de coton.
A l'avis des observateurs, les Etats industrialisés auront, eux aussi, pas mal de difficultés pour y arriver à un consensus. La France a, par exemple, appelé l'Union européenne (UE) à ne pas signer ledit document, en le qualifiant de "non équilibré". De leur côté, les Etats-Unis ont accusé la France d'empêcher le sauvetage du Doha-tour.
La délégation russe participe, à titre d'observateur, à l'actuelle réunion du Conseil général de l'Organisation mondiale du Commerce à Genève.