Ces derniers temps la situation autour de l'Ossétie du Sud ne cesse de s'aggraver. Tout récemment le président géorgien a fait une déclaration dénonçant pratiquement les accords intervenus le 15 juillet à Moscou au cours de la réunion de la Commission mixte de contrôle (CMC). Selon Mikhaïl Saakachvili, la partie géorgienne n'entend retirer de la zone du conflit ni ses postes de contrôle, ni ses troupes de l'intérieur.
Cependant, Mikhaïl Saakachvili ne s'est pas arrêté là. Prenant la parole au cours de la première réunion du Soviet suprême de l'Autonomie adjarienne à Batoumi, il a déclaré qu'il dénoncerait les accords sur l'Ossétie du Sud signés par Edouard Chevardnadze si le drapeau géorgien n'était pas hissé sur le territoire du district de Tskhinvali.
Dans une interview exclusive accordée au commentateur de RIA Novosti, le chef du service des relations internationales de l'Institut d'analyse politique et militaire, Sergueï Markedonov, a déclaré ce qui était primordial maintenant c'était d'obtenir des dirigeants géorgiens qu'ils sortent du cadre dans lequel ils se sont enfermés pour intégrer un nouveau champ. Mais dans le cas présent rien ne dit que ce champ sera préférable au cadre précédent. Car au cours des recherches le moindre faux pas pourrait entraîner dans un précipice. L'expert pense que dans cette situation la Russie doit peser de tout son poids pour faire respecter les ententes.
De l'avis de Sergueï Kazionnov, chef du Secteur de géopolitique de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales relevant de l'Académie des sciences de Russie, Mikhaïl Saakachvili simplifie beaucoup la situation. A la différence de la crise du pouvoir en Adjarie, le conflit en Abkhazie revêt un caractère ethnique. En outre, Sergueï Kazionnov pense que le président géorgien est de ces politiques extrêmes qui accomplissent des révolutions et des coups d'Etat mais qui ne sont pas assez suffisamment patients pour se pénétrer de la situation. Mais la réalité, c'est que la tragique expérience du début des années 1990 est encore trop présente pour qu'une coopération quelconque puisse s'établir entre les autorités sud-ossètes et géorgiennes. Et elle ne sera pas surmontée tant que la politique de génocide appliquée à l'égard des Ossètes ne sera pas condamnée par les nouveaux dirigeants de la Géorgie. Or, ceux-ci n'entendent pas du tout renoncer au legs historique de Gamzakhourdia-Chevardnadze: violation du droit des peuples à l'autodétermination, siège militaire de villes pacifiques, massacres de civils, dit Valéri Kadokhov, membre du Conseil de la Fédération pour le parlement de la République d'Ossétie du Nord-Alania, en commentant la situation.
Premièrement, toute une génération de jeunes gens a grandi et elle ignore ce que c'est que la Géorgie. C'est ce qui ressort des sondages. Ainsi, au cours d'une conférence tenue l'année dernière à La Haye sur ce problème, une analyse a révélé que les Ossètes de 20-29 ans ne voulaient pas vivre intégrés dans la Géorgie, a indiqué Sergueï Markedonov. Qui plus est, Mikhaïl Saakachvili n'a aucune conception de l'absorption de ce territoire parce que forcer les Ossètes à avoir de l'affection pour Gamsakhourdia, Chevardnadze et la révolution géorgienne de 1991 serait très malaisé, pour ne rien dire de plus, ajoute l'expert.
Pour Sergueï Markedonov, l'essentiel, c'est d'empêcher que le sang ne se mette à couler. Si l'on n'y parvient pas, alors un nouveau conflit armé commencera et dans lequel la force appliquée par Tbilissi ne pourra de toute façon rien régler. Le seul moyen de surmonter cette situation conflictuelle, c'est que Tbilissi explique tranquillement aux gens que les Géorgiens et les Ossètes ont un intérêt commun et qu'il leur montre en quoi il consiste, a dit l'analyste en conclusion.