Le protocole de Kyoto: la recherche de la compréhension

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Moscou, 21 juillet (par Serguei Vassiliev, président du conseil d'administration du partenariat "National Carbon Union" (NCU) - RIA-Novosti). Le Partenariat NCU (National Carbon Union) créé il y a un an regroupe 15 membres. Notre objectif initial était de porter à la connaissance des compagnies russes responsables des émissions des gaz à effet de serre l'essence du protocole de Kyoto, le principe de l'action de ses mécanismes et la façon d'attirer les investissements, au moyen de cet instrument, dans les complexes de production nationaux.

Parmi nos membres, il y a des corporations comme RAO "EES de Russie" (Electricité de Russie), "Aluminium russe", le conglomérat industriel "AFK-Système" et d'autres. Le volume total des émissions, dont sont responsables aujourd'hui les membres de notre Partenariat, est d'environ 650 millions de tonnes de gaz carbonique (plus d'un tiers des émissions de toute la Fédération de Russie). La Vneshtorgbank coopère avec nous en tant qu'observateur, car elle n'émet pas de gaz à effet de serre. Faisant connaître les vertus du protocole de Kyoto, NCU a réussi à "adoucir" la position d'une organisation aussi influente que l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie qui réunit pratiquement tous les producteurs tant soit peu importants (environ 30 000 membres) et dont les dirigeants sont aujourd'hui plutôt enclins à soutenir qu'à nier ce document.

De l'avis de nombreux économistes, pour doubler le PIB dans les délais fixés par le président russe (au cours des dix prochaines années), objectif posé par le président russe, il est nécessaire d'accroître l'efficacité de la production d'énergie d'environ 2,5 % par an. En ce moment, ce processus est plus lent. Je suis certain que le protocole de Kyoto pourrait servir d'un stimulant supplémentaire en ce sens.

Malheureusement, ce document d'importance internationale a un caractère général, pas concret. Toutes les actions qui en découlent restreignent, au lieu d'élargir les possibilités d'investissement en Russie. Si tout se réduit à ce que la Russie ratifie le protocole en prenant des engagements déterminés, mais sans rien recevoir pour cela, ce sera un acte très étrange et absurde du point de vue des hommes d'affaires.

Nous avons discuté assez longtemps avec l'Union européenne, en expliquant cette position. Les compagnies russes veulent connaître où, comment et à quelles conditions elles pourront recevoir les investissements. Il faut reconnaître que c'est un point de vue raisonnable, dénué de considérations politiques. Si le protocole de Kyoto est un programme universel qui ne peut pas régler les problèmes de la modernisation de l'économie de certains pays et qui vise à conjuguer les efforts en vue de réduire, dans l'intérêt planétaire, l'action de l'homme sur le climat, alors, du point de vue du bon sens, il faut investir les ressources disponibles dans les projets qui promettent de donner l'effet maximal.

Si, par exemple, le prix de revient de la réduction des émissions en Europe est de plus de 100 euros la tonne, la Russie a de nombreux projets qui reviennent 20 fois moins cher (jusqu'à 5 euros la tonne), il est évident où il faut investir l'argent: son appartenance n'a pas d'importance, puisque nous parlons des objectifs universels!

Cependant, au cours de tous les pourparlers menés avec les représentants de l'Union européenne (les derniers pourparlers ont eu lieu fin mai), notre position n'a pas trouvé la compréhension totale. Bien plus, les actions de l'UE suscitent des appréhensions. Il suffit de citer une directive sur le commerce des quotas d'émissions des gaz à effet de serre. Selon cette directive, la création du marché libre est remplacée par une directive rigide. L'Union européenne réglemente ses acheteurs de quotas et régit les achats selon les territoires. Elle propose d'effectuer une partie d'entre eux en Europe, une autre, dans les pays en voie de développement, une autre encore, en Ukraine et en Russie. Ce n'est pas un marché, mais un jeu bureaucratique et la politique à géométrie variable, ce qui ne peut pas ne pas préoccuper.

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