L'industrie cinématographique russe a déclaré la guerre à la mafia de la contrefaçon

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MOSCOU, 16 juillet 2004. (Commentateur économique de RIA-Novosti). Une fois engagée dans des projets onéreux, l'industrie cinématographique russe a tout de suite déclaré la guerre aux contrefacteurs et ce, non sans résultat! En effet, le premier blockbuster national - film de fiction à gros budget "Ronde de nuit" - a battu, déjà dans la première semaine de sa projection dans les salles de cinéma, tous les records nationaux de la fréquentation des salles sombres. Le nombre des entrées a d'ores et déjà dépassé un million et demi, alors que le marché des copies frauduleuses ne peut toujours rien proposer aux amateurs peu fortunés du vidéo à domicile.

Mais quelle arme secrète ont donc utilisé les réalisateurs de la "Ronde de nuit" pour en empêcher la propagation des copies frauduleuses? Nul doute, certains amateurs de fausses copies à bon marché ont été, cette fois, impressionnés par les déclarations des créateurs du film, affirmant qu'il serait pour le moins inutile de visionner les copies piratées, celles-ci étant "celles de travail" et, par conséquent, tout bonnement inachevées. Selon les promoteurs de ce projet cinématographique tout à fait grandiose, en visionnant une copie contrefaite, on peut tout simplement n'avoir aucune impression valable du film à succès. Quoi qu'il en soit, le principal y revient sans doute aux relations bien organisées entre les cinéastes, d'une part, et les organes judiciaires et la police, de l'autre.

Ainsi, beaucoup avant la projection commerciale du film dans 325 salles de cinéma du pays, le très influent directeur général de la principale chaîne de télévision nationale "Pervy canal"- Konstantin Ernst - qui est aussi l'un des premiers promoteurs du projet "Ronde de nuit", s'était adressé au ministère fédéral de l'Intérieur avec une lettre spéciale pour demander l'adoption des mesures préventives contre les "pirates" potentiels. De telles mesures de prévention ont été bel et bien adoptées, et plus précisément, des descentes de police ont été effectuées sur toutes les places commerciales plus ou moins importantes. Tous ceux qui auraient pu, d'une façon ou d'une autre, participer au future "piratage du film" en ont été formellement mis en garde et prévenus des conséquences inévitables d'un tel acte.

Qui plus est, le contrôle technique le plus sévère a aussi été instauré sur la distribution elle-même. Chaque copie avait été marquée d'un code électronique spécial et ce, pour pouvoir dépister le plus vite possible l'éventuel voleur en cas d'un tirage illégal du film.

A l'avis du chef adjoint de la Direction principale de lutte contre les crimes économiques du ministère de l'Intérieur de la Fédération de Russie, le colonel Nikolaï Kromkine, l'ensemble des mesures adoptées conjointement par la police et les cinéastes pour protéger la "Ronde de nuit", donnent incontestablement de bons résultats. Ainsi, à "Gorbouchka" - le plus grand marché moscovite de production audiovisuelle - la police n'a même pas trouvé une seule copie piratée de la "Ronde de nuit". Il n'en est pas cependant moins vrai que l'un des sites Internet prétendent qu'au moins deux copies piratées du film se seraient mises à circuler "peer to peer" sur la toile mondiale.

Commentant tous ces faits, le chef adjoint de la Direction principale de lutte contre les crimes économiques au ministère russe de l'Intérieur a fait remarquer que pour mettre en mouvement une action en justice contre les contrefacteurs, il fait que le détenteur des droits d'auteurs en fasse une déclaration officielle en bonne et due forme. Pour ce qui est du Code pénal de la Fédération de Russie, il prévoit pour les contrefacteurs et les trafiquants des copies piratées des punitions assez sévères et ce, jusqu'à 5 années de prison, ce qui n'existe, d'ailleurs, pas dans la législation de bien d'autres pays du monde.

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