Certains considèrent les remaniements de NTV comme un exemple du contrôle par l'Etat de la liberté de la parole à l'époque de Poutine. D'autres affirment que la chaîne éprouve de grands problèmes financiers. C'est le point de vue que partagent les spécialistes de la télévision. Les cotes de popularité des émissions de NTV accusent une chute. Il y a ceux qui refusent absolument de reconnaître que la chaîne privée avait mené une politique indépendante, depuis déjà l'époque de Boris Eltsine. La chaîne était alors apparue à partir du néant, grâce à la réorganisation subite de la propriété publique. Mais ce cadeau généreux, il fallait le payer : déjà pendant la campagne électorale de 1996, les journalistes de NTV ont perdu leur indépendance du pouvoir ayant soutenu sans réserve la candidature de Boris Eltsine.
Le nouveau directeur général de la chaîne, Vladimir Koulistikov, est un ancien collaborateur de NTV. A la différence de l'ancien manageur en chef, qui était médecin, Koulistikov est journaliste. Du point de vue professionnel, ceci devrait profiter à la compagnie.
On peut supposer que la nouvelle direction appliquera une politique plus rigoureuse. La compagnie est en crise, elle a perdu bien des professionnels. Le style même de la télévision publique, qui a formé le nouveau directeur, se ferait voir dans son comportement. Il faut sans doute s'attendre à une nouvelle grille des programmes et à de nouveaux personnages sur l'écran.
Il se peut que les temps des émissions de variétés céderont la place à celles d'analyse, et que Vladimir Koulistikov saura attirer de grands investissements et arrivera à présenter au public de nouveaux projets originaux. Enfin, nul ne doute que la chaîne NTV tiendra compte des nouvelles réalités et ne se permettra pas d'entrer en conflit avec le pouvoir.