Russian Expo Arms 2004 : une multitude de surprises

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NIJNI-TAGHIL-MOSCOU (par Viktor Litovkine, commentateur militaire de RIA-Novosti). L'exposition internationale d'armements, de matériels de guerre et de munitions, Russian Expo Arms 2004, a pris fin à Nijni-Taghil (Oural central). Et, comme l'avaient bien promis ses organisateurs, elle a réservé pas mal de surprises. La première est que l'exposition devient en fait internationale, quelques années après sa naissance.

Elle a vu le jour il y a cinq ans, en 1999, et seules les entreprises de défense des pays de la CEI qui livrent des pièces et des ensembles aux matériels de guerre produits en Russie y étaient présentes. En 2004, de grandes sociétés sont déjà remarquées à l'exposition, dont les suisses FEHLMANN et SCHEEBERGER, le français HURON, les allemands WEILMER et WENZEL, le suédois SECO TOOLS, le japonais MITSUBISHI et de nombreuses autres entreprises produisant des machines-outils à commande numérique hautement productifs et des centres d'usinage multifonctions qui sont déjà utilisés par les industries de défense de la région.

Contrairement aux clichés datant de la "guerre froide", l'Occident aide donc la Russie à produire des armes et cela a été une petite sensation de Russian Expo Arms 2004. Rares était ceux qui s'en sont aperçus. Peut-être parce que les stéréotypes de la "guerre froide" commencent en effet appartenir au passé et la coopération russo-occidentale dans le domaine de l'industrie de défense ne surprend plus personne, tout compte fait. Mais ce sont les Israéliens qui ont surpris les visiteurs de l'exposition. Ils ont osé amener dans la patrie des Kalachnikov légendaires leurs armes d'infanterie. Et ils ne se sont pas trompés ! Leurs stands ont attiré de nombreux visiteurs parmi lesquels ont noté la présence de grands experts.

Protéger sûrement les vies de son équipage et améliorer l'efficacité de ses armements, telle est l'idée maîtresse de la modernisation du char russe T-72M1, présenté à Russian Expo par les constructeurs ducélèbre Uralwagonzavod. T-72 est le char le plus répandu de la planète : au total, il en a été fabriqué plus de 20 000 pièces. Seul l'Inde en a acheté près de 2 000. Jusqu'ici, ce modèle équipe, entre autres, l'armée russe. Et si on installe sur l'engin, comme l'ont d'ailleurs proposé les ingénieurs d'Uralwagonzavod, un nouveau canon stabilisé sur deux plans - celui-ci peu être remplacé sans ôter la tourelle -, ainsi qu'un nouveau moteur de 120 CV et d'autres ensembles modernes d'appui et de feu, le T-72M1 voit doubler, ou peu s'en faut, son efficacité d'emploi. Alors que cette opération de modernisation ne coûte qu'un quart du prix d'un char nouveau.

Même résultat est promis par les obusiers modernisés Akacia et Msta de 152 mm, présentés à l'exposition par Uraltransmash (Ekaterinbourg). Le directeur général de l'entreprise, Youri Boutrine, a expliqué que le nouvel appareillage de direction du tir installé sur les deux modèles comprend, outre un ordinateur et un dispositif de "guidage sans pointage" (automatique) du canon, un système d'orientation sur le terrain (lié aux systèmes spatiaux de navigation, le russe GLONAS et l'américain JPS). Enfin, les obusiers peuvent frapper en temps réel, "informés" par les appareils volants sans pilote, de type du russe Ptchela.

Aussi bien le Msta que l'Akacia ont les systèmes de chargement automatique (sur les analogues étrangers, les canons sont chargés à la main, on pouvait le voir dans les reportages télévisés sur les opérations militaires au Moyen-Orient. D'autre part, les obusiers russes sont maintenant équipés de climatiseurs : l'équipage peut donc "travailler" dans les conditions assez confortables.

Mais c'est le véhicule d'appui des chars (Uralwagonzavod) qui a attiré le plus de sympathies du public à Russian Expo Arms 2004. De nombreux attachés militaires des ambassades étrangères en ont parlé avec admiration au commentateur militaire de RIA-Novosti. Ils sont arrivés à Nijni-Taghil pour prendre connaissance des nouveautés de l'industrie de défense russe. Chaque élément littéralement du véhicule a attiré leur attention.

Les experts ne nieront pas que chaque char, aussi célèbre qu'il soit (comme les marques de boissons rafraîchissantes !) est très vulnérable. Par rapport à une mine, à un lance-roquettes caché dans les buissons. Raison: le champ de vision du commandant, du pointeur et du mécanicien (conducteur) est très limité, en raison de la spécificité de l'engin. Les ingénieurs de l'Oural ont créé un matériel spécial dont de multiples filières d'observation optiques, thermovisuelles et autres permettant de contrôler en permanence la situation autour du blindé. Il y a même des filières d'observation panoramiques. Celles-ci permettent de voir le champ de bataille à toute heure de la journée et même à travers un rideau de fumée.

Autrement dit, nous assistons à un inversement de rôles : l'adversaire ne voit pas le véhicule, mais l'équipage de celui-ci le voit et peut même tirer à travers un rideau de fumée. Le tir est mené par un canon jumelé à tir rapide de 30 mm, dont chacun des tubes tire, au besoin, en alternance par quatre projectiles guidés antichar Ataka, pointés sur rayon laser, ou par une mitrailleuse gros calibre antiaérienne (commandée sous la protection de la tourelle), etc. Avec ce véhicule, la puissance de feu et la protection des russes T-72M1, T-90S et T-80U, de l'américain M1A1 Abrams et de l'israélein Merkava augmentent de plusieurs fois.

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