La Géorgie et l'Ossétie du Sud sont au bord de la guerre

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MOSCOU, 12 juillet (par Arseni Palievski, commentateur de RIA-Novosti).

La Géorgie et la république d'Ossétie du Sud autoproclamée sont au bord de la guerre. La situation dans la région a changé qualitativement lorsque du sang a été versé. Heureusement, personne n'a été tué, mais il y a eu des blessés.

Dans ce contexte, Moscou fait connaître sa position sur chaque question, car n'importe quel incident sérieux en Ossétie du Sud peut entraîner une explosion incontrôlée de la violence. Comme l'a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov, "les dirigeants russes sont profondément préoccupés par la montée de la tension en Ossétie du Sud. Des coups de feu y retentissent depuis plusieurs jours".

En tant que pays limitrophe de la Géorgie, la Russie n'est nullement intéressée à cette tournure des événements, d'autant plus que la majorité des habitants de l'Ossétie du Sud sont des Russes.

La diplomatie russe fait le maximum d'efforts en vue de remettre le processus dans l'espace juridique, en mettant en action le mécanisme de la Commission mixte de contrôle à laquelle est affectée la Force mixte de maintien de la paix.

Dans le cadre de la Force d'interposition, chaque partie a le droit d'avoir un bataillon de 500 hommes. Cependant, selon Serguei Lavrov, "les faits prouvent qu'en violant grossièrement ses engagements, la Géorgie a illégalement introduit dans la zone du conflit des centaines, même des milliers d'hommes armés qui n'ayant pas le statut de forces de paix et qui n'ont pas de documents. Le nombre de Géorgiens armés qui se trouvent actuellement dans la zone du conflit dépasse toutes les limites établies et soutenues par Tbilissi", a déclaré Serguei Lavrov.

Le ministre russe a également rappelé qu'en vertu de l'accord du 6 décembre 1994, le commandant de la Force d'interposition est investi de pouvoirs importants, y compris les mesures coercitives mais le commandant n'a pas encore recouru à ces droits, car "tous nos efforts visent à parvenir au règlement pacifique de cette crise", a dit le ministre.

Cependant, la Géorgie manifeste ces derniers temps le désir d'influer sur la situation, pour l'essentiel, par la force, ce qui a déjà eu pour conséquence que l'enlisement du conflit dans la phase d'une confrontation armée est déjà devenu réalité.

Les menaces proférées par Mikhail Saakachvili à l'adresse de Moscou en laissant entendre que le conflit risque de se transformer en conflit entre les Etats, car "certaines forces" de Moscou sont intéressées au passage du conflit dans la phase d'une confrontation armée, préoccupent Moscou, mais, naturellement, ne l'effraient pas. Ces propos sont plutôt destinés à impressionner la population du pays et visent à mobiliser la nation face à un ennemi imaginaire du Nord. Mais une question se pose: faut-il détériorer les rapports avec Moscou? Il va sans dire que cette attitude belliqueuse est contraire à l'objectif posé par Mikhail Saakachvili de réunir la Géorgie. En effet, la présence du contingent russe de paix dans la zone du conflit est légitime. Quant à l'autre partie (les dirigeants de l'Ossétie du Sud), elle considère la Russie comme "un garant du calme dans la zone du conflit osséto-géorgien".

Lev Mironov, ambassadeur itinérant du ministère russe des Affaires étrangères, qui s'est rendu d'urgence en Ossétie du Sud a déclaré que la voie conduisant à la cessation de l'escalade du conflit ne passait que par la mise en oeuvre des ententes intervenues antérieurement.

Il s'agit, en l'occurrence, en premier lieu, du retrait de la zone du conflit osséto-géorgien de toutes les formations n'ayant pas de mandat de la Force d'interposition et de la reprise des pourparlers dans le cadre de la Commission mixte de contrôle.

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