"Il n'y a pas de crise bancaire", a dit Tossounian, prenant la parole à la conférence consacrée à l'intégration du business russe dans l'économie mondiale et organisée par l'Association des chefs d'entreprise.
La crise signifie que la liquidité des banques est en baisse, que la Banque centrale ne dispose pas de réserves suffisantes, que l'économie est marquée par une instabilité générale, a souligné le président de l'ABR. "Il ne se produit rien de tel actuellement", a-t-il indiqué.
A son avis, la situation dans le secteur bancaire rappelle plutôt une "psychose de masse".
Appelant à ne pas aggraver les tensions, Tossounian a mis en garde : "A force de répéter sans cesse le mot "crise", celle-ci finira bien par arriver".
"Ce qui se passait avant-hier et hier a porté un "coup dur" au secteur bancaire et aux déposants, a reconnu le président de l'Association des banques russes.
Selon lui, lorsque les titulaires de comptes se présentent en masse aux banques pour retirer leur argent, "les banques remettent l'argent au client mais des files d'attentes se forment inévitablement devant les guichets car il n'y a pas de systèmes opérationnels en mesure de desservir 500 personnes à la fois".
Suite à une panique se développant sur le marché, "le secteur bancaire se voit priver d'une ressource aussi durable que les dépôts", a dit le président de l'ARB. "Chez nous, le dépôt à terme ne l'est en fait pas car à tout moment on peut se présenter à la banque et le retirer", a ajouté Tossounian.
Il a insisté sur la nécessité d'entériner dans la législation la disposition sur les dépôts irrévocables. Ces dispositions existent aux Etats-Unis et dans d'autres pays, a rappelé Tossounian.
Le président de l'Association a fait grand cas de la proposition de la Banque centrale d'entériner sur le plan légal des garanties publiques aux déposants privés auprès de tous les établissements et pas seulement auprès de ceux qui font partie du système de l'assurance obligatoire des dépôts.
"Cela pourrait dégriser les déposants", a lancé Gareguin Tossounian. "Mais le problème des dépôts irrévocables doit être réglé lui aussi, c'est une des sources de ressources à long terme pour l'économie", a-t-il ajouté.
Gareguin Tossounian estime que la déclaration de l'agence de notation Moody's sur une éventuelle baisse de la cotation de 18 banques russes est injustifiée et inamicale.
"S'ils (Moody's) parlent d'une baisse, ce n'est pas justifié. S'ils ont des griefs contre la Credittrustbank, ce n'est pas une raison de les étendre à d'autres banques, parmi lesquelles il y a des établissements solides", a dit Tossounian.
Le président de l'Association des banques russes a supposé qu'une baisse éventuelle des cotations des banques russes puisse être considérée comme un élément de lutte concurrentielle sur le marché bancaire mondial.
"Tous ne semblent pas apprécier le développement rapide de notre secteur bancaire", a-t-il dit.
Jeudi, l'agence de notation Moody's annonçait ses projets de revoir les cotations à long terme sur les emprunts en devises pour les 18 banques russes et les cotations de stabilité financière pour encore 4 établissements.
Les cotations à long terme sur les emprunts en devises pourraient être revues pour Alpha-bank, la Banque de crédit de Moscou, la Banque industrielle internationale, Rosbank, KMB-bank, MDM-bank, la Banque de Moscou, Nikoil, Nomos-bank, Petrocommerzbank, Promsvyazbank, Roseurobank, la Banque russe de développement, la banque Russki-Standart, la Banque d'investissement Trust, de TransCreditBank, la banque Zenith.
Les cotations de stabilité financière pourraient être revues à la baisse pour Alpha-bank, MDM-bank, la Banque de Moscou, la banque Russki-Standart.
De l'avis des experts de l'agence, la révision des cotations de ces établissements dépendra "des possibilités et de la volonté des autorités russes et des autres participants au marché bancaire d'accorder un soutien adéquat à la liquidité des banques solvables en cas de nécessité".
"Les cotations des autres banques russes resteront inchangées", lit-on dans le communiqué de l'agence.