Pour l'instant, le Proche-Orient dénucléarisé reste un rêve

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MOSCOU (par notre commentatrice politique Marianna Belenkaia).

La Russie se prononce pour le statut dénucléarisé du Proche-Orient, a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov au cours de la conférence de presse qui s'est tenue à Moscou à l'issue des pourparlers avec son homologue britannique Jack Straw. La Fédération de Russie soutient notamment l'idée de créer, "dans diverses régions, des zones exemptes d'armes nucléaires". Londres s'en tient à la même position.

La non-prolifération des armes de destruction massive (ADM) est aujourd'hui l'un des sujets principaux de la politique internationale. Il s'agit du "dossier nucléaire de l'Iran" toujours en suspens et du leitmotiv sur la question de savoir si les ADM existaient en Irak. Dans l'affirmative, où sont-elles aujourd'hui? Il y a aussi le problème des programmes nucléaires d'Israël. Depuis quelques années, il ne dément ni confirme les renseignements sur ses recherches effectuées en vue de créer des armes nucléaires.

Ainsi, à la veille des pourparlers avec le Directeur général de l'AIEA Mohamed ElBaradei qui effectue actuellement une visite en Israël, le premier ministre israélien Ariel Sharon a fait remarquer que son pays disposait de tous les types d'armements nécessaires pour sa défense. Il est à noter qu'Israël est l'unique pays de la région à ne pas avoir signé le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Du point de vue de la diplomatie internationale, il y a deux aspects principaux de la non-prolifération. Premièrement, les ADM peuvent tomber entre les mains des terroristes. Deuxièmement, la course aux armes nucléaires fait monter la tension dans les conflits régionaux. L'Inde et le Pakistan, ainsi qu'Israël, d'une part, et les pays arabes et l'Iran, de l'autre, sont les exemples les plus éclatants de cette dernière situation.

En ce qui concerne le Proche-Orient, comme l'ont expliqué les sources diplomatiques à RIA Novosti, s'il n'y a pas de conflits dans la région, les pays proche-orientaux n'auront pas besoin d'aspirer à détenir des ADM. Dans ce contexte, la Russie soutient entièrement la proposition égyptienne de faire du Proche-Orient une zone exempte d'armes de destruction massive. Rappelons que l'idée de créer une telle zone avait été émise en 1974 par l'Egypte et l'Iran (à l'époque du shah) à l'Assemblée générale des Nations Unies. Le Groupe de contrôle des armements et de la sécurité régionale avait été créé dans le cadre du processus de Madrid de règlement proche-oriental amorcé en 1991. Mais ce groupe ne fonctionne pas aujourd'hui et il ne sera possible, selon les experts, de parler de la reprise de son activité qu'en cas d'établissement des rapports de confiance dans la région.

Mohammed Ibrahim Shaker, président du Conseil de la politique extérieure de l'Egypte, qui a séjourné à Moscou à l'automne 2003 a déclaré au commentateur de RIA Novosti que, pour mettre en oeuvre le projet de création des zones dénucléarisées dans la région, il faut que l'Iran et Israël s'y joignent. Mais il est peu probable que cela puisse arriver dans un proche avenir. Pour le moment, les deux pays se menacent l'un l'autre et s'accusent mutuellement de développer des ADM, ce qui rappelle le duel en Asie du Sud entre l'Inde et le Pakistan.

Mohamed ElBaradei estime - Moscou occupe la même position - que les processus de règlement proche-oriental et le renoncement aux ADM dans la région doivent aller de pair. Israël estime qu'il faut signer d'abord le traité de paix avec les voisins arabes et l'Iran avant de discuter de la possibilité de créer des zones dénucléarisées dans la région.

Comme l'indiquent les personnalités officielles iraniennes, à la différence d'Israël, l'Iran est signataire du TNP.

Malgré les difficultés, les partisans de la création de zones dénucléarisées ne perdent pas espoir. Puisque la Libye a renoncé à la création des ADM, pourquoi donc les autres ne pourraient-ils pasle faire? Cependant, pour commencer, les principaux intéressés dans les sujets susmentionnés doivent reconnaître que ces programmes sont en voie de réalisation.

Pour l'instant, la question du renoncement aux ADM dans la région reste en suspens, d'autant plus qu'il n'y a pas de données exactes sur leur présence dans tel ou tel pays ou, ce qui est pire, sur leur détention par certains groupements. Et même les rumeurs, selon lesquelles d'aucuns puissent les détenir, aggravent la situation, déjà complexe, dans la région et peuvent provoquer des conflits armés.

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