Le chef des services de renseignement indonésiens pour un échange d'expérience antiterroriste avec la Russie

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JAKARTA, 7 juillet - de notre correspondant Mikhaïl Tsyganov. Les pays d'Asie du Sud-Est ont fait de grands progrès dans la lutte contre le terrorisme et souhaitent procéder à un échange d'expérience plus dynamique avec d'autres pays, y compris la Russie.

C'est ce qu'a déclaré mercredi dans une interview exclusive accordée à l'agence RIA-Novosti le chef des services de renseignement indonésiens (BIN), le général Abdullah Mahmud Hendropriyono.

Il a apprécié les actions résolues de la Russie en la matière et a exprimé la reconnaissance de l'Indonésie pour le soutien politique et moral que la Russie lui avait accordé après les attentats à Bali, ainsi que pour son aide humanitaire et son assistance.

M.Hendropriyono est persuadé que la coopération internationale est l'essentiel dans la lutte contre le terrorisme.

Selon lui, il faut respecter les intérêts de chaque pays, mais agir de concert. Dans ce cas, le terrorisme sera vaincu dans le monde entier dans cinq ou dix ans, estime-t-il.

Le service de renseignement indonésien souhaiterait faire part de sa riche expérience à ses collègues dans d'autres pays du monde. "Ce n'est pas que nous soyons fiers de nos succès. Nous voulons expliquer le monde musulman et la façon dont les terroristes altèrent cette religion pacifique pour servir leurs intérêts", a dit le général.

"Le terrorisme n'est pas le problème de l'Amérique seulement. Les terroristes n'ont que faire des frontières, et leurs réseaux dans différents pays communiquent les uns avec les autres", a-t-il indiqué. "Ils n'ont pas de nationalité. Leur seul désir est de nous exterminer, d'anéantir notre civilisation", a ajouté le responsable.

A ses dires, la tâche de son département est de dépister et de démanteler, de supprimer l'organisation terroriste régionale Jemaah Islamiyah agissant en Asie du Sud-Est, qui attente à la vie des hommes. La question de savoir si ces terroristes sont liés ou non à Al-Qaïda ne préoccupe peu. Pour lui, l'explosion à Bali est un crime contre l'humanité même si elle tendait à porter un coup aux Etats-Unis (la plupart des touristes à Bali étaient occidentaux et parmi eux se trouvait une majorité d'Australiens).

"Leurs motifs, ça nous est égal. Ils ont beau se proclamer "fronts de libération" ou quelque chose dans ce genre, mais tant qu'ils tuent des innocents, nous les considérons comme des terroristes", insiste le chef des services de renseignement.

Selon lui, le monde fait face à un grand danger. Pour le combattre, il faut étudier à fond la philosophie et la psychologie des terroristes, formuler une réponse globale. Sinon, il sera impossible de les arrêter. Pour l'emporter sur le terrorisme, il ne suffit pas d'attaquer de l'extérieur, il faut agir de l'intérieur, estime Abdullah Hendropriyono.

C'est pourquoi, l'Indonésie a créé un Institut international des services secrets qui ouvrira ses portes en septembre prochain dans l'île de Batam, non loin de Singapour.

"Quelle est la différence entre le nationalisme, le séparatisme et l'extrémisme ? C'est la science relative aux renseignements qui doit donner une réponse. Le service de renseignements est une science sociale à part qui ne ressemble pas aux mathématiques", est persuadé le responsable indonésien.

D'après Abdullah Hendropriyono, l'objectif du programme n'est pas de donner des leçons, mais de discuter. L'Australie, les Etats-Unis et Singapour y ont déjà adhéré, et le chef du BIN a invité la Russie à les rejoindre.

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