Gazeta
Le 28 juin, Vladimir Poutine avait demandé aux structures de force de lui présenter en l'espace d'une semaine des propositions concrètes sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme. A l'expiration du délai fixé, le ministre de la Justice Youri Tchaïka a rendu compte de l'accomplissement de la consigne présidentielle. Selon Youri Tchaïka, le projet de loi sur la lutte contre le terrorisme qui est en voie d'élaboration tiendra compte de toutes les suggestions des structures de force à ce sujet. Le ministre a mis l'accent sur un progrès important: pour la première fois, ce document cite les structures concrètes qui doivent lutter contre le terrorisme, les termes employés dans le projet de loi sont conformes à la pratique internationale.
D'ailleurs, fait remarquer le quotidien "Gazeta", le travail sur ce document continuera, c'est pourquoi ni les structures de force, ni les députés ne peuvent dire quand il sera soumis à la Douma (chambre basse du parlement russe).
Le ton sévère de Vladimir Poutine au cours de son entretien avec les représentants des structures de force qui a eu lieu après l'attaque lancée le 22 juin par les séparatistes tchétchènes contre Nazran, la plus grande ville de l'Ingouchie, les a obligé à se hâter de faire des propositions sur le renforcement de la lutte contre le terrorisme. Le ministre de la Justice Youri Tchaïka a informé le président du travail effectué par son ministère et les structures de force qui ont préparé le projet d'une loi foncièrement nouvelle sur la lutte contre le terrorisme. "Ce document fournit à nos organes judiciaires une arme parfaite: la base législative", a fait remarquer le ministre.
Le ministre de la Justice a également souligné que cette loi concrétisait la notion de "terrorisme" (elle est actuellement définie par le Code pénal de la Fédération de Russie) et introduisait de nouveaux termes: acte terroriste et opérations antiterroristes. De plus, a dit Youri Tchaïka, la loi citera pour la première fois les organes d'Etat chargés de la lutte contre le terrorisme, informe le quotidien "Gazeta".
Vremia novostei
Boris Gryzlov, président de la Douma (chambre basse du parlement russe), peut se considérer comme un héros de la fête, lit-on dans le journal "VN". Participant pour la première fois en qualité de chef de la délégation russe à la session de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui s'est ouverte lundi à Edimbourg, il a soumis au vote une résolution. C'est le premier cas depuis dix années de participation des parlementaires russes au travail de l'Assemblée parlementaire de l'OSCE.
La résolution proposée par Boris Gryzlov a le titre modeste suivant: "La situation des minorités nationales en Lettonie et en Estonie", fait savoir le journal "VN". On y lit notamment que "le nombre immense de personnes privées de nationalité en Lettonie et en Estonie entrave les processus de démocratisation dans ces pays" et que "le refus d'accorder la nationalité pour les raisons ethnique, raciale ou religieuse est l'une des formes les plus graves de discrimination". Le document invite la Lettonie à "créer des conditions pour la participation des personnes n'ayant pas la nationalité lettone à la vie politique du pays en leur accordant les droits de vote aux élections locales" et recommande aux autorités de la Lettonie et de l'Estonie "d'accélérer le processus de naturalisation des étrangers".
Même en cas d'adoption des amendements proposés par les parlementaires lettons qui veulent édulcorer ce document, il est difficile de surestimer le fait que la délégation russe à l'OSCE ait lancé, pour la première fois, des actions offensives. Quoi qu'il en soit, la résolution sur les pays baltes sera adoptée. Certain qu'il en sera ainsi, Boris Gryzlov a quitté Edimbourg, écrit le journal "Vremia novostei".
Nezavissimaia gazeta
Dmitri Rogozine a été élu à la tête du parti "Rodina" ("Patrie"). Cette décision a été prise par le congrès extraordinaire convoqué pour apporter des corrections aux statuts du parti. Le président du parti ne rend compte à personne, sauf au congrès, ce qui veut dire que le principe de direction unique est appliqué dans la nouvelle structure. Dmitri Rogozine a expliqué la nécessité de durcir la "verticale" du parti par l'envergure des objectifs du parti "Rodina". A la différence des communistes qui, selon lui, "se sont retranchés trop profondément" et qui ont perdu la capacité de lutter pour conquérir le pouvoir, le parti "Rodina" prévoit de "s'assurer en 2007 la majorité parlementaire et de former le gouvernement".
L'allusion aux communistes qui sont devenus faibles laissait transparaître l'intention du parti "Rodina" d'occuper hardiment la place d'armes où prédominait récemment le KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie), en empruntant aux communistes leurs mots d'ordre et leur électorat. Dmitri Rogozine a proposé de considérer la "justice sociale" et le "patriotisme" comme les notions principales de la doctrine du parti, écrit le quotidien "Nezavissimaia gazeta".
Izvestia
L'affaire IOUKOS a eu mardi une suite inattendue, font remarquer les "Izvestia". Le vice-ministre des Finances Serguei Chatalov a déclaré que IOUKOS pouvait théoriquement bénéficier du report du paiement des impôts, en présentant une demande appropriée au ministère des Finances. Le marché des valeurs y a tout de suite réagi par la hausse des actions de la compagnie: leur cours s'est accru instantanément de 23 % à la Bourse interbancaire de Moscou et de 16 % sur le marché du Système commercial russe (RTS).
Ensuite, les spéculateurs se sont assagis et les cotes sont retombées, en constituant tout de même un certain accroissement par rapport à la fin de la séance d'hier. Mardi était le jour d'expiration du délai des cinq jours suivant la décision prononcée par le tribunal, au cours duquel IOUKOS pouvait rembourser ses dettes pour 2000. Naturellement, la compagnie n'a pu le faire, car ses comptes sont bloqués.
A présent, la parole est aux huissiers: ils peuvent déterminer dès aujourd'hui les actifs de IOUKOS destinés à être vendus en faveur de l'Etat.
"Aujourd'hui, il n'y a pas de raisons valables à l'effondrement du marché des valeurs. Il est vrai que la situation concernant IOUKOS a engendré de nouveaux risques", a dit Alexandre Baranov, gestionnaire du portefeuille de la compagnie d'investissement "Prospekt". A son avis, la situation n'est pas critique et elle ne le sera pas dans la période à venir.
Kommersant
La crise sur le marché des crédits interbancaires, dont l'existence est contestée depuis plus d'un mois par la Banque de Russie, a acquis mardi un caractère alarmant, écrit le quotidien "Kommersant". Deux banques russes géantes - Alfa Bank et Guta Bank - ont eu des problèmes. Mardi matin, la Guta Bank a cessé d'accueillir les clients, le soir, des centaines de clients ont assailli l'Alfa Bank.
Chacune des deux banques a des centaines de milliers de clients, fait remarquer "Kommersant". Au milieu du mois de juin, un analyste d'Alfa Bank a déclaré que la situation concernant la Guta Bank serait une "pierre de touche pour tout le système bancaire russe".
Pourtant, la Banque de Russie déclare qu'il ne s'agit nullement d'une crise, qu'il est question de difficultés de certaines banques, souligne le quotidien "Kommersant".