Le montant général des réclamations fiscales de l'Etat envers Yukos se monte actuellement à près de 200 milliards de roubles (près de 7 milliards de dollars), pour les seules années 2000 et 2001. Les experts n'excluent pas que le ministère des Impôts et Perceptions puisse porter cette somme, au besoin, à 300, voire 400 milliards de roubles, compte tenu des arriérés de 2002 et 2003.
Viktor Guerachtchenko a dit avoir proposé à deux reprises au premier ministre Mikhaïl Fradkov et à d'autres membres du gouvernement de mener les négociations sur l'amortissement de ces arriérés, "sans fixer l'objectif de contester publiquement cette question en tribunal". "Mais il n'y a pas eu de réponse", a dit Guerachtchenko.
Pourtant, à en croire le président du Conseil des directeurs, le ministre des Finances, Alexeï Koudrine, aurait appelé les banques créancières de Yukos à "ne pas s'inquiéter", les assurant que "tout va bien".
Les créanciers, a dit Guerachtchenko, n'ont fait parvenir aucun avis de faillite technique : "les banques comptent encore sur les paroles de Koudrine".
Le président du Conseil des directeurs a annoncé aux journalistes que les dirigeants de la société avaient proposé aux huissiers de justice ses actions d'une autre compagnie pétrolière, Sibneft. Leur prix dépasse le montant des premières réclamations envers Yukos (approximativement 100 milliards de roubles), a indiqué Viktor Guerachtchenko commentant le refus des huissiers de prendre des actions de Sibneft à titre d'amortissement des arriérés d'impôts de Yukos.
"Le refus des huissiers de prendre en nantissement des actions de Sibneft qui coûtent actuellement 4,2 milliards de dollars est une bêtise et une provocation contre les propos du président Poutine qui a dit que le gouvernement n'avait pas l'intention de mettre en faillite la compagnie", a noté Viktor Guerachtchenko.
Les démarches des huissiers pourraient contraindre la compagnie d'arrêter ses activités. "Cela compliquera les éventuelles négociations avec les représentants de l'Etat", a dit Guerachtchenko.
S'agissant des nouvelles réclamations fiscales envers Yukos, Guerachtchenko a annoncé : "Des 3,4 milliards exigés, seulement 1,7 milliard représentent les réclamations proprement dites, le reste étant des amendes et des pénalités qui sont en règle générale pardonnées".
Le président du Conseil des directeurs a aussi déclaré que Yukos n'arrêterait pas prochainement la production et les exportations de pétrole.
"A l'annonce de Yukos que les actes des huissiers de justice visant à arrêter les comptes bancaires créent une menace directe d'arrêt des activités courantes de production de la compagnie, les prix du brut sur les marchés internationaux se sont rapprochés de la barre des 39 dollars le baril mais ont amorcé une baisse depuis).
Entre-temps, l'agence de notation internationale Moody's a préservé la notation principale et la notation des dettes sans provision de Yukos à leur niveau ancien, B1 et B2 respectivement, a annoncé l'agence dans un communiqué.
Le pronostic a été changé de "baisse possible" à "instable".