Après la déclaration de YOUKOS selon laquelle les actions des huissiers de justice en matière de saisie des comptes bancaires de la compagnie créent une menace directe d'arrêt de l'activité de production de la compagnie, les prix du pétrole sur les marchés mondiaux ont frôlé la barre des 39% dollars le baril.
Le ton à la baisse des cotations des ADRs (American Depositary Receipts) des compagnies russes a été donné la veille à Londres par la baisse des cotations des valeurs de YOUKOS. Après que le ministère des Impôts et Contributions (MIC) eut notifié à la compagnie la nécessité d'amortir dans un délai de cinq jours sa dette envers le budget, les prix des valeurs de la compagnie ont chuté de 10,4%.
Cependant, les principaux actionnaires de YOUKOS continuent d'espérer que la situation pourra être réglée.
"Les actionnaires poursuivent les négociations sur le règlement de la dette par le biais de la cession d'une part de leurs actions à titre de paiement des créances fiscales présentées à la compagnie", a dit une source proche des actionnaires de la compagnie.
Les nouvelles créances du MIC présentées à la compagnie ne sont qu'un "hors-d'oeuvre", estiment les experts. Le fait est que les organes du fisc n'ont pas encore vérifié l'activité de la compagnie en 2002 et 2003, ensuite ils pourront s'intéresser à 2004 lors l'année se sera écoulée. A l'heure actuelle le montant global des créances fiscales s'élève à quelque 200 milliards de roubles (presque sept milliards de dollars!), et seulement pour deux années. Les spécialistes n'excluent pas que le MIC puisse porter cette somme à 300-400 milliards de roubles.
"On ne saurait qualifier de surprise l'annonce des nouvelles créances fiscales envers la compagnie. Lesacteurs du marché savaient à l'avance que cela se produirait", a dit le principal analyste de Megatrustoil, Alexandre Razouvaev.
Selon l'expert, les problèmes de YOUKOS avec les organes du fisc ont un caractère durable, et parler "d'accords à l'amiable" serait prématuré. "Je ne pense pas que des ententes quelconques aient été passées entre la compagnie et le gouvernement concernant l'échelonnement de la dette. Dans le même temps, la proposition des administrateurs de YOUKOS relative à la régulation des dettes constitue une variante optimale de règlement du problème pour les deux parties", estime Alexandre Razouvaev.
"Malgré les nouvelles créances du MIC, nous estimons qu'il est un peu tôt pour vouloir enterrer YOUKOS", pense le directeur du centre analytique BrokerCreditService, Maxime Chéine. Si les comptes sont gelés, il sera impossible d'effectuer les règlements liés aux exportations, a ajouté l'expert.
Selon Maxime Chéine, l'objectif prioritaire de la compagnie est d'éteindre les "créances numéro 1". "Le problème de 2001 peut être étendu jusqu'à 2005, car l'écart séparant les premières créances du MIC du titre exécutoire n'est que d'un peu plus de six mois. Durant ce temps, la situation de YOUKOS peu changer sensiblement", estime Alexandre Chéine.
Par ailleurs, on ne peut exclure le fait que vendredi ou au début de la semaine prochaine, le MIC dépose devant le tribunal une requête en recouvrement auprès de la compagnie de 98 milliards de roubles. Le fisc a présenté à la compagnie des créances à hauteur de cette somme à l'issue de la vérification des activités de la compagnie pour 2001. Le ministère des Impôts et Contributions est pressé de recevoir de l'argent de la part de YOUKOS, font remarquer les spécialistes. La veille, en recevant l'arrêté de lancement de la procédure d'exécution, les huissiers de justice se sont présentés au siège de la compagnie et ont proposé de payer de plein gré dans un délai de cinq jour 99,4 milliards de roubles(somme calculée à l'issue de la vérification portant sur 2000).