En finale la joueuse russe affrontera une autre Américaine, Serena Williams, particulièrement à l'aise sur les courts en gazon. Mais quelle que soit l'issue de la finale, Maria Charapova a déjà inscrit son nom dans l'histoire plus que cinquantenaire de Wimbledon en tant que révélation la plus marquante et la plus inattendue. A propos, la jeune fille a déjà disputé une finale de Wimbledon, à l'occasion d'une compétition junior, c'est vrai. C'était en 2002, Maria Charapova avait alors disputé cette finale face à sa compatriote Véra Douchévina. Dès cette époque les spécialistes avaient remarqué les qualités exceptionnelles de cette joueuse et aussi le fait que la finale avait mis en présence deux Russes.
Ces finales "russo-russes" ont tendance à devenir monnaie courante dans les grands tournois de tennis. Tout récemment, il y a moins d'un mois, la finale dame des Internationaux de France - championnat du monde officieux sur terre battue - à Roland Garros avait aussi opposé deux Russes, Anastassia Myskina et Eléna Démentiéva, qui avaient pris le dessus sur ces étoiles du tennis féminin mondial que sont les soeurs Serena et Venus Williams, Jeniffer Capriatti et Lindsay Davenport (Etats-Unis), la Belge Justine Enin-Ardenne, la Française Amélie Mauresmo. Anastassia Myskina, 22 ans, avait remporté ce tournoi qui, comme celui de Wimbledon, figure dans la série du Grand Chelem.
Le tennis russe a le vent en poupe, c'est évident. C'est vrai que chez les messieurs ces dernières années les succès sont l'oeuvre principalement de Marat Safine et d'Evguéni Kafelnikov (celui-ci a d'ailleurs remis sa raquette dans son fourreau), qui ont déjà "accroché" des tournois du Grand Chelem et même la Coupe Davis - championnat du monde officieux par équipes - au sein de la sélection russe. Par contre, en tennis féminin la Russie possède une kyrielle de joueuses aussi jeunes que talentueuses et qui progressent au fil des tournois. On en veut pour preuve le fait que l'on trouve trois d'entre elles parmi les dix premières du classement WTA (Women Tennis Association). Il s'agit d'Anastassia Myskina (3-e), d'Eléna Démentiéva (6-e) et de Svétlana Kouznetsova (10-e). Parmi les 20 premières on relève aussi les noms de Nadejda Pétrova (12-e), de Véra Zvonaréva (14-e) et celui de notre héroïne, Maria Chaparova (15-e). A propos, à l'issue des Internationaux de Grande-Bretagne celle-ci pourrait se retrouver parmi les dix meilleures joueuses du monde. Mais même si cela ne se produit pas, le fait que six (!) Russes figurent parmi les quinze meilleures est déjà en soi impressionnant. Aucun autre pays ne peut se targuer d'une telle représentation. D'ailleurs, les spécialistes sont unanimes à dire qu'à l'heure actuelle la Russie possède la meilleure équipe féminine et qu'elle est en mesure de remporter la Coupe de la Fédération.
Un autre fait témoigne de la valeur des joueuses russes. Lors du tournoi de Wimbledon 2003, cinq joueuses russes s'étaient qualifiées pour les huitièmes de finale, ce qui signifie qu'elles figuraient parmi les 16 meilleures. Les jeunes Eléna Bovina, Dinara Safina (la soeur cadette de Marat), Lina Krasnoroutskaïa, Véra Douchévina sont bien connues aujourd'hui dans le monde du tennis. Ces joueuses de talent ont déjà inscrit à leur "tableau de chasse" bien des célébrités du circuit. Ces jeunes filles sont suffisamment douées et assidues pour qu'on les voue aux plus hauts sommets, ceux déjà atteints par Anastassia Myskina, Eléna Démentiéva et Maria Charapova.