Revue de la presse russe du 1er juillet

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MOSCOU, 1er juillet - RIA Novosti.

Kommersant

Le président Vladimir Poutine a tenu au Kremlin la réunion tant attendue sur la macroéconomie. Il était impossible de continuer à l'ajourner: trois événements qui ont eu lieu presque simultanément exigent du président des réponses macroéconomiques. Premièrement, le taux de la Réserve fédérale des Etats-Unis s'est accru mercredi. Deuxièmement, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont émis simultanément des critiques à l'adresse du gouvernement. Enfin, les prix du pétrole baissent lentement, pour l'instant, depuis une semaine. Début mai, Vladimir Poutine avait déclaré qu'il y aurait une réunion qu'il avait appelé "macroéconomique". Le président avait des raisons pour cela: le gouvernement a reconnu, bien que pas immédiatement, que dans la période entre mars et mai la production n'avait pratiquement progressé en Russie. Une situation fondamentalement nouvelle s'est créée: les prix du pétrole continuent à grimper, mais l'économie piétine. Cela ne pouvait pas ne pas préoccuper, car les prix du pétrole étaient jusque-là le moteur principal de l'économie. Ils renforçaient le rouble, le rouble renforcé attirait les investissements, y compris les économies en devises des particuliers, et endiguait, en même temps, l'inflation. Tout a coup, la progression a cessé.

Les résultats de la réunion d'hier n'ont pas été officiellement annoncés: le service de presse de la présidence s'est borné à communiquer que le message budgétaire avait été examiné. Or, il est notoire que le renforcement réel du rouble dépasse déjà de 50 % en 2004 sa limite maximale prévue par le plan budgétaire de cette année (le plan prévoyait 7 %, mais l'accroissement réel est déjà de 10 %).

Cela signifie, fait remarquer le quotidien "Kommersant", que la Banque centrale (BC) devra déployer inévitablement des efforts en vue d'affaiblir le rouble. Mais comment le faire dans le contexte des hauts prix du pétrole?

Entout cas, la situation de Serguei Ignatiev, président de la BC, est peu enviable, car il répond, à la fois, du cours du rouble et du taux d'inflation. S'il réussit à faire baisser le cours réel du rouble, cela entraînera presqu'immanquablement la montée de l'inflation, estime le quotidien "Kommersant".

Gazeta

Le président russe accordera aujourd'hui exactement quarante minutes aux hommes d'affaires russes, après quoi il se rendra en Biélorussie, informe le quotidien "Gazeta". En plus des gros industriels, il y aura des représentants des petites et moyennes entreprises et des banquiers dans l'assistance. D'ailleurs, les hommes d'affaires seront divisés d'après un principe nouveau: selon la responsabilité sociale manifestée par eux. En fonction des objectifs poursuivis, les hommes d'affaires seront divisés en ceux qui font preuve du sens de responsabilité et en "parasites qui profitent des problèmes sociaux" et qui se livrent à la fraude fiscale. Selon le quotidien "Gazeta", cette décision a été prise mercredi, avant la rencontre avec le président, par la direction de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie (UIER) qui représente les gros patrons.

L'UIER a proposé d'introduire le nouveau principe de division des hommes d'affaires. Ceux qui ont adopté, dans leur affaire, "les hauts critères sociaux des rapports entre les sociétés et les travailleurs" seront considérés comme ceux qui font preuve de sens de responsabilité sociale. Quant à ceux qui emploient des méthodes incorrectes, illégales - des faillites sur commande, l'occupation des entreprises, la fraude fiscale - ils seront considérés comme "parasites qui tirent profit des problèmes de la société".

L'efficacité des affaires sera évaluée d'après les objectifs poursuivis par les chefs d'entreprise, d'après leurs positions sociales, estiment les membres de la direction de l'UIER. Divisant les uns et les autres, l'Union des patrons espère former une "image positive de l'entrepreneur", souligne le quotidien "Gazeta".

Vremia Novosteï

Du gros business, les Russes attendent une participation plus active au règlement des problèmes sociaux, rapporte le quotidien. De l'avis de 68% des habitants du pays, la création d'emplois représente l'axe préférable de cette participation, selon le Centre VTSIOM qui a mené, en mai 2004, un sondage auprès de 1 600 personnes. Un tiers des personnes interrogées - 33% - estiment que les hommes d'affaires doivent accorder aux effectifs de leurs entreprises un "paquet social" supplémentaire. Un quart - 24% - évoquent la participation des chefs d'entreprise à la création d'ouvrages sociaux et un sur cinq - 19% - à l'aménagement des collectivités locales.

Mais les sociologues rappellent que si le business vient encore à bout de la tâche qui consiste à créer les infrastructures sociales régionales, ses succès sont nettement moindres dans la réalisation d'autres objectifs fondamentaux. Près de 20% des sondés évoquent le rôle actif du business dans la tenue de manifestations culturelles et sportives et 12% dans le rétablissement et la construction d'ouvrages du culte.

Pourtant, la création d'emplois et le "paquet social" supplémentaire sont évoqués par seulement 3% et 2% des personnes interrogées. Ce qui attire également l'attention, c'est que 18% des sondés estiment que les représentants du gros business ne prennent aucune part au règlement des problèmes sociaux locaux, conclut le quotidien.

Nezavissimaïa Gazeta

Vendredi, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili viendra à Moscou, pour la deuxième fois depuis février dernier, pour rencontrer d'urgence son homologue russe Vladimir Poutine, annonce le journal. Ces dernières semaines, les rapports russo-géorgiens se sont de nouveau brusquement "refroidis", suite, d'abord, à l'aggravation de la crise entre Ossètes et Géorgiens, puis en raison des exigences insistantes de Tbilissi d'accélérer le retrait des bases militaires russes.

Rien nerappelle plus l'indulgence manifestée par le Kremlin dans un premier temps à l'égard du jeune président géorgien, poursuit le quotidien. En témoignent les propos très vifs du secrétaire du Conseil de sécurité russe, Igor Ivanov, lors d'une conférence de presse dans la capitale russe mercredi. "Si vous me demandez comment s'est produit ce changement au sommet de l'Etat en Géorgie et puis en Adjarie, je vous dirai que ce n'était pas une révolution de velours ni celle des roses. C'était un changement de pouvoir musclé", a dit Ivanov.

Que Moscou tienne en haleine Saakachvili à la veille de sa visite, en témoigne aussi l'absence d'un programme concerté du voyage du président géorgien. Mais il est évident que les deux dirigeants débattront avant tout du problème sud-ossète et des délais de retrait des bases militaires russes de Géorgie, estime le journal.

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