Le directeur général de l'AIEA : la centrale nucléaire iranienne ne constitue pas une source de préoccupation pour la communauté internationale

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MOSCOU, 29 juin - RIA-Novosti. La question de la construction de la centrale nucléaire à Bushehr (partie nord du littoral iranien du Golfe persique) relève des rapports bilatéraux russo-iraniens et ne constitue pas une source de préoccupation pour la communauté internationale.

"Nous n'avons pas débattu de cette question", a indiqué le directeur général de l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) Mohammed Elbaradei interrogé par la presse à l'issue de sa rencontre avec le président russe Vladimir Poutine.

"C'est une question des rapports bilatéraux entre la Russie et l'Iran et elle ne représente aucune urgence sur le plan des préoccupations de la communauté internationale", a indiqué Elbaradei.

Il a expliqué qu'il s'agissait de l'utilisation pacifique de l'énergie atomique et rappelé que les deux pays avaient conclu un accord sur le retour en Russie du combustible irradié.

Compte tenu de cette circonstance, a poursuivi le directeur général de l'AIEA, la coopération russo-iranienne dans le domaine de l'utilisation pacifique de l'énergie atomique est entièrement conforme aux engagements internationaux de la Russie et de l'Iran.

(Depuis le milieu des années 90 les spécialistes russes construisent le premier bloc de la centrale nucléaire de Bushehr. Les Etats-Unis soulèvent constamment la question de l'arrêt du chantier, craignant que Téhéran ait accès aux technologies de production d'armes nucléaires. Entre-temps, si on met entre parenthèses un intérêt financier non négligeable - le coût du contrat dépasse 800 millions de dollars - Moscou y répond invariablement par un refus, invoquant non seulement son droit souverain de développer sa coopération avec l'Iran dans le domaine de l'énergie nucléaire mais aussi ses engagements directs découlant du Traité de non-prolifération pour ses parties. A l'opposé de l'allié numéro un des Etats-Unis dans la région, Israël, l'Iran a signé ce Traité et, en printemps dernier, avec l'AIEA, un protocole additionnel à ce Traité, prévoyant des inspections surprises sur tout ouvrage nucléaire sur le territoire de la République islamique. D'ailleurs, le chantier à Bushehr est mené sous un contrôle rigoureux de l'Agence. Précédemment, Vladimir Poutine déclarait que Moscou poursuivrait sa coopération avec l'Iran tant que ses programmes nucléaires restent transparents et entièrement soumis au contrôle de l'AIEA).

Mohammed Elbaradei s'est prononcé en faveur d'un règlement en parallèle des questions de sécurité et de paix au Proche-Orient. Il a noté que l'AIEA se prononce pour une approche universelle en matière de garantie de la non-prolifération des armes nucléaires.

Il a rappelé que l'Iran "est participant au Traité de non-prolifération. Quant à l'Inde, au Pakistan et à Israël, ils restent en dehors du cadre de ce traité. Des approches différentes à l'égard de ces pays sont en vigueur". "Je préconise une approche universelle de ce problème et de la création d'une zone dénucléarisée au Proche-Orient", a indiqué Elbaradei.

Comme l'a indiqué le directeur général de l'Agence internationale de l'Energie nucléaire, Israël estime qu'il faut d'abord régler le problème de la paix, les autres Etats croient que c'est la question de la sécurité qui est prioritaire.

"Je pense que ces deux questions doivent être réglées parallèlement", a dit Mohammed Elbaradei, annonçant qu'il débattrait de ces questions lors de sa visite en Israël.

"Le processus de garantie de la paix au Proche-Orient doit être mené parallèlement à celui de garantie de la sécurité", a souligné le directeur général de l'Agence internationale de l'Energie nucléaire. Il a expliqué que les questions de sécurité renferment les questions de l'interdiction des armes de destruction massive, des restrictions sur la création des armements conventionnels et de la prise de mesures de confiance dans la région.

Interrogé par RIA-Novosti, le directeur de l'Agence fédérale russe pour l'Energieatomique, Alexandre Roumiantsev, a annoncé que la décision sur la construction sur le territoire de la Russie d'un entrepôt international de combustible irradié n'était pas encore prise.

(La veille, le directeur de l'AIEA, Mohammed Elbaradei, annonçait que l'Agence projetait de construire en Russie le premier entrepôt international qui accueillerait le combustible nucléaire brûlé du monde entier).

"Cette idée, émise à la 47e session de l'Agence qui s'est penchée sur la question d'un pareil entrepôt, est étudiée par des experts", a précisé Alexandre Roumiantsev.

Il a rappelé qu'outre la Russie, des pays comme la Grande-Bretagne, la France et le Japon ont l'expérience de traitement du combustible irradié.

Roumiantsev a regretté qu'on évoque la création de cet entrepôt en Russie comme un fait accompli.

"Il n'y a aucun accord en ce sens. Pendant quelques années cette proposition sera étudiée au niveau des experts de l'AIEA", a dit Roumiantsev.

"La Russie possède toute la base législative nécessaire mais cela ne veut pas dire pour autant que cet entrepôt soit construit sur son territoire", a encore relevé le directeur de l'Agence fédérale russe pour l'Energie atomique.

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