Le gouvernement a fort justement axé ses efforts sur l'amélioration du climat d'investissement, a déclaré Paul Tomsen, le chef de la représentation du FMI en Russie, au cours d'une conférence de presse donnée mardi. Il estime juste également la réforme administrative ainsi que les réformes de la santé, du logement et de l'enseignement menées parallèlement.
Dans le même temps, Paul Tomsen a indiqué que ces réformes se heurtaient à plusieurs difficultés. C'est la raison pour laquelle ces réformes ne seront pas menées à bien dans les trois mois, estime le chef de la représentation du FMI.
Dans l'ensemble, le gouvernement russe s'est fixé des objectifs justes et il possède le savoir et l'expérience nécessaires pour les atteindre.
De l'avis de Paul Tomsen, ce qui est primordial, c'est que les conditions actuelles favorables n'atténuent pas la volonté du gouvernement de réaliser ces objectifs.
Au demeurant, le chef de la mission du FMI en Russie a souligné que certaines réformes figuraient depuis longtemps à l'ordre du jour mais qu'elles marquaient le pas.
Cela concerne notamment la réforme des monopoles naturels, estime Paul Tomsen. Il est d'une importance extrême d'élaborer la stratégie de réforme de Gazprom. C'est là une question qui a longtemps été repoussée, a fait remarquer l'expert du FMI à cet égard.
L'objectif du gouvernement russe consistant à ramener le chiffre de l'inflation à 10 pour cent en 2004 et à 8 pour cent l'année suivante est réalisable, mais dans une grande mesure cela dépendra de la politique économique appliquée par le pouvoir, a déclaré Paul Tomsen.
Pour y parvenir, il faut durcir la politique monétaire et de crédit et non pas repousser le relèvement des prix réglementés, estime-t-on au Fonds monétaire international.
Nous ignorons s'il faut vraiment relever les prix réglementés du moment que notre base experte est insuffisante pour procéder à une évaluation, toutefois cette mesure ne saurait être subordonnée à l'impact de cette hausse sur le niveau de l'inflation, a souligné Paul Tomsen.
A son avis, ramener l'inflation à 3 pour cent l'an dans un avenir visible est également un objectif réalisable. Si pour y parvenir la Banque centrale de Russie doit renoncer à ses interventions et accepter une hausse du cours réel du rouble, alors cette politique sera opportune, a souligné Paul Tomsen.
La baisse progressive de l'inflation et l'affermissement du cours réel du rouble doivent être des choix essentiels de la politique monétaire et de crédit de la Russie, estime-t-il.
La Russie doit faire preuve de davantage de détermination dans la lutte contre l'inflation car un taux d'inflation élevé se traduit par de sérieuses pertes économiques, a souligné le chef de la représentation du FMI en Russie.
Dans le même temps Paul Tomsen a indiqué que depuis deux ans l'inflation de base en Russie se maintenait au niveau de 10-11 pour cent et que pour le moment aucun signe n'annonce une baisse.
Pour Paul Tomsen, présentement la Russie se doit de muscler le secteur bancaire et d'appliquer les standards du contrôle bancaire.
Le système bancaire russe s'est notablement renforcé depuis 1998, mais dans le même temps la situation économique actuelle extrêmement favorable pourrait dissimuler des risques potentiels et une faiblesse structurelle, a indiqué Paul Tomsen.
A cet égard, il a fait remarquer que dans le cadre de la sélection des banques impliquées dans le système d'assurance des dépôts la Banque centrale de Russie a une possibilité exceptionnelle d'évaluer l'état des banques et du secteur bancaire dans une situation sereine et de n'inclure dans le système d'assurance des dépôts que des établissements financiers sains.
Il faut opérer de la même façon dans l'application de la loi sur la répression du blanchiment des revenus illicites, a déclaré Paul Tomsen. La fermeture de certains établissements financiers atteste que la Banque centrale se montre à la hauteur de sa mission.
Selon le chef de la représentation russe du FMI, l'absence de transparence dans la structure des biens et la gestion des banques commerciales constitue toujours un problème pour la Russie. La fermeture de certaines banques suscite des inquiétudes sur le marché.
L'objectif consistant à doubler le produit intérieur brut (PIB) fixé par le président Poutine est assurément ambitieux, mais réalisable.
Ici Paul Tomsen a souligné que le doublement du PIB devait être fondé sur une politique macroéconomique sensée, principalement sur l'accélération des réformes structurelles.
Selon le représentant du FMI, il faut réunir des conditions favorables pour les investissements, surtout dans les secteurs autres que ceux des matières premières, de façon à réduire la dépendance de l'économie russe des prix mondiaux du pétrole.
Nos interlocuteurs au sein du gouvernement russe sont tous convaincus que le doublement du PIB passe nécessairement par l'accélération des réformes structurelles, a dit Paul Tomsen.
Je ne pense pas qu'il faille craindre que le doublement du PIB puisse entraîner des imprudences en matière de politique économique, a-t-il relevé à cet égard.
Le FMI se prononce contre le gaspillage des moyens du Fonds de stabilisation pour couvrir le déficit de la Caisse de retraite de la Fédération de Russie.
On sait que le gouvernement russe propose d'utiliser le Fonds de stabilisation pour couvrir le déficit de la Caisse de retraite qui s'est formé consécutivement au fait que le taux maximum de l'impôt social unique sera ramené de 35,6 pour cent à 26 pour cent à partir de 2005. La dépense d'une partie du Fonds de stabilisation à ces fins figure dans le projet du budget fédéral pour 2005 et elle devrait être reconduite dans le plan financier pour 2006-2007.
Nous y sommes opposés, a déclaré Paul Tomsen. Il est nécessaire de poursuivre la politique d'épargne des recettes supplémentaires procurées par les prix du pétrole supérieurs à 20 dollars le baril.