Vrémia novostéi
Le gouvernement de l'Ingouchie a annoncé jeudi le bilan définitif de l'attaque lancée par les terroristes tchétchènes contre la République dans la nuit du 21 au 22 juin. Le massacre perpétré par les commandos à Nazran, à Karaboulak et à Ordjonikidzevskïa a fait 98 morts et 104 blessés. Parmi les victimes de la tragédie, il y a 23 habitants civils, 31 agents du ministère de l'Intérieur, 10 agents du Service fédéral de sécurité (contre-espionnage), 5 agents du Parquet, 19 militaires et 7 gardes-frontières. Trois morts n'ont pas encore été identifiés. La plupart des blessés (79) sont également des agents des structures de force locales.
Kommersant
Aujourd'hui la Douma, chambre basse du parlement russe, examinera la loi relative à la ratification de l'Accord sur l'adaptation du Traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE). Tout porte à croire que le document sera adopté parce que l'entrée en vigueur de l'accord signé en novembre 1999 à Istanbul promet objectivement des avantages à la Russie, souligne le "Kommersant". D'autre part, Moscou espère que la ratification peut inciter les autres pays signataires à en faire autant car le document ne prendra effet que s'il est ratifié par tous les signataires. Le Traité FCE a été signé par les leaders des 22 pays membres de l'OTAN et de l'Organisation du Traité de Varsovie en novembre 1990 à Paris, rappelle le journal. Un an après, il est devenu définitivement caduc du fait de la dissolution du Traité de Varsovie et puis par l'éclatement de l'Union Soviétique. Le face-à-face des deux blocs à la base du Traité FCE a fait son temps.
Néanmoins, les signataires ont décidé de maintenir le document et se sont remis au travail pour le mettre en conformité avec les réalités nouvelles. Finalement, au sommet de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe réuni à Istanbul en novembre 1999, les leaders de trente pays ont signé un accord sur l'adaptation du Traité FCE.
Son entrée en vigueur promet des avantages réels à Moscou. Par exemple, d'après l'accord adapté, Moscou se réserve le droit de transférer des armements et du matériel de guerre du flanc européen du nord au flanc du sud et la possibilité d'une présence militaire en Arménie (102e base à Gumri) et en Ukraine (unités de la flotte de la mer Noire en Crimée). Non moins important pour les autorités russes est le fait que l'entrée en vigueur du document ne demandera pas à la Russie d'actions impliquant le déboursement de fonds budgétaires supplémentaires, souligne le journal.
Vedomosti
Pour la première fois dans l'histoire du Club de Paris un des 19 pays créanciers a l'intention de "privatiser" la dette d'un autre membre du club. L'Allemagne qui est un créancier important de la Russie a fait savoir qu'elle convertirait une partie de la dette russe en obligations et les vendrait à la bourse. Ce marché permettra au ministère allemand des Finances de colmater une brèche dans son propre budget et à la Russie d'acheter sa propre dette au rabais.
La présentation des nouveaux titres aux investisseurs institutionnels démarre la semaine prochaine. Le montant, la date de l'émission et le taux du coupon seront décidés au vu des résultats des consultations et partant de la situation sur le marché. Selon une source proche de la transaction, le volume de l'émission serait de 2 milliards d'euros (2,4 milliards de dollars), rapporte l'agence Reuters.
Selon le ministère russe des Finances, au 1er janvier 2004 la dette de la Russie envers les pays membres du Club de Paris s'élevait à 47,7 milliards de dollars dont 20,3 milliards dus à l'Allemagne.
Ce n'est pas pour l'amour de l'art que Berlin a accepté ce marché, écrit le journal. Pour la troisième fois déjà l'Allemagne viole le Pacte de stabilité et de croissance qui est la "constitution économique" de l'Union européenne : en 2004 le déficit du budget allemand dépassera 3% du produit intérieur brut. La Russie lui rembourse sa dette une fois tous les six mois alors que le produit des nouvelles obligations sera porté au budget de l'année en cours sous la rubrique des "revenus de la privatisation", a expliqué à Reuters un porte-parole du ministère allemand des Finances, Jorg Müller.
Izvestia
L'assemblée régulière des actionnaires de YOUKOS ne promettait qu'une nouvelle intéressante, et qui plus est une nouvelle prévisible - l'élection de Viktor Guerachtchenko au conseil des directeurs de la société. Et l'événement a bien eu lieu. A la première séance du conseil des directeurs, l'ancien président de la Banque centrale de Russie a été élu président du directoire de YOUKOS.
L'objectif premier de monsieur Guerachtchenko à son nouveau poste, notent les Izvestia, est de faire aboutir les pourparlers engagés avec le gouvernement sur l'avenir de YOUKOS. Les autorités ont plus d'une fois déploré, dans les discussions non officielles, l'absence au sein de YOUKOS d'interlocuteur valable - dans les "hautes sphères", le président du groupe, Sémion Kukes, est considéré comme une personne de peu d'envergure. Et on a fait allusion au fait que dans les négociations on avait besoin d'un "poids lourd", blanchi sous le harnais et connaissant parfaitement la conjoncture économique et politique ainsi que le rapport des forces au sein de la direction du pays. Maintenant, YOUKOS s'est dotée d'un négociateur compétent et d'un lobbyiste que n'importe quelle compagnie russe pourrait lui envier, soulignent les Izvestia.
Gazeta
Le congrès de l'Union des forces de droite (SPS) se déroule demain dans les environs de Moscou. C'est le premier congrès après l'échec subi aux élections législatives de décembre 2003. A l'ordre du jour - la définition de la stratégie du parti. La question de l'élection du leader du parti ne figure pas au programme, note la Gazeta. La raison principale en est l'absence de candidats suffisamment dignes: les anciens leaders ont brillé par leur inefficacité, et personne n'en a trouvé de nouveaux. De plus, selon la Gazeta, certains membres du conseil politique du SPS, après avoir consulté des représentants du Kremlin, ont commencé à parler de la nécessité d'attendre, avant de désigner un leader, que la question de la formation de l'aile droite du parti Russie unie soit résolue.
Selon les experts, la question du leader du SPS, même si elle est portée à l'ordre du jour sur proposition en cours de séance, ne sera pas réglée par le congrès. "Le "parti de Tchoubaïs", ce en quoi se transforme de plus en plus le SPS, ne peut être dirigé que par Tchoubaïs lui-même, a dit à la Gazeta le directeur du département analytique du Centre de technologies politiques, Alexéi Makarkine. On lui gardera au chaud la place de leader pour quand il quittera la société RAO "ESS ROSSII" (électricité de Russie), ce qui se produira tôt ou tard". Les autres scénarios - celles du leadership d'un homme politique libéral du genre Nemtsov, ou d'un jeune provincial peu connu, mais talentueux, sont peu vraisemblables, selon le politologue: "La première option a déjà été testée, et ce fut un échec, quant à promouvoir un nouveau leader sans avoir accès à la télé, c'est tout simplement impossible".