Moscou entend développer les relations avec l'Argentine sur tous les axes, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, au cours des pourparlers qu'il a eus avec son homologue argentin, Rafael Antonio Bielsa.
"Nous avons entamé nos négociations dans un très bon contexte. Un forum d'affaires russo-argentin s'est tenu hier, durant lequel nos entrepreneurs ont trouvé de nouveaux points de contact", a dit le chef de la diplomatie russe.
"Nos contacts politiques sont excellents, c'est là notre deuxième rencontre depuis le début de l'année", a fait remarquer Sergueï Lavrov.
Celui-ci a souligné que pour la Russie l'Argentine était l'un de ses principaux partenaires en Amérique latine.
"Nous misons sur un dialogue fructueux et constructif", a dit le ministre russe.
Les relations diplomatiques entre l'URSS-Russie et l'Argentine ont été établies le 6 juin 1946. C'était là l'aboutissement de la normalisation des rapports de l'URSS avec la région latino-américaine commencée pendant la Seconde Guerre mondiale.
C'est en 1885 que l'Argentine et la Russie ont pour la première fois établi des relations diplomatiques, après quoi des liens d'amitié se sont rapidement tressés entre elles. Des émigrés russes ont apporté une contribution initiale au développement de l'agriculture argentine. Après 1917, les bureaux de la société anonyme soviétique Youjamtorg ont mené dans ce pays une activité fructueuse.
Au début des années 1930, la metteuse en scène Natalia Sats a monté des spectacles à Buenos Aires, le légendaire Fiodor Chaliapine a chanté sur la scène du Teatro Colon.
Cependant, la situation s'est gravement détériorée du fait que pendant la guerre tout en s'en tenant formellement à la "neutralité", les milieux dirigeants argentins encourageaient comme ils le pouvaient les fournitures de marchandises diverses aux puissances de l'Axe. Seules la défaite de l'Allemagne nazie et la levée des masses populaires argentines contre la politique intérieure pro-fasciste des autorités ont entraîné une évolution de la situation. En automne 1945, au début de la campagne présidentielle, l'un des candidats, Juan Peron, avait déclaré que s'il était élu à la magistrature suprême il normaliserait les relations avec l'URSS, voyant avec juste raison dans cette démarche le garant du succès.
Les dirigeants soviétiques eux aussi suivaient attentivement la situation en Argentine. Lors des deux entretiens qu'il avait eus en 1943 et en 1944 avec l'ambassadeur de Mexique en URSS, Quintanilla, Staline avait évoqué la politique de l'Argentine. Le 11 avril 1946, une délégation soviétique était arrivée à Buenos Aires avec pour mission d'accélérer l'établissement des relations officielles entre les deux pays et aussi de nouer des liens commerciaux. Juan Peron et son épouse, Eva, avaient pris part aux négociations. Staline avait suivi tout particulièrement le travail de la délégation.
Vainqueur de l'élection, Juan Peron avait tenu sa promesse et le communiqué annonçant l'établissement des relations diplomatiques et des liens commerciaux avait été signé le 6 juin 1946 à Buenos Aires.