Le gouvernement estimait que la hausse du PIB durant les cinq premiers mois serait de 8%. Le résultat officiel s'avère donc légèrement en dessous des prévisions.
"Les taux élevés de croissance économique au premier semestre 2004 s'expliquaient pour plus de la moitié par une progression rapide des exportations. D'autre part, malgré un renforcement du cours réel du rouble, la hausse des importations s'est ralentie ; en revanche, la contribution des producteurs nationaux à la satisfaction de la demande intérieure a considérablement augmenté", lit-on dans le communiqué ministériel.
Le bilan du développement social et économique de janvier à mai, compte tenu de la trajectoire accumulée, laisse espérer le maintien des taux de croissance assez élevés pour l'ensemble de l'année, même si pour la majorité des indices macro-économiques ils seront légèrement en dessous des résultats de 2003.
Selon des estimations, le PIB augmentera de 6,6% (+7,3% en 2003) et la production industrielle de 6,3% (+7%).
"Les taux de croissance moins élevés prévus pour le second semestre de l'année s'expliquent avant tout par l' "effet dit de base", lié à une trajectoire de croissance plus élevée des paramètres économiques du second semestre 2003, ainsi que par la réduction de l'apport des facteurs économiques extérieurs, en raison de la baisse - prévue - des cours mondiaux du pétrole ( à 26 dollars le baril d'ici à la fin de l'année), lit-on dans le communiqué.
De janvier à mai, le rouble s'est renforcé par rapport au "panier des monnaies" de 5,6%.
"Entre janvier et mai, l'indice du cours de change effectif réel a été de 5,6%", précise le ministère.
Durant cette même période, le rouble s'est renforcé par rapport au dollar de 4,3%.
D'ici à la fin de l'année, le cours effectif réel du rouble se sera renforcé de 7% et, face au dollar, de 5,7%.
Les revenus réels disponibles de la population ont crû de janvier à mai de 9,9% par rapport à la même période de l'année dernière.
Ce résultat a défini la dynamique élevée de la consommation, laquelle, à son tour, contribue à la hausse du PIB, relèvent les experts du MDEC.
"Par rapport à l'année dernière, l'apport de la consommation des ménages au PIB a augmenté : de 3,9 points de pourcentage ( PIB) à 4,7 points de pourcentage (PIB) au premier trimestre de 2004", rapportent les auteurs du communiqué.
De janvier à mai 2004, le solde positif du commerce extérieur russe s'est monté à 30,8 milliards de dollars.
Cet indice dépasse d'un quart celui de la même période en 2003 (23,8 milliards de dollars), rappelle le ministère.
"Cela s'est trouvé à la base de la progression des réserves de change de la Banque de Russie qui ont augmenté de 8,7 milliards de dollars de janvier à mai ; au 11 juin 2004 elles s'établissaient à 86,2 milliards de dollars", lit-on dans le document.
De mars à avril, ces réserves ont baissé de 3,65 milliards de dollars, avant d'augmenter de 2,95 milliards en mai, relèvent les experts.
Le chiffre d'affaires du commerce extérieur russe s'est monté de janvier à mai à presque 100 milliards de dollars. Durant les 5 premiers mois de l'année, les exportations ont représenté 65,2 milliards, les importations 34,4 milliards de dollars. En mai, la Russie a exporté pour 13,7 milliards de dollars et importé pour 7,4 milliards.
Les prévisions 2004 portent sur 157 milliards de dollars de chiffre d'affaires des échanges extérieurs et sur 63,8 milliards de dollars de solde positif.
Le prix moyen du pétrole Urals de janvier à mai a été de 30,6 dollars le baril, en hausse de 13,3% par rapport à la période analogue de l'année dernière.
Le baril d'Urals a évolué durant 2003 de la manière suivante : 29,5 dollars au premier trimestre, 24,1 ausecond, 27,2 au troisième et 28 au quatrième.
De janvier à mai, l'inflation en Russie a été de 5,3%, contre 7,1% pour la même période de 2003.
"Le tassement des taux d'inflation a été le résultat de la limitation de la hausse des prix réglementés et des tarifs des monopoles naturels, ainsi que du renchérissement du rouble", souligne le ministère dans son communiqué.
Le MDEC prédit pour le mois de juin 0,7% d'inflation et près de 6% pour l'ensemble du premier semestre.
Le directeur du Département des prévisions à long terme Andreï Klepatch explique cette inflation assez élevée pour un mois d'été par une hausse relativement rapide des prix des denrées alimentaires, provoquée, à son tour, par la hausse de l'essence.
Le représentant du MDEC estime toutefois que la hausse de l'essence ne sera pas en mesure de compromettre les prévisions annuelles.
"Comme toujours nous misons sur 10% d'inflation", dit Klepatch.
A son avis, cet indice pourrait être dépassé uniquement si 1 dollar coûtait plus de 30 roubles.