"Si nous utilisons la ressource administrative et menons des réformes de structure, nous atteindrons le seuil de 7% de croissance soutenue par an", a souligné le ministre. Les réformes de structure, a-t-il dit, permettront de réduire les subventions à l'économie municipale, refréneront la hausse des tarifs et des frais d'exploitation des entreprises.
S'agissant des crédits à la défense, ceux-ci, a indiqué le ministre, augmenteront substantiellement. "La Russie assure une parité nucléaire dans le monde. C'est notre sort et nous devons le payer", a-t-il dit.
Aux termes du projet, les dépenses pour la défense nationale, la sécurité et les activités judiciaires se monteront à 894,2 milliards de roubles, soit 145,7 milliards de plus que l'an dernier (1 dollar vaut approximativement 29 roubles).
A partir de 2002, les dépenses pour la commande publique d'armements augmentent de 1 milliard de dollars en moyenne tous les ans.
L'augmentation du budget de l'armée, des structures judiciaires et de la sécurité permettra, de l'avis du ministre des Finances, d'augmenter considérablement les soldes et de développer le programme des crédits au logement pour les militaires.
La préparation du passage à 1 an de service sous les drapeaux au lieu de deux constituera un autre programme d'importance pour l'année prochaine. A cette fin, le budget prévoit 8,6 milliards de roubles, a annoncé Alexeï Koudrine.
En 2005, la Russie évitera de recourir aux emprunts extérieurs.
"Dans le contexte des hauts cours du pétrole et de l'augmentation régulière du Fonds de stabilisation, nous n'avons aucun besoin d'emprunter sur les marchés internationaux", a dit Koudrine.
Cette année, a-t-il encore indiqué, il seracollecté 41 milliards de roubles de plus qu'il n'a été prévu.
Le budget 2004 prévoyait la possibilité de placer des eurobonds pour 2,75 milliards de dollars, mais cela n'est plus nécessaire, a dit le ministre.
Pourtant, entre 2005 et 2007, la Russie projette de placer des eurobonds pour un montant de 2,5 milliards de dollars au maximum tous les ans.
Le ministre a par ailleurs annoncé que le gouvernement examinerait le 15 juillet la liste des projets qui seraient financés par des crédits de la Banque mondiale.
La Russie projette de mobiliser des crédits de la Banque mondiale à hauteur de 25 millions de dollars annuellement entre 2005 et 2007, lit-on dans les documents préparés par le ministère des Finances pour la réunion du gouvernement jeudi.
Le ministère propose d'augmenter le financement de ces projets par le budget fédéral également, dans le but d'en accélérer la réalisation.
Les moyens du Fonds de stabilisation en 2005 seront utilisés pour amortir la dette publique et verser des subventions à la Caisse des retraites, a indiqué Alexeï Koudrine. Selon lui, le Fonds accordera 91,5 milliards de roubles à titre d'amortissement de la dette et 81 milliards à la Caisse des retraites.
En 2006-2007, le déficit de la Caisse des retraites augmentera et, pour le compenser, il faudra 197 milliards de roubles en 2006 et 110 milliards en 2007.
Le déficit de la Caisse des retraites se réduira uniquement d'ici à 2010-2012, selon les prévisions du ministère des Finances.
Koudrine prédit la hausse des dépenses non liées au service de la dette en 2006-2007, à hauteur de 260-270 milliards de roubles. On ne saurait augmenter davantage ces dépenses en termes réels, "il faut les réduire pour pouvoir honorer les engagements déjà pris", a indiqué le ministre.
En 2005, les dépenses du budget fédéral pour le service de la dette publique se monteront à 255 milliards de roubles, soit 8,8% du volet dépenses.
Ce pourcentage est identiqueà celui qui est constaté aux Etats-Unis et en Allemagne mais, en volume, la dette publique russe est notablement moins élevée que les dettes américaine et allemande. Par rapport au PIB, la dette russe constitue 26%, contre 56% et 59% en Allemagne et aux Etats-Unis.
Après 1998, a rappelé le ministre, la part de la dette publique par rapport au PIB n'a cessé de décroître en Russie, mais uniquement grâce à la progression du PIB. "Au fait, nous procédons à un refinancement de la dette", a indiqué le ministre.
Alexeï Koudrine a rejeté les propositions de certains économistes de recourir à la réserve de change pour l'amortissement et le service de la dette. "Il s'agit d'une réserve intangible du pays. Les emprunts augmentent, et la réserve de change constitue une garantie", a indiqué le ministre des Finances.