Une nouvelle image de l'Asie centrale se forme à Tachkent et à Astana

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MOSCOU, 17 juin (par Dmitri Kossyrev, commentateur politique de RIA Novosti).

Le renforcement de la stabilité d'une grande région dont font partie l'Asie centrale et les territoires limitrophes est l'un des résultats directs de la réunion du Conseil des chefs d'Etat de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui a pris fin à Tachkent. Grâce à l'OCS (elle regroupe le Kazakhstan, la Kirghizie, la Chine, la Russie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan), un climat prévisible, un système et une structure commencent à s'y instaurer, bien que pas toujours facilement et rapidement. A titre de comparaison, on peut citer non pas l'Europe unie, mais l'ASEAN, association dont font partie tous les 10 Etats du Sud-Est asiatique. L'ASEAN est une organisation qui a fait de 10 Etats isolés une région commune, un des pôles du système mondial ayant des objectifs communs dans l'économie et dans la politique, mais qui n'a pas de capitale et les réunions des leaders de l'association se tiennent tour à tour dans les villes différentes. Il en est de même pour l'OCS, le prochain sommet se tiendra dans un an à Alma-Ata, comme cela a été décidé au sommet de Tachkent.

L'OCS montre que les six pays qui en font partie ont aujourd'hui un programme d'actions communes aussi bien dans l'économie (en fait, il s'agit d'un espace économique unique), que dans la défense de la région contre les menaces nouvelles. Ainsi, en plus de la Déclaration de Tachkent, les participants au sommet ont signé l'Accord de coopération dans la lutte contre la circulation illégale des stupéfiants et des substances psychotropes, la structure antiterroriste régionale de l'OCS qui fonctionne déjà depuis quelques mois a été inaugurée formellement. Ces documents et plusieurs autres sont le résultat d'un long travail bien organisé et ayant pour but de défendre la région contre le terrorisme, le trafic de drogue qui y est lié et d'autres menaces qui pèsent sur la stabilité et le développement. Ces efforts sont nécessaires pour faire démarrer l'activité économique de l'OCS, dont on parlera à l'automne, lorsque se tiendra une nouvelle rencontre des chefs de gouvernement des six pays.

Il est à remarquer que le sommet de Tachkent n'est pas un événement unique. Des rencontres des organisations ayant une composition semblable et poursuivant des objectifs presque similaires se tiennent actuellement dans la région à un haut niveau et au sommet. Ainsi, le président russe et une partie des participants au sommet de l'OCS quittent Tachkent pour Astana, pour participer au sommet de la CEEA (Communauté économique eurasiatique), groupement économique auquel ne participent pas la Chine et l'Ouzbékistan, membres de l'OCS, mais auquel participe la Biélorussie. Ensuite, il y aura une réunion de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), dont la composition coïncide partiellement et diffère partiellement des deux autres organisations susmentionnées. L'OTSC se concentre, comme cela découle de son nom, sur les problèmes de la sécurité. Ce caractère un peu chaotique et entrelacé des fonctions et des objectifs des organisations est facile à expliquer. Les mêmes idées sur l'économie et la politique ont été examinées durant toute la période qui a suivi la désintégration de l'URSS, les réponses à tous les problèmes surgis ont été stéréotypées: il faut l'intégration et, en général, la coopération sur une base nouvelle. Pour cela, il faut une organisation. Mais si, au début, tous les groupements régionaux ont été créés, par inertie, dans le cadre de l'ex-URSS, ensuite, il est devenu clair que les intérêts militaires ou économiques réels de la région ont des contours géographiques un peu différents. Il ne peut y avoir de politique de l'Asie centrale non seulement sans la Russie, mais aussi sans une autre grande puissance asiatique: la Chine (cette idée a été à l'origine de l'OCS). Ensuite, il est devenu évident que cela ne suffit pas. En témoigne la participation au sommet de Tachkent du président d'Afghanistan Hamid Karzaï et du ministre des Affaires étrangères de Mongolie Louvsanguiyn Erdenetchoulououn. Ce sont les voisins immédiats de l'Asie centrale. Le rôle des deux pays dans les futurs projets concernant les transports, l'énergie et d'autres projets est évident, de plus, le territoire de l'Afghanistan a un rapport, jusqu'à présent, au trafic de drogue et à d'autres menaces pour le territoire de l'OCS.

Conformément à la décision prise au sommet, la Mongolie est devenue le premier pays à recevoir le statut d'observateur à l'OCS. Quant à l'Afghanistan, Vladimir Poutine a proposé aux ministères des Affaires étrangères des pays membres de l'OCS d'étudier la question relative à la création du groupe de contact "OCS-Afghanistan".

Cependant, tout cela est l'avenir de l'OCS. Aujourd'hui, après le sommet de Tachkent, on peut constater ce qui a un rapport au passé de la région. Le début des années 90 a été marqué en Asie centrale par des conflits civils, la baisse du niveau de vie de la population et, en général, par l'incertitude du lendemain, malgré les richissimes réserves de matières premières et le grand potentiel de nombreux pays de la région. La fin des années 90 et le début de la nouvelle décennie ont été marqués en Asie centrale dans son ensemble par de nombreux problèmes concernant les menaces émanant des talibans de l'Afghanistan, le caractère des contacts des partenaires, l'influence étrangère et - ce qui est le plus important - le climat d'investissement. Cette situation est meilleure que dans le passé, mais elle était loin d'être normale.

Normalement, les pays de la région doivent décider eux-mêmes de leur sort, alors que leurs partenaires bienveillants doivent les aider dans les sphères des intérêts communs. Le projet nommé " OCS " va dans ce sens.

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