Selon lui, la réduction du nombre de pauvres résultera de la hausse des revenus de la population, grâce à laquelle la part du fonds des salaires dans le PIB s'établira à 38,3% vers 2007.
Mais la part du fonds des salaires dans le PIB ne tient pas compte des salaires versés " au noir ".
"Dans les pays développés, la part des salaires dans le PIB est de 60% environ, mais si nous tenons compte de la totalité des salaires versés dans le pays, nous serons entre 40 et 43% du PIB. Et pourtant, le décalage est encore substantiel", a souligné le ministre.
D'ici à la fin de l'année, le prix minimal du panier de la ménagère doit constituer près de 2 500 roubles (1 dollar en vaut approximativement 29), au lieu de 2 112 roubles par personne au premier semestre 2004, a noté Guerman Gref.
Pourtant, a-t-il indiqué, "si en 2005 nous révisons et réévaluons le panier - et cela doit être fait - la pauvreté baissera de 13-15%". Dans cet ordre d'idées, le ministre a insisté sur "la nécessité de nouvelles mesures ciblées, dont la baisse de l'impôt social unique et la monétisation des avantages".
Le cours effectif réel du rouble se renforcera d'ici la fin de l'année de 7%. Selon Guerman Gref, le rouble se sera déjà renforcé en termes réels de 5,6%.
Dans un premier temps, a souligné le ministre du Développement économique, son administration projetait 9% de renforcement effectif réel mais, après concertation avec la Banque de Russie, la prévision a été ramenée à 7%. "La Banque centrale estime que cette dynamique pourrait être maintenue", a noté Guerman Gref.
Mais, d'ici 2007 ou 2008, la Russie épuisera l'effet d'un cours du rouble minimisé et l'absence de mesures supplémentaires visant à encourager le développement économique conduira à un sérieux tassement des taux de croissance.
"Au fait, nous en sommes à la limite de l'épuisement de la compétitivité grâce à une monnaie nationale affaiblie et aux stocks d'infrastructure que nous avons hérités des générations précédentes", a dit le ministre. "Nous sommes confrontés à la nécessité de créer de nouvelles sources de croissance", a-t-il souligné.
Selon Guerman Gref, d'ici 2008, le cours effectif réel du rouble atteindra le niveau d'avant la crise de 1998. Ce sera là une "heure de vérité", le pays saura alors apprécier sa compétitivité, a indiqué le ministre.
L'inflation, en 2004, ne dépassera pas les prévisions.
"L'inflation peu élevée des cinq premiers mois permet d'affirmer que nous saurons de toute évidence atteindre les objectifs assignés pour l'année", a dit le ministre.
De janvier à mai, l'inflation s'est chiffrée à 5,3%, contre 7,1% durant la même période l'année dernière. "La dynamique courante reste en deçà du cadre des prévisions", a affirmé Guerman Gref.
Les exportations de pétrole augmenteront pour atteindre 250 millions de tonnes en 2004 et 266 millions de tonnes en 2007 (223,5 millions de tonnes en 2003).
Ces prévisions sont calculées en partant d'"une dynamique favorable de la demande" actuelle du brut sur les marchés internationaux.
La production de pétrole, d'après les prévisions du ministère du Développement économique et du Commerce, se montera à 450-460 millions de tonnes en 2005 et à 475 millions de tonnes en 2007.
Selon le ministre, les exportations et la production de pétrole sont aujourd'hui entravées par un sous-développement des infrastructures du secteur pétrolier.
"Les infrastructures constituent aujourd'hui une des limitations substantielles : les oléoducs ne peuvent faire canaliser un plus grand volume de pétrole", a expliqué le ministre.
Ce problème, a-t-il indiqué, doit être réglé dans les années à venir.
"Nous pourrons alors miser sur une dynamique plus élevée des exportations et de la production de pétrole", a ajouté Guerman Gref.