"VREMIA NOVOSTEI"
La Russie pourrait, dès la fin de cette année, au plus tard au printemps 2005, devenir le 11ème pays ayant le statut d'observateur auprès de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), fondée en 1969 et regroupant 57 Etats. Mais tout d'abord, fait remarquer "Vremia Novostei" (VN), les pays de l'OCI définiront les critères d'attribution de ce statut. Pour ce faire, l'OCI, qui tient ses 31èmes assises à Istanbul, nommera aujourd'hui une commission spéciale. Grande première, le ministre des Affaires étrangères de Russie, Serguéi Lavrov, participe aux travaux de la session.
Par ailleurs, écrit "VN", ceci n'a rien d'étonnant - en octobre 2003, le président Vladimir Poutine était l'invité du sommet de l'OCI qui se déroulait en Malaisie. Deux mois avant son voyage en Malaisie, le président avait déclaré que la Russie finirait par adhérer à la principale organisation internationale islamique, dans un premier temps avec le statut d'observateur.
Selon les données du dernier recensement de 2002, la Russie compte 14,5 millions de musulmans, soit environ 10% de la population. Le président du Conseil des muftis de Russie, Ravil Gaïnoutdine affirme de son côté que les musulmans sont 20 millions en Russie.
Les musulmans, informe "VN", saluent la politique de la Russie visant le rapprochement avec l'OCI, ce que Serguéi Lavrov entend constamment à Istanbul dans la bouche de ses collègues. Il est prévu d'organiser cet automne à Moscou une conférence conjointe intitulée "L'Islam: la communauté mondiale et la lutte contre l'extrémisme". La Russie, note "VN" a une approche particulière des problèmes du monde musulman. D'autant plus que le pays a accumulé, comme le souligne le ministère des Affaires étrangères de Russie, "une expérience unique en matière de coexistence du christianisme et de l'islam". En 2030, il y aura dans le monde 2 milliards de musulmans, c'est-à-dire deux fois plus qu'aujourd'hui. Les pays islamiques possèdent 65% des réserves mondiales d'hydrocarbures.
Le Secrétaire général de l'OCC, Abdelouahed Belkeziz, a déclaré à Istanbul que "les musulmans sont ruinés, humiliés et humiliés en raison de leur faiblesse", et c'est pourquoi ils ont besoin de réformes. Mais comme l'estiment les musulmans, les réformes dans leur région explosive doivent être menées progressivement et non pas "à l'américaine".
"La Russie est préoccupée par l'aliénation grandissante entre l'Occident et le monde islamique, dont les manifestions sont devenues plus fréquentes ces dernières années", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères de Russie, Alexandre Yakovenko, rapportent le journal "Vrémia Novostéi".
"GAZETA"
Le premier ministre russe Mikhail Fradkov a défini la composition du Conseil de compétitivité et d'entreprenariat. En comparaison avec le précédent conseil d'entreprenariat, sur la base duquel il est formé, la composition a été notablement élargie. Les hommes d'affaires, note la "Gazeta", ont été "dilués" parmi les fonctionnaires et les scientifiques. Et c'est bien compréhensible: la nouvelle structure ne sera plus chargée de mener le dialogue entre le monde des affaires et le pouvoir, mais de mener à bien la tâche d'importance nationale consistant à élever la compétitivité de l'économie russe. Le Conseil pourrait tenir sa première séance en juin.
L'élévation de la compétitivité de l'économie russe a été proclamée par Mikhail Fradkov objectif principal du gouvernement aussitôt après sa confirmation au poste de premier ministre. Les moyens n'ont pas encore été proposés, mais un cercle de gens s'est formé qui devront aider le premier ministre. Le nouveau Conseil passe de 31 à 43 membres.
Valéri Draganov, membre du Conseil, président du comité de la Douma pour la politique économique, espère que le changement de format profitera au Conseil. "L'ancien conseil était plus un club qu'autre chose, ici j'attends une discussion plus ouverte. J'espère que la séance du Conseil ne se transformera pas en discussion interminable du type comment aménager la Russie ou planter des arbres sur la Lune", a déclaré monsieur Draganov.
Comme l'a dit au journal "Gazeta" un membre du Conseil, la première séance pourrait avoir lieu avant la fin du mois de juin. D'ici là, on attend une rencontre entre le président Poutine et les représentants des milieux d'affaires. Il n'est pas exclu que c'est précisément sur cette base que le Kremlin définira le cercle des questions qui seront examinées au gouvernement, note la "Gazeta"
"IZVESTIA"
La direction de Gazprom a déclaré qu'elle projetait dès cette année de diminuer les volumes de livraisons de gaz aux pays de la CEI, car nombre d'entre eux ne remplissent pas leurs engagements financiers, informent les "Izvestia". Certains seront exclus pour dettes, les autres pour "indiscipline". Le coprésident du conseil d'administration de "Gazprom", Alexandre Riazanov, et le directeur général de la compagnie "Gazexport", Alexandre Medvedev, ont évoqué le 15 juin - dix jours avant l'assemblée annuelle des actionnaires - la situation dans le domaine des exportations du gaz russe et centrasiatique sur les marchés des pays de la CEI. L'activité de "Gazprom" sur ces marchés ne saurait être qualifiée de fructueuse ni de stable - même en dépit du fait que le consortium russe livre du gaz à la majorité des pays de la CEI à des prix inférieurs à ceux proposés à l'Europe, ils (les pays de la CEI) ont accumulé des dettes importantes et ne se pressent pas de les rembourser.
La direction de "Gazprom" a l'intention de déclarer aux actionnaires que les livraisons de gaz aux pays baltes et de la CEI passeront de 52,30 milliards de mètres cubes en 2003 à 49,86 milliards de mètres cubes cette année. Le partenaire de "Gazprom" le plus problématique parmi les pays de l'ex-Union soviétique est la Biélorussie. Elle recevra cette année moins de gaz par sa propre faute. Le second transporteur de gaz russe vers l'Europe - non moins important que la Biélorussie - est l'Ukraine, qui, également cette année recevra moins de gaz.
Les Etats baltes dont "Gazprom" n'est absolument pas dépendant dans ses exportations, seront bientôt contraints de payer le gaz à des tarifs plus élevés. Aujourd'hui déjà, la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie achètent leur gaz à des prix plus élevés que les pays de la CEI, soit à hauteur de 80-85 dollars. "Les consommateurs des pays d'Europe payent le gaz russe à hauteur de plus de 120 dollars les mille mètres cubes, a dit monsieur Riazanov, et nous avons l'intention d'amener les pays baltes à payer le même tarif", écrivent les "Izvestia".
"KOMMERSANT"
Malgré la baisse par la Banque centrale de Russie des taux de refinancement et des versements au fonds de réserves obligatoires, la situation sur le marché interbancaire des financements ne s'est pas améliorée, note le "Kommersant". Mardi, les taux ont accusé un bond sur le marché par rapport à la semaine passée en raison des versements fiscaux, alors que les quotas pour les banques de moyenne et petite importance n'ont pas commencé de s'ouvrir. Pour sauver le marché, les banques de deuxième plan ont avancé leur procédé en proposant d'échanger les listes "blanches" et de créer un centre des impôts.
Le président du conseil d'administration d'Alpha-Bank, Rouchan Khvessiouk, dit que "comprenant la complexité de la situation sur le marché bancaire, Alpha-Bank est disposée à aider les banques russes à régler le problème des liquidités en achetant chez elles des crédits à long terme. Par là même, la banque augmentera leurs liquidités et elles pourront rembourser les dettes contractées envers leurs partenaires".
Certaines autres banques importantes ont également déclaré au "Kommersant" qu'elles étaient prêtes à acheter de bons crédits.